"Heureux les artisans de paix car ils seront appelés Fils de Dieu »
(St Matthieu 5 )
"Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux
hommes qu'Il aime"(St Luc 2)
Vous trouverez en parcourant ces chapitres, deux logos indiquant les pages ;
POUR LES ADULTES
POUR LES ENFANTS
"Si vous voulez que la paix règne dans vos familles et dans votre Patrie, récitez tous les jours le chapelet avec les vôtres.
Le Rosaire est le parfait résumé de l'Evangile et il donne la paix à tous ceux qui le récitent."

La Paix s'apprend :
Jeunes ! Soyez des bâtisseurs de paix !
Résistez aux facilités qui endorment dans la médiocrités!
Suivez les voies de la gratuité, de la joie de vivre et du partage!
L'ÉDUCATION À LA PAIX1. REMPLIR NOS REGARDS DE VISIONS DE PAIX
Pour vaincre ce sentiment spontané d'impuissance, la tâche et le bienfait premier d'une éducation digne de ce nom est de porter le regard au-delà des tristes évidences immédiates, ou plutôt, d'apprendre à reconnaître, au cœur même des déferlements de la violence qui tue, le cheminement discret de la paix qui jamais ne renonce, qui inlassablement guérit les blessures, qui maintient et fait progresser la vie.
La marche vers la paix apparaîtra dès lors possible et désirable, forte et déjà victorieuse.
Une relecture de l'histoire : Apprenons d'abord à relire l'histoire des peuples et de l'humanité selon des schémas plus vrais que ceux de l'enchaînement des guerres et des révolutions.
Assurément le bruit des batailles domine l'histoire. Mais ce sont les répits de la violence qui ont permis de réaliser ces œuvres culturelles durables dont s'honore l'humanité.
Bien plus, si l'on a pu trouver, dans les guerres et les révolutions elles-mêmes, des facteurs de vie et de progrès, ceux-ci venaient d'aspirations d'un autre ordre que la violence: des aspirations de nature spirituelle, telles que la volonté de voir reconnue une dignité commune à toute l'humanité, de sauver l'âme et la liberté d'un peuple.
Là où de telles aspirations étaient présentes, elles opéraient comme un régulateur au sein même des conflits, elles empêchaient des cassures irrémédiables, elles maintenaient une espérance, elles préparaient une chance nouvelle pour la paix.
Là où elles faisaient défaut ou s'altéraient dans l'exaltation de la violence, elles laissaient le champ à la logique de la destruction qui a conduit à des régressions économiques et culturelles durables et à la mort de civilisations entières. Responsables des peuples, sachez vous éduquer vous-mêmes à l'amour de la paix, en discernant et en faisant ressortir dans les grandes pages de l'histoire nationale l'exemple de vos prédécesseurs dont la gloire a été de faire germer des fruits de paix. " Bienheureux les artisans de paix... ".
L'estime des grandes tâches pacifiques d'aujourd'hui
Aujourd'hui vous contribuerez à l'éducation de la paix en donnant le plus de relief possible aux grandes tâches pacifiques qui s'imposent à la famille humaine.
Dans vos efforts pour parvenir à une gestion raisonnable et solidaire de l'environnement et du patrimoine communs de l'humanité, à l'éradication de la misère qui écrase des millions d'hommes, à l'affermissement d'institutions susceptibles d'exprimer et de faire grandir l'unité de la famille humaine au niveau régional et mondial, les hommes découvriront l'appel fascinant de la paix qui est réconciliation entre eux et réconciliation avec leur univers naturel.
En encourageant contre toutes les démagogies ambiantes la recherche de modes de vie plus simples, moins livrés aux poussées tyranniques des instincts de possession, de consommation, de domination, plus accueillants aux rythmes profonds de la créativité personnelle et de l'amitié, vous ouvrirez pour vous-mêmes et pour tout un espace immense aux possibilités insoupçonnées de la paix.
Le rayonnement de multiples exemples de paix
Autant est inhibant pour l'individu le sentiment que les efforts modestes en faveur de la paix, dans la zone restreinte des responsabilités de chacun, sont rendus vains par les grands débats politiques mondiaux prisonniers d'une logique de simples rapports de forces et de course aux armements, autant est libérateur le spectacle d'instances internationales convaincues des possibilités de la paix et attachées passionnément à construire la paix.
L'éducation à la paix peut alors bénéficier aussi d'un intérêt renouvelé pour les exemples quotidiens des simples artisans de paix à tous les niveaux: ces individus et ces foyers qui, par la maîtrise de leurs passions, par l'acceptation et le respect mutuels, conquièrent leur propre paix intérieure et la rayonnent; ces peuples, souvent pauvres et éprouvés, dont la sagesse millénaire s'est forgée autour du bien suprême de la paix, qui ont su résister souvent aux séductions trompeuses de progrès rapides acquis par la violence, convaincus que de tels gains porteraient les germes empoisonnés de nouveaux conflits.
Oui, sans ignorer le drame des violences, remplissons nos regards et ceux des jeunes générations de ces visions de paix: elles exerceront une attraction décisive.
Surtout, elles libéreront l'aspiration à la paix qui est constitutive de l'homme. Ces énergies neuves feront inventer un nouveau langage de paix et de nouveaux gestes de paix.
2. PARLER UN LANGAGE DE PAIX
Le langage est fait pour exprimer les pensées du cœur et pour unir.
Mais quand il est prisonnier de schémas préfabriqués, il entraîne à son tour le cœur sur ses propres pentes. II faut donc agir sur le Iangage pour agir sur le coeur et déjouer les pièges du langage.
Il est facile de relever à quel point l'ironie acerbe et la dureté dans les jugements, dans la critique des autres et surtout de l'"étranger", la contestation et la revendication systématiques envahissent les relations parlées et étouffent avec la charité sociale la justice elle même.
A force de tout exprimer en termes de rapports de forces, de luttes de groupes et de classes, d'amis et d'ennemis, on crée le terrain propice aux barrières sociales, au mépris, voire à la haine et au terrorisme et à leur apologie sournoise ou ouverte.
D'un coeur acquis à la valeur supérieure de la paix surgissent au contraire le souci d'écouter et de comprendre, le respect de l'autre, la douceur qui est force véritable, la confiance.
Un tel langage met sur la voie de l'objectivité, de la vérité, de la paix.
Grande est sur ce point la tâche éducative des moyens de communication sociale.
Et influente aussi la façon dont on s'exprime dans les échanges et les débats des confrontations politiques, nationales et internationales. Responsables des nations et responsables des organisations internationales, sachez trouver un langage neuf, un langage de paix: il ouvre par lui-même un nouvel espace à la paix.
3. POSER DES GESTES DE PAIX
Ce que libèrent des visions de paix, ce que sert un langage de paix doit s'exprimer dans des gestes de paix.
Faute de quoi les convictions naissantes s'évaporent et le langage de paix devient une rhétorique vite discréditée.
Très nombreux peuvent être les artisans de paix s'ils prennent conscience de leurs possibilités et de leurs responsabilités.
C'est la pratique de la paix qui entraîne à la paix. Elle apprend à ceux qui cherchent le trésor de la paix que le trésor se révèle et s'offre à ceux qui réalisent modestement, au jour le jour, toutes les paix dont ils sont capables.
Parents, éducateurs et jeunes
Parents et éducateurs, aidez les enfants et les jeunes à faire l'expérience de la paix dans les mille actions quotidiennes qui sont à leur portée, en famille, à l'école, dans le jeu, la camaraderie, le travail en équipe, la compétition sportive, les multiples conciliations et réconciliations nécessaires.
L'Année internationale de l'Enfant, que les Nations Unies ont proclamée pour 1979, devrait attirer l'attention de tous sur la contribution originale des enfants eux-mêmes à la paix.
Jeunes, soyez des bâtisseurs de paix. Vous êtes des artisans à part entière de cette grande oeuvre commune.
