38 : La captivité de Babylone

Comme, lors de la chute du royaume d'Israël, certains des habitants étaient demeurés pour le service des vainqueurs, ainsi, après la destruction de celui de Juda, il resta quelques-uns des juifs soumis, près desquelles venaient pleurer les malheureux séparés de leurs frères.

Là vint souvent le prophète Jérémie; là il prononça ses fameuses "Lamentations", pleines de la tristesse poignante que mettait en son âme le spectacle de tant de revers. C'est lui qui fit annoncer que la captivité ne durerait pas toujours, et qu'après soixante-dix années d'exil, les juifs pourraient revenir vers leur patrie.

Les captifs, eux aussi furent éclairés et fortifiés surnaturellement par les prophètes que Dieu suscita parmi eux, particulièrement par Ezéchiel et par Daniel. L'épreuve leur fut salutaire; ils comprirent en général que le châtiment de leur nation était mérité, et, au lieu de se laisser entraîner à adorer des idoles, dont ils pouvaient cependant voir le culte pompeux; ils s'attachèrent plus fortement au Dieu de leurs pères. L'espoir du Messie grandit encore en eux, à la voix des prophètes.

Dans l'exil, les descendants d'Israël et les fils de Juda se rapprochèrent, en se souvenant de leur commune origine.

La captivité ne fut pas pour tous pénible et asservissante. Beaucoup même devinrent riches et heureux. Aussi, même lorsque la faculté leur serait plus tard donnée de retourner en Palestine, tous ne devaient pas quitter le sol où ils s'étaient établis; le Dieu d'Abraham aurait ses fidèles jusqu'au sein des nations païennes.