Soeur Emmanuelle du Caire

 

 J'aurais pu mieux faire, j'aurais pu mieux faire.!   Mais j'ai fait ce que mon coeur et Dieu me dictaient.!

 

 Une jeune fille coquette: 

Soeur Emmanuelle est née à Bruxelles le 6 Novembre 1908.

A 6 ans, elle perd son père qui se noie sous ses yeux.

Jeune fille, elle est coquette, mais elle renonce aux plaisirs et devient religieuse, certaines que c'est en suivant le Christ qu'elle pourra changer le sort des enfants malheureux.

Son diplôme en sciences philosophiques et religieuses en poche, elle part en Turquie où elle enseigne jusqu'à 62 ans.

Tout au long de ses années, elle s'attache à faire comprendre à ses élèves, souvent riches, les difficultés des populations démunies.

"Dans ma jeunesse, je ne pensais qu'à m'amuser, danser, voir des films, aller au théâtre. C'était le monde des années vingt, qu'on a nommé les Années Folles. J'habitais Bruxelles, mais j'allais à Paris, où vivaient mes tantes. Pff...J'étais à Paris, je voulais aller à Bruxelles; j'étais à Bruxelles, je voulais aller à Paris. Ou encore Londres, où nous avions vécu pendant la guerre."

Une retraite hyperactive:

Une fois à la retraite, elle décide de vivre pour et avec les pauvres.

A 62 ans, elle a un "coup de foudre" pour l'Egypte et s'installe au Caire avec les chiffonniers d'un bidonville.

Pendant près de 20 ans, elle améliore leurs conditions de vie en créant dispensaires, maternités et écoles.

Elle reçoit la nationalité égyptienne. En 1980, elle crée l'Asmae-association, pour soutenir toute personne en difficulté, quelle que soient sa culture et sa religion. 

Asmae étend ses activités, entre autres, en Egypte, au Sénégal, au Liban, au Burkina Faso et au Soudan.

A la demande de ses supérieurs, elle rentre en France en 1993 et décide que son association doit y être également présente.

" Le soir de mon arrivée, j'ai posé mes affaires dans une cabane que m'avait donnée un chiffonnier et je me suis interrogée: que faire? Entendre ceux qui m'avaient parlé de ce bidonville auparavant, il n'était peuplé que de voleur, de tueurs, de brigands.

Bon, j'étais venue, et je n'allais pas reculer. D'autant que j'avais pris le Christ avec moi et prié.

Alors, je suis sortie pour aller jusqu'à la plus proche cabane. Dans ce coin, elles étaient très serrées les unes contre les autres.

Un homme était assis par terre, bien sûr, il n'y avait pas de chaises. Je lui ai tendu la main, en me penchant un peu vers lui, et je lui ai simplement demandé comment il allait.

Je m'étais un peu penchée pour qu'il comprenne que mon regard était amical. Il m'a aussitôt tendu la main, lui aussi. On s'est serré les mains et j'ai compris qu'il fallait m'asseoir prés de lui. Alors: "Veux tu un verre de thé? j'ai accepté avec joie. Le thé est arrivé, des voisins aussi. On a fait le cercle, tous assis par terre."

Un merveilleux rendez-vous avec Dieu:

Quand soeur Emmanuelle est morte, elle avait presque 100 ans. Pour elle, la mort était un "merveilleux rendez-vous" avec Dieu qu'elle aimait.

Elle disait se moquer de savoir si elle fêterait son centenaire car ce qui comptait pour elle, c'est que les gens continuent à faire des dons pour son association.

Souvent, elle s'écriait: Yalla! Ce mot arabe signifie "allez, va de l'avant! "

Toujours énergique et naturelle, elle affirmait son goût pour le ballon rond: " J'aime le foot, ça me prend les tripes. "

"Je sens maintenant ma barque s'éloigner peu à peu du rivage. Et je ne crains pas pour moi, je l'ai déjà dit. Mais pour la suite de cette action. L'Association, qui a été un peu de mon âme, a en charge 70 000 enfants dans le monde, dans les pays les plus pauvres. Si bien que, lorsqu'on me demande si je regrette de ne pas avoir eu d'enfants à moi, je réponds que j'en ai 70 000. "

 

" J'aurais pu mieux faire, j'aurais pu mieux faire.!

Mais j'ai fait ce que mon coeur et Dieu me dictaient.!