A sa conversion, Edmond...

 

Après sa conversion,Edmond Fricoteaux, a l’idée de remercier en faisant à son tour un cadeau à la Vierge. Il lui semble que Dieu a un projet, qui revient sans cesse dans sa prière : une statue monumentale à la gloire de sa Mère à édifier sur le bord d'un grand axe routier. La Providence le place dans un avion à côté du Père René Laurentin, qui l'encourage : "Il vous faut l'accord de l'évêque du lieu, le soutien d'une congrégation religieuse et -très important- la Vierge devra présenter l'Enfant." L'évêque sera celui du diocèse de Pontoise.

La Congrégation sera celle des Serviteurs de Jésus et de Marie, créée par le Père Lamy à Ourscamps, dans l'Oise. Reste la statue ! Edmond l’imagine avec 12 étoiles comme à la Rue du Bac, de 7 mètres de haut pour qu’elle soit bien visible ; il contacte des sculpteurs, fait faire des devis, quand Antoine Legrand, sollicité par erreur, le surprend : "La statue existe déjà ! Elle s'appelle Notre-Dame de France." Edmond, incrédule, apprend qu’elle couronnait le Pavillon Pontifical de l'Exposition universelle de Paris en 1937, qu’elle a été conservée un an pour le 300° anniversaire du vœu de Louis XIII, qu’elle fait exactement 7 mètres, et qu’elle porte l’Enfant haut dans ses bras, entourée par une couronne de 12 étoiles !

Le journal :"La Croix "du 2 novembre 1938 rapporte le vœu étonnant du Cardinal Verdier, archevêque de Paris "que la statue lumineuse, que "Notre-Dame de France", qui a si magnifiquement couronné le Pavillon Pontifical devenu Pavillon Marial ne disparaisse pas, mais qu'elle soit érigée sur une colline proche de Paris... pour faire pendant au Sacré-Cœur de Montmartre !". Une souscription fut immédiatement lancée puis arrêtée par la guerre en 1939, et enfin oubliée à la mort du Cardinal en 1945.

Edmond partit à la recherche de la statue qu’il parvint à retrouver et à sortir, après bien des péripéties, des sous-sols de la mairie communiste d’Amiens. Il put la réparer, grâce à 2 000 heures de travail d'un maître serrurier, et enfin l'installer, au terme d’une aventure toujours étonnante et providentielle, à Baillet-en France, à 18 km au nord de Paris, en rassemblant en quelques mois, à partir de rien, 52.000 personnes, 25.000 souscripteurs, 7 évêques, le Nonce et le Cardinal Lustiger pour une bénédiction de la statue, qui se fera le 15 octobre 1988, 50 ans presque jour pour jour après le voeu du Cardinal Verdier.

Une fois la statue Notre-Dame de France installée, Edmond Fricoteaux pense pouvoir reprendre ses activités habituelles : "mission accomplie !". Mais, un jeune homme de Douai lui écrit qu'il a fait un rêve très fort où il voyait Notre-Dame de France et à ses pieds une foule immense avec des statues venues de toute la France. Quelques mois après, M. Flichy et trois personnes, qui prient le matin à la messe au Carmel de Lisieux, viennent voir Edmond avec l'intuition que de nombreuses statues venues de toute la France pourraient être pèlerines, de village en village, pour proposer partout des veillées autour de Jésus et Marie.

C'est ainsi qu’Edmond conçoit, peu à peu, le projet des Vierges pèlerines, qui se concrétise quand le Saint-Père Jean-Paul II demande que le Jubilé de l’an 2.000 soit préparé dans la prière, avec Marie, comme dans un "nouvel Avent".

Tous les évêques de France sont alors sollicités et 30 acceptent de donner leurs conseils. Le président de la Conférence des évêques définit que ce sera une initiative de laïcs, encouragée par sept évêques, responsables de grands sanctuaires marials.

Edmond confie alors à quelques amis le soin de mettre en place des équipes de responsables qui se mobilisent dans tous les départements, et le 8 septembre 1995, Mgr Brincard, évêque du Puy-en-Velay, bénit les 108 statues et icônes qui partent pour proposer 40.000 veillées de prières pendant un an dans toute la France.

Après un pèlerinage mémorable organisé par Edmond pour marquer la venue du Saint-Père Jean-Paul II à Reims en 1996, 250 Vierges pèlerines sont bénies à Rome, puis à Constantinople (Istanbul) et le mouvement va se développer pendant 4 ans jusqu’au grand Jubilé, dans 120 pays du monde, jusqu’à la grande nuit de prière de Bethléem, dont il rêvait depuis longtemps, pour marquer le 2.000° Noël, le 24 décembre 1999, dans le champ des bergers. Au total, ce seront, grâce à lui, plus de 10.000 statues et icônes qui seront finalement envoyées dans le monde, et le projet "Marie de Nazareth", qui se développe activement actuellement, verra le jour, après Bethléem, comme un fruit des Vierges pèlerines.