42 : La domination étrangère

La Palestine n'était pas destinée à vivre indéfiniment dans la paix et la tranquillité: Alexandre le Grand, roi de Macédoine, rendit la Judée tributaire; puis son empire fut partagé, et Ptolémée, devenu roi d'Egypte, soumit à son tour la terre ancienne des Hébreux. Beaucoup de Juifs furent alors emmenés en Égypte, sur les bords du Nil, près de la ville d'Alexandrie, où se forma une très importante colonie israélite, célèbre par ses docteurs et ses savants: ce fut à Alexandrie que les Livres saints furent pour la première fois officiellement traduits de l'hébreu en grec.

Après les Egyptiens, les Syriens convoitèrent le pays de Palestine, et finirent par le subjuguer.

Le joug des rois de Syrie fut bien dur pour les Juifs; Antiochus, particulièrement, fut cruel et sanguinaire. Non seulement il massacra un grand nombre d'hommes, mais il s'attacha à ruiner le culte de Dieu d'Israël, et poussa l'impiété jusqu'à élever une statue à jupiter au milieu même du Temple de Jérusalem; il commandait l'idolâtrie et le culte des faux dieux sous peine de mort.

C'est à cette époque, environ 170 ans avant Jésus-Christ, que la nation juive eut le spectacle de la force d'âme de vrais fidèles qui préfèrent la martyre à l'apostasie. Illustre entre tous est le saint vieillard Eléazar, qui subit d'atroces tourments pour avoir refusé de manger des viandes immolées aux idoles. Un autre fait est encore demeuré célèbre, celui du martyre de sept frères, connus sous le nom des frères Macchabées, et de leur mère. Cette femme admirable, loin de céder aux ordres des persécuteurs et de conseiller à ses enfants de sacrifier aux idoles pour éviter la mort, les encourageait au contraire à persévérer dans leur foi, pour recevoir de Dieu l'immortelle récompense. Ni menaces, ni flatteries, ni promesses, ni tortures, ne purent ébranler la constance et le courage héroïque de cette famille. Les sept fils d'abord, sous les yeux de leur mère, puis la mère à son tour, donnèrent à Dieu  le témoignage de leur sang