Résistez aux facilités qui endorment dans la médiocrité triste, et aux violences stériles où veulent vous utiliser parfois des adultes qui ne sont pas en paix avec eux mêmes. Suivez les voies où vous pousse votre sens de la gratuité, de la joie de vivre, du partage. Vous aimez investir vos énergies neuves - qui échappent à l'a priori discriminatoire - dans des rencontres fraternelles par-delà les frontières, dans l'apprentissage des langues étrangères qui facilitent la communication, dans le service désintéressé des pays les plus démunis.
Vous êtes les premières victimes de la guerre qui brise votre élan. Vous êtes la chance de la paix.
Partenaires sociaux
Partenaires de la vie professionnelle et sociale, la paix est souvent pour vous laborieuse à réaliser. Il n'y a pas de paix sans justice et sans liberté, sans un engagement courageux pour promouvoir l'une et l'autre.
La force alors exigée doit être patiente sans résignation ni démission, ferme sans provocation, prudente pour préparer activement les progrès souhaitables sans dissiper les énergies en flambées d'indignation violente vite retombées.
Contre les injustices et les oppressions, la paix est amenée à se frayer un chemin dans l'adoption d'une action résolue.
Mais cette action doit déjà porter la marque du but qu'elle vise, à savoir une meilleure acceptation mutuelle des personnes et des groupes.
Elle trouvera une régulation dans la volonté de paix qui vient du plus profond de l'homme, dans les aspirations et la législation des peuples.
C'est cette capacité de paix, cultivée, disciplinée, qui rend lucide pour trouver aux tensions et aux conflits eux-mêmes les répits nécessaires pour développer sa logique féconde et constructive. Ce qui se passe dans la vie sociale interne des pays a une répercussion considérable - pour le meilleur et pour le pire - sur la paix entre les nations.
Hommes politiques
Mais, il faut y insister à nouveau, ces multiples gestes de paix risquent d'être découragés et en partie annihilés par une politique internationale qui ne trouverait pas, à son niveau, la même dynamique de paix.
Hommes politiques, responsables des peuples et des organisations internationales, je vous exprime mon estime sincère et j'apporte mon entier soutien à vos efforts souvent harassants pour maintenir ou rétablir la paix.
Bien plus, conscient qu'il y va du bonheur et même de la survie de l'humanité, et persuadé de la grave responsabilité qui m'incombe de donner écho à l'appel capital du Christ: "Bienheureux les artisans de paix", j'ose vous encourager à aller plus loin.
Ouvrez de nouvelles portes à la paix.
Faites tout ce qui est en votre pouvoir pour faire prévaloir la voie du dialogue sur celle de la force.
Que cela trouve d'abord une application au plan intérieur: comment des peuples peuvent-ils promouvoir vraiment la paix internationale s'ils sont eux-mêmes prisonniers d'idéologies selon lesquelles la justice et la paix ne s'obtiennent qu'en réduisant à l'impuissance ceux qui, déjà d'avance, sont considérés comme indignes d'être des artisans de leur propre sort ou des coopérateurs valables du bien commun?
Dans les pourparlers avec les parties adverses, soyez persuadés que l'honneur et l'efficience ne se mesurent pas au degré d'inflexibilité dans la défense des intérêts, mais à la capacité de respect, de vérité, de bienveillance et de fraternité des partenaires, disons, à leur humanité.
Posez des gestes de paix, même audacieux, qui rompent avec les enchaînements fatals et avec le poids des passions héritées de l'histoire; puis tissez patiemment la trame politique, économique et culturelle de la paix.
Créez - l'heure est propice et le temps presse - des zones toujours plus larges de désarmement.
Ayez le courage de réexaminer en profondeur la troublante question du commerce des armes.
Sachez détecter à temps et régler dans la sérénité les conflits latents avant qu'ils ne réveillent les passions.
Donnez des cadres institutionnels appropriés aux solidarités régionales et mondiales. Renoncez à utiliser, au service des conflits d'intérêts, des valeurs légitimes, voire spirituelles, qui s'y dégradent en les durcissant.
Veillez à ce que la légitime passion communicative des idées s'exerce par la voie de la persuasion et non sous la pression des menaces et des armes.
En posant des gestes résolus de paix, vous libérerez les aspirations vraies des peuples et vous trouverez en elles des alliés puissants pour travailler au développement pacifique de tous. Vous vous éduquerez vous mêmes à la paix, vous éveillerez en vous des convictions fermes et une nouvelle capacité d'initiative au service de la grande cause de la paix.
Hommes politiques de Jean Paul II
Mais, il faut y insister à nouveau, ces multiples gestes de paix risquent d'être découragés et en partie annihilés par une politique internationale qui ne trouverait pas, à son niveau, la même dynamique de paix.
Hommes politiques, responsables des peuples et des organisations internationales, je vous exprime mon estime sincère et j'apporte mon entier soutien à vos efforts souvent harassants pour maintenir ou rétablir la paix.
Bien plus, conscient qu'il y va du bonheur et même de la survie de l'humanité, et persuadé de la grave responsabilité qui m'incombe de donner écho à l'appel capital du Christ: "Bienheureux les artisans de paix", j'ose vous encourager à aller plus loin.
Ouvrez de nouvelles portes à la paix.
Faites tout ce qui est en votre pouvoir pour faire prévaloir la voie du dialogue sur celle de la force.
Que cela trouve d'abord une application au plan intérieur: comment des peuples peuvent-ils promouvoir vraiment la paix internationale s'ils sont eux-mêmes prisonniers d'idéologies selon lesquelles la justice et la paix ne s'obtiennent qu'en réduisant à l'impuissance ceux qui, déjà d'avance, sont considérés comme indignes d'être des artisans de leur propre sort ou des coopérateurs valables du bien commun?
Dans les pourparlers avec les parties adverses, soyez persuadés que l'honneur et l'efficience ne se mesurent pas au degré d'inflexibilité dans la défense des intérêts, mais à la capacité de respect, de vérité, de bienveillance et de fraternité des partenaires, disons, à leur humanité.
Posez des gestes de paix, même audacieux, qui rompent avec les enchaînements fatals et avec le poids des passions héritées de l'histoire; puis tissez patiemment la trame politique, économique et culturelle de la paix.
Créez - l'heure est propice et le temps presse - des zones toujours plus larges de désarmement.
Ayez le courage de réexaminer en profondeur la troublante question du commerce des armes.
Sachez détecter à temps et régler dans la sérénité les conflits latents avant qu'ils ne réveillent les passions.
Donnez des cadres institutionnels appropriés aux solidarités régionales et mondiales. Renoncez à utiliser, au service des conflits d'intérêts, des valeurs légitimes, voire spirituelles, qui s'y dégradent en les durcissant.
Veillez à ce que la légitime passion communicative des idées s'exerce par la voie de la persuasion et non sous la pression des menaces et des armes.
En posant des gestes résolus de paix, vous libérerez les aspirations vraies des peuples et vous trouverez en elles des alliés puissants pour travailler au développement pacifique de tous. Vous vous éduquerez vous mêmes à la paix, vous éveillerez en vous des convictions fermes et une nouvelle capacité d'initiative au service de la grande cause de la paix.
Partenaires sociaux
Partenaires de la vie professionnelle et sociale, la paix est souvent pour vous laborieuse à réaliser. Il n'y a pas de paix sans justice et sans liberté, sans un engagement courageux pour promouvoir l'une et l'autre.
La force alors exigée doit être patiente sans résignation ni démission, ferme sans provocation, prudente pour préparer activement les progrès souhaitables sans dissiper les énergies en flambées d'indignation violente vite retombées.
Contre les injustices et les oppressions, la paix est amenée à se frayer un chemin dans l'adoption d'une action résolue.
Mais cette action doit déjà porter la marque du but qu'elle vise, à savoir une meilleure acceptation mutuelle des personnes et des groupes.
Elle trouvera une régulation dans la volonté de paix qui vient du plus profond de l'homme, dans les aspirations et la législation des peuples.
