20: Moïse devant le Pharaon

Moïse partit vers l'Egypte; Aaron l'accompagnait. Ils se présentérent devant le roi. En vain ils parlèrent au nom de Dieu; le Pharaon ne voulait rien entendre.

Pour châtier le tyran et pour le convaincre de la mission reçue de Dieu, Moïse, après avoir menacé, envoya au nom du Seigneur neuf calamités  successives, qu'on a appelées les plaies d'Egypte, et qui affligèrent tout le pays, jetant l'effroi et la désolation jusqu'à la cour du Pharaon. Les magiciens du roi étaient eux-mêmes obligés de reconnaître une puissance invincible à laquelle Moïse obéissait; et pourtant, après avoir été sur le point de consentir au départ des Hébreux, le roi refusait encore.

Dieu devait finalement frapper si durement et le Pharaon et le peuple, que tous s'inclineraient sous la main de la suprême justice, tellement le châtiment seraient épouvantable et tellement les Hébreux en seraient miraculeusement préservés. La dixième plaie allait fondre sur les Egyptiens.

Le Seigneur avait révélé à Moise que, dans la nuit du dixième jour qui suivrait  l'avis qu'il lui donnait, un Ange exterminateur viendrait, qui ferait mourir en chaque demeure le premier-né de toutes les familles. Toutefois, le peuple élu pourrait être préservé d'un tel malheur. Et voici le moyen que le Seigneur indiqua: au soir du dixième jour, en chacune des familles des Hébreux, on se réunirait; là, on immolerait un agneau, qu'on mangerait en toute hâte.

Il faudrait se tenir prêt à partir dès le lendemain. Avec le sang de l'agneau immolé, on marquerait la porte de chaque demeure; ce serait là le signe de la fidélité des habitants de la maison, et l'ange chargé des vengeances divines n'y frapperait personne.

Grande fut la stupeur des Egyptiens, lorsque, au matin du onzième jour, ils trouvèrent morts tous les premiers-nés de leurs fils.

Trop tard alors le Pharaon reconnut la main de Dieu. Il vint conjurer Moïse de quitter l'Egypte et de retourner avec son peuple dans le pays d'où jadis étaient venus ses ancêtres.

On appelle la Pâque, c'est à dire le passage du Seigneur, le repas mystique que célébrèrent les Hébreux au soir qui précéda leur délivrance. Chaque année, en souvenir de ce fait, les juifs gardèrent la coutume de manger l'agneau immolé, figure lui-même du Christ, qui par son sang a préservé les âmes de la mort éternelle;