37: Le Royaume de Juda

L'existence du royaume de Juda fut d'environ cent trente ans plus longue que celle du royaume d'Israël.

Juda ne fut pas exempt de malheurs et de chutes. Plusieurs de ses rois pourtant furent pieux et dévoués au culte du vrai Dieu, particulièrement Josaphat et Ezéchias.

Entre les deux royaumes, il a avait des alternatives de luttes et de paix. L'un des plus déplorables rapprochements fut celui qui eut lieu par le mariage de Joram, roi de Juda, avec Athalie, fille de l'impie Achab, roi d'Israël.

Athalie, femme que rien n'effrayait, pas même le meurtre ni le crime, eut la cruauté de faire mourir ses petits-enfants, pour s'emparer elle-même du trône après la mort d'Ochozias, leur père et son propre fils.

Six ans durant, le joug de l'usurpatrice pesa sur Juda. Mais Dieu veillait sur la race d'où sortirait le Messie: en effet, lors du massacre des fils d'Ochozias, l'un d'entre eux, encore tout enfant alors, Joas, avait été sauvé de la mort par le grand prêtre Joïda. Quand Joas fut un peu plus âgé, le grand prêtre le fit reconnaître et acclamer par le peuple. Athalie, son indigne aïeule, fut massacrée par la foule: c'était la juste fin d'une triste vie.

Juda eut aussi de mauvais rois, tel Achaz, qui profana le Temple de Jérusalem par des cultes idolâtriques. Achaz fut heureusement remplacé par Ezéchias, qui fut l'un des meilleurs princes: détruire les idoles, rénover le culte de Dieu, instruire le peuple de la loi du Seigneur, purifier le Temple, restaurer la Pâque et les cérémonies sacrées, furent les oeuvres auxquelles il s'attacha. Il était soutenu par le célèbre prophète Isaïe, l'un de ceux qui, étendant divinement leurs regards vers l'avenir, prédisaient non seulement ce que Dieu ferait à son peuple infidèle, mais encore la grande miséricorde qu'il aurait un jour pour le monde par le salut que le Messie apporterait un jour.

Le successeur d'Ezéchias, Manassès, devait revenir aux impiétés que Dieu tant de fois avait déjà punies. Un dur châtiment lui était réservé : le roi d'Assyrie,contre lequel il avait voulu lutter, l'emmena avec son peuple en captivité à Babylone. Il fut cependant rendu à la liberté, et, revenu en Judée , il répara ses fautes.

Vers cette époque, lorsque Jérusalem était privée de son roi, s'illustra parmi les juifs la célèbre Judith. C'était à Béthulie: Holopherne, l'un des généraux assyriens, assiégeait depuis longtemps la ville; les habitants, à bout de ressources et manquant de vivres et d'eau, allaient être obligés de capituler. Judith, une jeune veuve, entreprit de sauver ses concitoyens: elle se rendit prés d'Holopherne, gagna sa confiance, et eut l'audace, aprés un festin, d'entrer dans la tente où le chef assyrien s'était endormi; puis elle trancha la tête de l'ennemi des juifs. Judith, portant la tête d'Holopherne, rentra à Béthulie; on l'acclama comme la libératrice de sa nation .

L'empire d'Assyrie était providentiellement destiné à faire expier les fautes du royaume de Juda. Sous les trois derniers rois, qui furent Joakim, Jéchonias et Sédécias, l'empereur Nabuchodonosor entreprit de soumettre la Judée à sa domination. Il réussit à tel point dans cette entreprise, qu'après avoir d'abord emmené comme captifs à Babylone une partie du peuple, il prit Jérusalem, la pilla, détruisit les édifices et particulièrement le Temple.

Il poussa même la barbarie jusqu'à faire égorger les fils du roi Sédécias sous les yeux de leur père; celui-ci fut conduit lui-même à Babylone.

Ainsi finit, dans le sang et dans la ruine, le royaume de Judas.