C'est cette capacité de paix, cultivée, disciplinée, qui rend lucide pour trouver aux tensions et aux conflits eux-mêmes les répits nécessaires pour développer sa logique féconde et constructive. Ce qui se passe dans la vie sociale interne des pays a une répercussion considérable - pour le meilleur et pour le pire - sur la paix entre les nations.
Jean Paul II
Jean Paul II : PARLER UN LANGAGE DE PAIX
Le langage est fait pour exprimer les pensées du cœur et pour unir.
Mais quand il est prisonnier de schémas préfabriqués, il entraîne à son tour le cœur sur ses propres pentes. II faut donc agir sur le Iangage pour agir sur le coeur et déjouer les pièges du langage.
Il est facile de relever à quel point l'ironie acerbe et la dureté dans les jugements, dans la critique des autres et surtout de l'"étranger", la contestation et la revendication systématiques envahissent les relations parlées et étouffent avec la charité sociale la justice elle même.
A force de tout exprimer en termes de rapports de forces, de luttes de groupes et de classes, d'amis et d'ennemis, on crée le terrain propice aux barrières sociales, au mépris, voire à la haine et au terrorisme et à leur apologie sournoise ou ouverte.
D'un coeur acquis à la valeur supérieure de la paix surgissent au contraire le souci d'écouter et de comprendre, le respect de l'autre, la douceur qui est force véritable, la confiance.
Un tel langage met sur la voie de l'objectivité, de la vérité, de la paix.
Grande est sur ce point la tâche éducative des moyens de communication sociale.
Et influente aussi la façon dont on s'exprime dans les échanges et les débats des confrontations politiques, nationales et internationales. Responsables des nations et responsables des organisations internationales, sachez trouver un langage neuf, un langage de paix: il ouvre par lui-même un nouvel espace à la paix.
Jean Paul II
Jean Paul II : POSER DES GESTES DE PAIX
Ce que libèrent des visions de paix, ce que sert un langage de paix doit s'exprimer dans des gestes de paix.
Faute de quoi les convictions naissantes s'évaporent et le langage de paix devient une rhétorique vite discréditée.
Très nombreux peuvent être les artisans de paix s'ils prennent conscience de leurs possibilités et de leurs responsabilités.
C'est la pratique de la paix qui entraîne à la paix. Elle apprend à ceux qui cherchent le trésor de la paix que le trésor se révèle et s'offre à ceux qui réalisent modestement, au jour le jour, toutes les paix dont ils sont capables.
Parents, éducateurs et jeunes
Parents et éducateurs, aidez les enfants et les jeunes à faire l'expérience de la paix dans les mille actions quotidiennes qui sont à leur portée, en famille, à l'école, dans le jeu, la camaraderie, le travail en équipe, la compétition sportive, les multiples conciliations et réconciliations nécessaires.
L'Année internationale de l'Enfant, que les Nations Unies ont proclamée pour 1979, devrait attirer l'attention de tous sur la contribution originale des enfants eux-mêmes à la paix.
Jean Paul II
Jeunes, soyez des bâtisseurs de paix. Vous êtes des artisans à part entière de cette grande oeuvre commune.
Résistez aux facilités qui endorment dans la médiocrité triste, et aux violences stériles où veulent vous utiliser parfois des adultes qui ne sont pas en paix avec eux mêmes. Suivez les voies où vous pousse votre sens de la gratuité, de la joie de vivre, du partage. Vous aimez investir vos énergies neuves - qui échappent aux a priori discriminatoires - dans des rencontres fraternelles par-delà les frontières, dans l'apprentissage des langues étrangères qui facilitent la communication, dans le service désintéressé des pays les plus démunis.
Vous êtes les premières victimes de la guerre qui brise votre élan. Vous êtes la chance de la paix.
1. REMPLIR NOS REGARDS DE VISIONS DE PAIX
Pour vaincre ce sentiment spontané d'impuissance, la tâche et le bienfait premier d'une éducation digne de ce nom est de porter le regard au-delà des tristes évidences immédiates, ou plutôt, d'apprendre à reconnaître, au cœur même des déferlements de la violence qui tue, le cheminement discret de la paix qui jamais ne renonce, qui inlassablement guérit les blessures, qui maintient et fait progresser la vie.
La marche vers la paix apparaîtra dès lors possible et désirable, forte et déjà victorieuse.
Une relecture de l'histoire : Apprenons d'abord à relire l'histoire des peuples et de l'humanité selon des schémas plus vrais que ceux de l'enchaînement des guerres et des révolutions.
Assurément le bruit des batailles domine l'histoire. Mais ce sont les répits de la violence qui ont permis de réaliser ces œuvres culturelles durables dont s'honore l'humanité.
Bien plus, si l'on a pu trouver, dans les guerres et les révolutions elles-mêmes, des facteurs de vie et de progrès, ceux-ci venaient d'aspirations d'un autre ordre que la violence: des aspirations de nature spirituelle, telles que la volonté de voir reconnue une dignité commune à toute l'humanité, de sauver l'âme et la liberté d'un peuple.
Là où de telles aspirations étaient présentes, elles opéraient comme un régulateur au sein même des conflits, elles empêchaient des cassures irrémédiables, elles maintenaient une espérance, elles préparaient une chance nouvelle pour la paix.
Là où elles faisaient défaut ou s'altéraient dans l'exaltation de la violence, elles laissaient le champ à la logique de la destruction qui a conduit à des régressions économiques et culturelles durables et à la mort de civilisations entières. Responsables des peuples, sachez vous éduquer vous-mêmes à l'amour de la paix, en discernant et en faisant ressortir dans les grandes pages de l'histoire nationale l'exemple de vos prédécesseurs dont la gloire a été de faire germer des fruits de paix. " Bienheureux les artisans de paix... ".
L'estime des grandes tâches pacifiques d'aujourd'hui
Aujourd'hui vous contribuerez à l'éducation de la paix en donnant le plus de relief possible aux grandes tâches pacifiques qui s'imposent à la famille humaine.
Dans vos efforts pour parvenir à une gestion raisonnable et solidaire de l'environnement et du patrimoine communs de l'humanité, à l'éradication de la misère qui écrase des millions d'hommes, à l'affermissement d'institutions susceptibles d'exprimer et de faire grandir l'unité de la famille humaine au niveau régional et mondial, les hommes découvriront l'appel fascinant de la paix qui est réconciliation entre eux et réconciliation avec leur univers naturel.
En encourageant contre toutes les démagogies ambiantes la recherche de modes de vie plus simples, moins livrés aux poussées tyranniques des instincts de possession, de consommation, de domination, plus accueillants aux rythmes profonds de la créativité personnelle et de l'amitié, vous ouvrirez pour vous-mêmes et pour tous un espace immense aux possibilités insoupçonnées de la paix.
Le rayonnement de multiples exemples de paix
Autant est inhibant pour l'individu le sentiment que les efforts modestes en faveur de la paix, dans la zone restreinte des responsabilités de chacun, sont rendus vains par les grands débats politiques mondiaux prisonniers d'une logique de simples rapports de forces et de course aux armements, autant est libérateur le spectacle d'instances internationales convaincues des possibilités de la paix et attachées passionnément à construire la paix.
L'éducation à la paix peut alors bénéficier aussi d'un intérêt renouvelé pour les exemples quotidiens des simples artisans de paix à tous les niveaux: ces individus et ces foyers qui, par la maîtrise de leurs passions, par l'acceptation et le respect mutuels, conquièrent leur propre paix intérieure et la rayonnent; ces peuples, souvent pauvres et éprouvés, dont la sagesse millénaire s'est forgée autour du bien suprême de la paix, qui ont su résister souvent aux séductions trompeuses de progrès rapides acquis par la violence, convaincus que de tels gains porteraient les germes empoisonnés de nouveaux conflits.
Oui, sans ignorer le drame des violences, remplissons nos regards et ceux des jeunes générations de ces visions de paix: elles exerceront une attraction décisive.
Surtout, elles libéreront l'aspiration à la paix qui est constitutive de l'homme. Ces énergies neuves feront inventer un nouveau langage de paix et de nouveaux gestes de paix.
de Jean Paul II

