22: La marche dans le désert

Les épreuves de Moïse étaient loin d'être finies.

L'une des plus grandes vint, durant tout le temps des campements successifs des Hébreux au désert, de la nature même des lieux où il leur fallait vivre.

Il ne faut pas entendre, d'ailleurs, ce mot de désert au sens de plaines indéfiniment arides: il y avait là des pâturages où les troupeaux pouvaient subsister; mais les terres n'étaient pas cultivées, elles ne pouvaient suffire à la subsistance de tout un peuple, et souvent aussi l'eau manquait pour étancher la soif de la multitude.

Dieu n'abandonna point ceux qu'il avait jusque-là si visiblement protégés, et pour eux multiplia les prodiges et les marques de sa bonté.

Le grand miracle de la miséricorde divine fut celui qui dura aussi longtemps que le campement dans le dessert, c'est-à-dire la nourriture envoyée chaque jour par Dieu, "la manne". C'était une substance nutritive, semblable extérieurement à des grains de grésil, qui chaque matin tombait sur le camp des Hébreux, et dont il fallait ramasser, avant qu'elle se fondît au soleil, ce qui suffisait à la consommation de chaque journée; elle ne tombait pas cependant le jour du sabbat, consacré au repos, et il en fallait ramasser la veille une provision double.

Jamais Israël n'oublia, même au temps de ses plus grandes infidélités, le gage admirable de la bonté de Dieu dans cette nourriture si longtemps donnée par lui au désert. L'Eglise catholique, à la suite de Notre Seigneur, a toujours considéré la manne comme la figure du pain céleste que Dieu donne par l'Eucharistie au peuple des chrétiens.

Le peuple hébreu reçut une nouvelle preuve de la bonté divine, près de la montagne d'Horeb. Les Israélites se plaignaient que le manque d'eau les ferait mourir de soif. Moïse, instruit par Dieu, frappa de son bâton un rocher aride, et il en sortit une eau jaillissante où le peuple vint se désaltérer.