Jean Paul II Apôtre de la Miséricorde

 Une si belle histoire de miséricorde...

Ce matin là, un évêque se hâte à travers les embarras romains il est invité à déjeuner par Jean-Paul Il avec quelques confrères, et il va être enretard.

Essoufflé, il arrive place Saint-Pierre et se dirige vers le portail de bronze où veillent les gardes suisses.

Le rendez-vous était à 12 h 30, il est en retard.! Mais avant d’entrer, salué par le garde, il voit sous la colonnade un pauvre homme, disons un clochard, quidemande l’aumône. II le regarde, hésite,et puis pas de doute, le reconnaît : ilsétaient ensemble au séminaire et pourleur ordination. L’un a craqué, a toutlâché, c’est un vagabond; l’autre est évêque.!

Ils tombent dans les bras l’un de l’autre, mais l’évêque est pressé et il est en retard. Gêné, en grande soutane violette et rasé de frais, il est là, embarrassé : comment aller déjeuner chez le Pape, évoquer sans doute le malheur des temps et la charité, et ignorer son ami sur le trottoir ? Alors, illui dit: « Ecoute, je te le dis simplement : je vais chez le Pape mais surtout attends-moi ici ne bouge pas. Je te retrouve là un peu plus tard, et tu me diras tout, tu me raconteras, en frère ».

Puis il gagne les appartements du Pape, au troisième étage. Le déjeuner est commencé, il y a là quatre ou cinq évêques et Jean-Paul II lance une boutade au retardataire qui lui dit :« Très Saint-Père, pardonnez ce retard: les encombrements habituels, mais surtout j’ai retrouvé, sous la colonnade un ancien confrère qui a sans doute ‘quitté’, et qui est devenu un miséreux,un mendiant. Que lui dire…? –

Jean-Paul II répond: « Mais vous l’avez laissé seul ? » – « Oui, Très Saint-Père, mais il m’attend, je dois le retrouver…» - « Eh bien, puisque vous le connaissez, descendez vite et dites-lui que le Pape l’invite à déjeuner... »

Evidemment il fallut convaincre le malheureux, faire un brin de toilette avec l’eau des fontaines et arranger un peu son allure, avant de convaincre aussi le garde suisse, de monter les escaliers et de s’installer à table. Le Pape regarde avec bonté son invité, mais le contraste est vraiment étrange entre l’apparat du lieu et le pauvre homme. A la fin du repas, Jean Paul II lui dit alors :

« Voulez vous me confesser? ».

C’est une histoire que le Pape voulait garder secrète, mais c’est une si belle histoire ! D’autant que le prêtre qui avait tout perdu a tout retrouvé. Il avait quitté, il est revenu...

L’Homme Nouveau n° 1300 du 20 avril 2003