"Nous pouvons et devons être miséricordieux parce que nous avons bénéficié de la miséricorde d'un Dieu qui est Amour miséricordieux "( Jn 4)..
Les disciples du Christ, baptisés dans sa mort et sa résurrection, doivent toujours être des hommes et des femmes de pardon.
Pourquoi la nécessité du Pardon? Mais que signifie concrétement pardonner ? Et pourquoi pardonner ?
Le pardon réside dans le coeur de chacun avant d'être un fait social.
Le pardon est un choix avant tout personnel, une option du coeur qui va contre l'instinct spontané de rendre le mal pour le mal. Cette option trouve son élément de comparaison dans l'amour de Dieu, qui nous accueille malgré nos péchés, et son modèle suprême est le pardon du Christ qui a prié ainsi sur la croix: "Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font" ( Lc 23)
...Pourquoi ne pas agir envers les autres comme chacun voudrait que l'on agisse envers lui-même?
Tout être humain nourrit en lui-même l'espérance de pouvoir recommencer une période de sa vie, et de ne pas demeurer à jamais prisonnier de ses erreurs et de ses fautes. Il rêve de pouvoir à nouveau lever les yeux vers l'avenir, pour découvrir qu'il a encore la possibilité de faire confiance et de s'engager.
La capacité de pardonner est à la base de tout projet d'une société à venir plus juste et plus solidaire.
Le refus du pardon, au contraire, surtout s'il entretient la poursuite de conflits, a des répercussions incalculables pour le développement des peuples
Les ressources sont consacrées à soutenir la courses aux armements ...
De quelles souffrances l'humanité n'est elle pas affligée parce qu'elle ne sait pas se réconcillier, quels retards ne subit-elle pas parcequ'elle ne sait pas pardonner!
La paix est la condition du développement, mais une paix véritable n'est possible qu'à travers le pardon.
Le pardon comporte toujours à court terme, une perte apparente, tandis qu'à long terme, il assure un gain réel.
La violence est exactement le contraire : elle opte pour un gain à brève échéance, mais se prépare pour l'avenir lointain une perte réelle et permanente.
Le pardon pourrait sembler une faiblesse; en réalité, aussi bien pour l'accorder que pour le receveur, il faut une grande force spirirituelle et un courage morale à toute épreuve
Loin de diminuer la personne, le pardon l'amène à une humanité plus profonde et plus riche, il la rend capable de refléter en elle un rayon de la splendeur du Créateur.
Agnés Renault Feu et Lumière n° 204

