30 : David

Le choix du Seigneur se porta sur un simple berger, encore adolescent : David, de la tribu de Juda, c'est lui qui réaliserait la prophétie de Jacob, par laquelle le patriarche saluait la race de Messie dans la postérité de Juda.

Samuel se rendit donc à Bethléem, où demeurait la famille de David, et il répandit sur le front de jeune élu de Dieu l'huile sainte qui le sacrait roi. Toutefois David ne devait, en fait, être suivi par le peuple que lorsque Saül serait mort.

La jeunesse de David fut signalée par un épisode remarquable: le combat qu'il livra au Philistin Goliath. Cet homme, à la stature de géant, venait chaque jour provoquer les Israélites et les défiait d'envoyer un homme assez courageux pour se mesurer avec lui dans un combat singulier. Il était terrible, avec sa taille extraordinaire, sa force écrasante, son immense armure. David, humilié pour son peuple de cette provocation si souvent renouvelée, osa accepter la lutte; mais il ne voulut s'embarrasser d'aucune arme guerrière; il prit seulement sa fronde de berger: il était habitué à la manier contre les bêtes qui venaient attaquer les troupeaux qu'il gardait en son enfance. Confiant dans le Dieu d'Israël, il s'avança vers Goliath. Déjà le géant insulte son téméraire ennemi; mais celui-ci, saisissant sa fronde, lance une pierre qui vient frapper en plein front le terrible Philistin. Goliath tombe sous le coup; David se précipite, il saisit l'épée du guerrier, il lui tranche la tête.

Toute l'armée acclama le jeune libérateur, dont la popularité fut dès lors très grande.

C'est avant que David eût été reconnu roi par le peuple, que Samuel mourut. Tout Israël pleura son prophète. Saül ne lui survécut pas bien longtemps. Les Philistins, ennemis jamais abattus des Israélites, avaient repris les hostilités. Une rude bataille se déroute.

Jonathas et deux autres fils du roi furent tués; Saül fut lui-même blesse gravement. Il eut le cruel courage de se donner la mort avec son épée, pour ne pas survivre à sa défaite.

David fut consterné de la mort de Saül et de celle de Jonathas, fils de Saül, qu'il aimait comme un frère. Il composa à leur mémoire un chant élégiaque d'une grande beauté.

David prit Jérusalem pour capital de son royaume; il y construit un palais splendide, avec l'aide de Hiram, roi de Tyr; enfin il fit solennellement transporter dans Jérusalem l'Arche d'alliance .

Il désirait construire un temple définitif pour remplacer le Tabernacle dont on se servait encore pour le culte du Seigneur; mais cette entreprise ne put être exécutée, la gloire en devait être réservée à Salomon.

Les épreuves ne manquèrent point à David: l'une des plus cruelles pour son coeur vint d'Absalon, l'un de ses enfants, qui se révolta contre lui. David dut donner ordre à ses troupes de marcher contre les rebelles, mais il conjurait qu'on épargnât son fils. Le malheureux Absalon fuyait, après la déroute de son armée; il était monté sur un mulet. Or, comme il passait sous un arbre, sa chevelure, longue et épaisse, se prit aux branches, et il y resta suspendu. C'est ainsi qu'il fut trouvé par le chef de l'armée de David, Joab, qui le tua en lui plantant trois traits dans le coeur. David eut une douleur immense de la mort de ce fils, chéri malgré sa révolte, et ne pouvait se consoler de la perte de son malheureux enfant.

Lorsque le roi sentit sa fin proche, il prit soin de désigner, parmi ses fils, Salomon pour le remplacer à la tête du peuple.

Il lui donna des conseils pleins de prudence et d'équité; il lui léguait aussi comme un devoir sacré de construire à Jérusalem un temple en l'honneur du Dieu d'Israël.

David mourut en l'an 1015 avant notre ère. Les psaumes ou chants sacrés qu'il a composés suffiraient à immortaliser sa mémoire: l'Eglise se les est appropriés pour les cérémonies saintes; plusieurs de ces chants inspirés sont remplis de la pensée du Messie futur, celui qui serait "fils de David", et auquel plus tard ses contemporains mêmes décerneraient ce titre comme l'un des plus glorieux qu'ait pu porter le Rédempteur du monde.