"Pour qu'il y ait la paix sur la terre, il faudra que tous les êtres soient intérieurement en paix."
Les petites choses n'ont l'air de rien, mais elles donnent la paix ... - Dans chaque petite chose, il y a un Ange.

"Le bonheur n'est pas le fruit de la paix, le bonheur c'est la paix même."
Qui veut la guerre est en guerre avec soi.
Que les citoyens donnent plus volontiers leur vie que leur argent, voilà un paradoxe assez fort.
On peut défaire n'importe quel bonheur par la mauvaise volonté.

"Dans les guerres, ce ne sont peut-être pas les enfants que l'on vise, mais c'est eux que l'on tue."

L'intelligence ne vaut qu'au service de l'amour.
"Chacun est responsable de tous. Chacun est seul responsable. Chacun est seul responsable de tous."


Pour faire la paix, il faut être deux: soi-même et le voisin d'en face.
"La guerre est une chose si horrible que je m'étonne comment le seul nom n'en donne pas l'horreur"

" Le désarmement extérieur passe par le désarmement intérieur. Le seul vrai garant de la paix est en soi."
"Le ministère des Finances devrait s'appeler ministère de la Misère puisque le ministère de la Guerre ne s'appelle pas ministère de la Paix."

"La guerre est un mal qui déshonore le genre humain."

Si les hommes se donnaient pour oublier le centième du mal qu'ils se donnent pour se souvenir, je suis certain que le monde serait depuis longtemps en paix.

"Peut-être la paix est-elle plus que le bonheur."

Deux coqs vivaient en paix: une poule survint, - Et voilà la guerre allumée.

" La vérité doit s'imposer sans violence."
"Aimer d'un amourhumain, c'est pouvoirpasser de l'amour à la haine, tandis que l'amourdivin est immuable."

Allez-vous-en faire la paix ensemble, et tâchez de l'apaiser par des excuses de votre emportement.

Si tu es de Dieu, parle; si tu es de l'Autre, laisse-nous en paix.

"La paix est une création continue."
Nos petits-enfantsseront en paix, ou ne seront pas.

" La paix n'est pas l'absence de guerre, c'est une vertu, un état d'esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice."
"Et de l'union des libertés dans la fraternité des peuplesnaîtra la sympathie des âmes, germe de cet immenseavenir où commencera pour le genrehumain la vieuniverselle et que l'on appellera la paix de l'Europe."
"Vous voulez la paix : créez l'amour."
"Et de l'union des libertés dans la fraternité des peuples naîtra la sympathie des âmes, germe de cet immense avenir où commencera pour le genre humain la vie universelle et que l'on appellera la paix de l'Europe."

«La première règle avant d’agir consiste à se mettre à la place de l’autre. Nulle vraie recherche du bien commun ne sera possible hors de là.»
L'amitié, c'est ce qui vient au coeur quant on fait ensemble des choses belles et difficiles.»
«Un sourire coûte moins cher que l'électricité, mais donne autant de lumière"
«L’espérance, c’est croire que la vie a un sens.»
«Il ne faut pas attendre d’être parfait pour commencer quelque chose de bien.»
«On n’est jamais heureux que dans le bonheur qu’on donne. Donner, c’est recevoir.»
«La première règle avant d’agir consiste à se mettre à la place de l’autre. Nulle vraie recherche du bien commun ne sera possible hors de là.»
«Avec tout l'argent du monde, on ne fait pas des hommes, mais avec des hommes et qui aiment, on fait tout.»

Si tu veux la paix....
Grand Rabbin René-Samuel SIRAT
Si tu veux la Paix, ne prépare pas la guerre.
Bien au contraire, si tu veux la paix, prépare d´abord la fraternité.
Mais aussi, si tu veux la paix, prépare l´enseignement de l´amour du prochain.
Car, en effet, si tu veux la paix, donne la priorité des priorités à l´éducation.
Mais n´oublie pas : si tu veux la paix, prépare la justice et respecte la dignité de l´adversaire.
Mais aussi, si tu veux la paix, purifie les mémoires.
Si tu veux la paix, prépare la vérité.
Surtout, si tu veux la paix, prépare la solidarité.
Enfin, si tu veux la paix, prépare la miséricorde.
Alors, si tu prépares tout cela, la paix te sera donnée par surcroît.

"Le pardon est une option du coeur qui va contre l'instinct spontané de rendre le mal pour le mal."
"Pourquoi ne pas agir envers les autres comme chacun voudrait que l'on agisse envers lui-même ?"
"De quelles souffrances l'humanité n'est-elle pas affligée parce qu'elle ne sait pas se réconcilier !"
"L'homme qui pardonne ou qui demande pardon comprend qu'il y a une vérité plus grande que lui."
Ce qui manque au monde actuel, c'est une nouvelle vision de la paix!
Croyez à la paix, au pardon et à l'amour: ils sont du Christ.
La paix est de plus en plus clairement perçue comme le seul chemin vers la justice.

"Chercher Dieu, c'est la foi, le trouver c'est l'espérance, le connaître c'est l'amour, le sentir c'est la paix, le goûter c'est la joie, le posséder c'est l'ivresse."
"Insistons sur le développement de l'amour, la gentillesse, la compréhension, la paix. Le reste nous sera offert."
"Que pouvez-vous faire pour promouvoir la paix dans le monde ? Rentrer chez vous et aimer votre famille !"
" Le manque d'amour est la plus grande pauvreté"
"Nous réalisons que ce que nous accomplissons n'est qu'une goutte dans l'océan. Mais si cette goutte n'existait pas dans l'océan, elle manquerait."
"C'est en revêtant le Christ que l'on peut le plus apporter de charité aux autres".
"Ne laissez personne venir à vous et repartir sans être plus heureux."
"La perte d'une certaine pudeur comme la perte de la pureté sont les causes profondes de la décadence du monde."
"La solitude et le sentiment de n'être pas désiré sont les plus grandes pauvretés."
"Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire."
"Ce qui compte ce n'est pas ce que l'on donne, mais l'amour avec lequel on donne."
"Si tu juges les gens tu n'as pas le temps de les aimer."
"Si tu juges les gens tu n'as pas le temps de les aimer."
"Pour ce qui est de l'argent, il viendra bien : si nous cherchons d'abord le royaume de Dieu, le reste sera donné par surcroît."
"Si nous sommes pleins du péché, Dieu ne peut nous remplir, car Dieu lui-même ne peut remplir ce qui est plein. Voilà pourquoi nous avons besoin du pardon : nous nous vidons, et Dieu nous remplit de lui-même."
"On ne peut pas faire de grandes choses - rien que des petites avec un immense amour."
"La vie est une chance, saisis-la."
"La vie est beauté Admire-la"
"La vie est un défiFais-lui face."
"La vie est un devoir Accomplis-le."
"La vie est une richesse Conserve-la."
"La vie est mystère Perce-le."
"La vie est un combatAccepte-le."
"La vie est bonheur Mérite-la."
"La vie est la vie Défends-la."
"Insistons sur le développement de l'amour, la gentillesse, la compréhension, la paix. Le reste nous sera offert."
"Donne tes mains pour servir et ton coeur pour aimer."
"Se connaître nous fait plier le genou, posture indispensable à l'amour. Car la connaissance de Dieu engendre l'amour, et la connaissance de soi engendre l'humilité."
"Conquérons le monde avec notre amour. Entrelaçons nos vies, tissons-les des liens du sacrifice et de l'amour, il nous sera possible de conquérir le monde."
"Bien des gens acceptent de faire de grandes choses. Peu se contentent de faire de petites choses au quotidien."
"On ne fait pas de grandes choses, mais seulement des petites avec un amour immense."
"Que pouvez-vous faire pour promouvoir la paix dans le monde ? Rentrer chez vous et aimer votre famille !"
"De bonnes paroles peuvent être brèves et faciles à dire mais leur écho est véritablement éternel."

Faitessourire sur la terre, sur l'humanité le reflet de la beauté et de la lumièredivine et vous aurezcontribuégrandement à l'oeuvre de la paix.
Heureux ceux qui persévèrent dans la paix, car c'est le Très-Haut qui les couronnera
J'étais dans les ténèbres et en sûreté - Quand je sortis déguisée par l'escalier secret, - Oh! l'heureux sort! - J'étais dans les ténèbres et en cachette, - Tandis que ma demeure était déjà en paix.
Par une nuit profonde, - Etant pleine d'angoisse et enflammée d'amour, - Oh! l'heureux sort! - Je sortis sans être vue, - Tandis que ma demeure était déjà en paix.
"Partout et toujours, cherche sans te lasser le remède qui soulage, sème l'espoir : ça vivifie et ton amour peut faire des miracles."
"On ne possède pas le bonheur comme une acquisition définitive. Il s'agit à chaque instant de faire jaillir une étincelle de joie. Ne l'oublions pas : "Souris au monde et le monde te sourira.""

Marie et la Paix
(dans le Nouveau Testament) de http://www.mariedenazareth.com
« Heureux les artisans de paix, parce qu’ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 9)
L'ange Gabriel dit à Marie : « Réjouis-toi, comblée de grâce. » (Lc 1,28) et il lui annonce la naissance de Jésus, qui sera « roi » (Lc 1, 33). Il fait écho au prophète Zacharie « Exulte avec force, fille de Sion ! [...] Voici que ton roi vient à toi : il est juste et victorieux, humble, monté sur un âne, sur un ânon, le petit d'une ânesse. » (Za 9,9). Il s'agit de la joie messianique dans un royaume pacifique (l'ânon du roi est tout l'opposé du cheval de guerre).
Marie vit en une époque où les hommes préfèrent faire mourir Jésus et laisser agir Barrabas, l'homme de sang et de révolte (Lc 23,18). Marie porte la paix au milieu des tensions de la guérilla, de la guerre, c'est son mystère : elle porte l'Emmanuel, Dieu avec nous (Mt 1, 23).
Marie rompt le fatalisme de la violence
Combien de cœurs vivent sans paix ! C'est pourquoi ils sont désespérés et se combattent, tenaillés par tant de haine ! Combien ont peur des autres et sont agressifs, préventivement ? Combien de peuples se sont résignés à l'idée que la guerre est nécessaire ? Marie rompt ce fatalisme. Elle témoigne haut et fort que « tout est possible à celui qui croit » (Lc 1,37).
L'homme et la femme peuvent renaître à la paix du cœur. Marie a dit Oui à la Parole de Dieu (Lc 1,38) et elle a libéré une force de paix. La Paix s'est incarnée. Le mystère de Marie (et celui de l'Eglise) est celui de la fragile charité en qui se trouve tant de force. Une force fragile. Une force capable de vaincre les démons de la guerre.
Une bénédiction de paix
Une paix qui est un don d'en haut
Marie est bienheureuse (Lc 1, 48) en tant que Mère de Celui qui est notre paix, cette paix dont les anges de Noël chantèrent joyeusement la venue :« Paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Lc 2, 13-14)
Au moment de la mort de Jésus, l'étude soigneuse de l'évangile de saint Jean prouve le lien entre Marie et l'unité de la tunique sans couture, le peuple de Dieu. Les fils de Dieu dispersés sont rassemblés, en Jésus et en Marie, dans l'unité (Jn 11, 51 et Jn 19, 23-27). Le Christ, sur la croix, des deux peuples en a fait un seul, faisant la paix par le sang de sa croix (Eph 2,14-16). Il s'agit pour saint Paul des Juifs et des non-Juifs mais il s'agit aussi de toutes sortes de divisions.
Marie était présente au cénacle de la Pentecôte, accueillant les disciples qui avaient fui. Advient alors une nouvelle effusion de l'Esprit Saint, cet Esprit dont les fruits sont la paix, la douceur, la joie... (Ga 5,22).
Ces éléments ont été repris dans :
et dans :

Pourquoi ce tumulte parmi les nations, Ces vaines pensées parmi les peuples?
Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils Et les princes se liguent-ils avec eux Contre l'Éternel et contre son oint? -
Brisons leurs liens, Délivrons-nous de leurs chaînes!
Celui qui siège dans les cieux rit, Le Seigneur se moque d'eux
Puis il leur parle dans sa colère, Il les épouvante dans sa fureur:
C'est moi qui ai oint mon roi Sur Sion, ma montagne sainte!
Je publierai le décret; L'Éternel m'a dit: Tu es mon fils! Je t'ai engendré aujourd'hui.
Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage, Les extrémités de la terre pour possession
Tu les briseras avec une verge de fer, Tu les briseras comme le vase d'un potier
Et maintenant, rois, conduisez-vous avec sagesse! Juges de la terre, recevez instruction!
Servez l'Éternel avec crainte, Et réjouissez-vous avec tremblement.
Baisez le fils, de peur qu'il ne s'irrite, Et que vous ne périssiez dans votre voie, Car sa colère est prompte à s'enflammer. Heureux tous ceux qui se confient en lui!
Au chef des chantres. Sur la guitthith. Psaume de David. :
Éternel, notre Seigneur! Que ton nom est magnifique sur toute la terre! Ta majesté s'élève au-dessus des cieux.
Par la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle Tu as fondé ta gloire, pour confondre tes adversaires, Pour imposer silence à l'ennemi et au vindicatif.
Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, La lune et les étoiles que tu as créées:
Qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui? Et le fils de l'homme, pour que tu prennes garde à lui?
Tu l'as fait de peu inférieur à Dieu, Et tu l'as couronné de gloire et de magnificence.
Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains, Tu as tout mis sous ses pieds,
Les brebis comme les bœufs, Et les animaux des champs,
Les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, Tout ce qui parcourt les sentiers des mers.
Éternel, notre Seigneur! Que ton nom est magnifique sur toute la terre!
Sonde-moi, Éternel! Eprouve-moi, Fais passer au creuset mes reins et mon cœur;
Car ta grâce est devant mes yeux, Et je marche dans ta vérité
Je ne m'assieds pas avec les hommes faux, Je ne vais pas avec les gens dissimulés;
Je hais l'assemblée de ceux qui font le mal, Je ne m'assieds pas avec les méchants.
Je lave mes mains dans l'innocence, Et je vais autour de ton autel, ô Éternel!
Pour éclater en actions de grâces, Et raconter toutes tes merveilles.
Éternel! J'aime le séjour de ta maison, Le lieu où ta gloire habite.
N'enlève pas mon âme avec les pécheurs, Ma vie avec les hommes de sang,
Dont les mains sont criminelles Et la droite pleine de présents!
Moi, je marche dans l'intégrité; Délivre-moi et aie pitié de moi!
Mon pied est ferme dans la droiture: Je bénirai l'Éternel dans les assemblées.
Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, Qui ne s'arrête pas sur la voie des pécheurs, Et qui ne s'assied pas en compagnie des moqueurs,
Mais qui trouve son plaisir dans la loi de l'Éternel, Et qui la médite jour et nuit!
Il est comme un arbre planté près d'un courant d'eau, Qui donne son fruit en sa saison, Et dont le feuillage ne se flétrit point: Tout ce qu'il fait lui réussit.
Il n'en est pas ainsi des méchants: Ils sont comme la paille que le vent dissipe.
C'est pourquoi les méchants ne résistent pas au jour du jugement, Ni les pécheurs dans l'assemblée des justes;
Car l'Éternel connaît la voie des justes, Et la voie des pécheurs mène à la ruine.

Cantique de David. L'Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien.
Il me fait reposer dans de verts pâturages, Il me dirige près des eaux paisibles.
Il restaure mon âme, Il me conduit dans les sentiers de la justice, A cause de son nom.
Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi: Ta houlette et ton bâton me rassurent.
Tu dresses devant moi une table, En face de mes adversaires; Tu oins d'huile ma tête, Et ma coupe déborde.
Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront Tous les jours de ma vie, Et j'habiterai dans la maison de l'Éternel Jusqu'à la fin de mes jours.

"Gloire à Dieu, au plus haut des cieux, et Paix sur la terre aux hommes qu'Il aime."
"Souviens-Toi de tes serviteurs qui nous ont précédés, marqués du signe de la foi, et qui dorment dans la Paix"
"Père infiniment bon, toi vers qui montent nos louanges, nous te supplions par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur, d'accepter et de bénir ces offrandes saintes. Nous te les présentons avant tout pour ta sainte Eglise catholique: accorde-lui la Paix et protège-la, daigne la rassembler dans l'unité et la gouverner par toute la terre "
"Pour eux et pour tous ceux qui reposent dans le Christ, nous implorons ta bonté: qu'ils entrent dans la joie, la Paix et la lumière"
"Allez dans la Paix du Christ"
"Tu es vraiment saint, Dieu de l'univers, et toute la création proclame ta louange, car c'est toi qui donnes la vie, c'est toi qui sanctifie toutes choses, par ton Fils, Jésus-Christ, notre Seigneur, avec la puissance de l'Esprit Saint; et tu ne cesses de rassembler ton peuple, afin qu'il te présente partout dans le monde une offrande pure."
"C'est pourquoi nous voici rassemblés devant Toi et dans la communion de toute l'Eglise.."
" Prenez, et buvez-en tous car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l'Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés."
"Regarde, Seigneur, le sacrifice de ton Eglise, et daigne y reconnaître celui de ton Fils qui nous a rétablis dans ton alliance; Quand nous serons nourris de son Corps et de son Sang et remplis de l4esprit Saint, accorde-nous d'être un seul corps et un seul Esprit dans le Chist."
"Ecoute les prières de ta famille assemblée devant toi, et ramène à Toi, Père très aimant, tous tes enfants dispersés."
"Pour nos fréres défunts, pour les hommes qui ont quitté ce monde et dont tu connais la droiture, nous te prions: reçois-les dans ton royaume, où nous espérons être compblés de ta gloire, tous ensemble et pour l'éternité, par le Christ, notre Seigneur, par qui tu donnes au monde toute grâce et tout bien."
"Dans ta miséricorde, tu es venu en aide à tous les hommes pour qu'ils te cherchent et puissent te trouver. Tu as multiplié les alliances avec eux, et tu les as formés, par les prophètes, dans l'espérance du salut."
"..Annonçant aux pauvres la Bonne Nouvelle du salut; aux captifs, la délivrance; aux affligés, la joie"
"Que ce même Esprit Saint, nous t'en prions, Seigneur, sanctifie ces offrandes: qu'elles deviennent ainsi le corps et le sang de ton Fils dans la célébration de ce grand mystère, que lui-même nous a laissé en signe de l'Alliance éternelle."
"Accorde à tous ceux qui vont partager ce Pain et boire à cette coupe d'être rassemblés par l'Esprit Saint en un seul corps, pour qu'ils soient eux-même dans le Christ une vivante offrande à la louange de ta gloire."
"Souviens-Toi aussi de nos frères qui sont morts dans la Paix du Christ, et de tous les morts dont toi seul connais la foi.
"Seigneur Jésus, tu as dit à tes apôtres: "Je vous laisse la Paix, je vous donne ma Paix" , ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Eglise; pour que ta volonté s'accomplisse, donne-lui toujours cette paix, et conduis-la vers l'unité parfaite, Toi qui règnes pour les siècles des siècles."
"Que la Paix du Seigneur soit toujours avec vous."
"Frères, dans la charité du Christ, donnez-vous la Paix."
"Fais que je demeure fidèle à tes commandements et que jamais je ne sois séparé de Toi."
"Allez dans la Paix du Christ"
"Fais que je demeure fidèle à tes commandements et que jamais je ne sois séparé de Toi."
"Père infiniment bon, toi vers qui montent nos louanges, nous te supplions par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur, d'accepter et de bénir ces offrandes saintes. Nous te les présentons avant tout pour ta sainte Eglise catholique: accorde-lui la Paix et protège-la, daigne la rassembler dans l'unité et la gouverner par toute la terre; "
" Prenez, et buvez-en tous car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l'Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés."
Annonçant aux pauvres la Bonne Nouvelle du salut; aux captifs, la délivrance; aux affligés, la joie"
"Voici l'offrande que nous présentons devant toi, nous, tes serviteurs, et ta famille entière: dans ta bienveillance, accepte-la. Assure toi même la paix de notre vie, arrache-nous à la damnation et reçois-nous parmi tes élus".
"Frères, dans la charité du Christ, donnez-vous la Paix."
"Et maintenant, nous te supplions, Seigneur: par le sacrifice qui nous réconcilie avec Toi, Étends au monde entier le salut et la Paix."
"Seigneur Jésus, tu as dit à tes apôtres: "Je vous laisse la Paix, je vous donne ma Paix" , ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Eglise; pour que ta volonté s'accomplisse, donne-lui toujours cette paix, et conduis-la vers l'unité parfaite, Toi qui règnes pour les siècles des siècles."
"Que ce même Esprit Saint, nous t'en prions, Seigneur, sanctifie ces offrandes: qu'elles deviennent ainsi le corps et le sang de ton Fils dans la célébration de ce grand mystère, que lui-même nous a laissé en signe de l'Alliance éternelle."
"Pour eux et pour tous ceux qui reposent dans le Christ, nous implorons ta bonté: qu'ils entrent dans la joie, la Paix et la lumière"
"Souviens-Toi aussi de nos frères qui sont morts dans la Paix du Christ, et de tous les morts dont toi seul connais la foi.
"C'est pourquoi nous voici rassemblés devant Toi et dans la communion de toute l'Eglise.."
"Gloire à Dieu, au plus haut des cieux, et Paix sur la terre aux hommes qu'Il aime."
"Que la Paix du Seigneur soit toujours avec vous."
"Souviens-Toi de tes serviteurs qui nous ont précédés, marqués du signe de la foi, et qui dorment dans la Paix"
"Écoute les prières de ta famille assemblée davant toi, et ramène à Toi, Père très aimant, tous tes enfants dispersés."
"Accorde à tous ceux qui vont partager ce Pain et boire à cette coupe d'être rassemblés par l'Esprit Saint en un seul corps, pour qu'ils soient eux-même dans le Christ une vivante offrande à la louange de ta gloire."
"Pour nos frères défunts, pour les hommes qui ont quitté ce monde et dont tu connais la droiture, nous te prions: reçois-les dans ton royaume, où nous espérons être comblés de ta gloire, tous ensemble et pour l'éternité, par le Christ, notre Seigneur, par qui tu donnes au monde toute grâce et tout bien."
"Dans ta miséricorde, tu es venu en aide à tous les hommes pour qu'ils te cherchent et puissent te trouver. Tu as multiplié les alliances avec eux, et tu les as formés, par les prophètes, dans l'espérance du salut."
"Tu es vraiment saint, Dieu de l'univers, et toute la création proclame ta louange, car c'est toi qui donnes la vie, c'est toi qui sanctifie toutes choses, par ton Fils, Jésus-Christ, notre Seigneur, avec la puissance de l'Esprit Saint; et tu ne cesses de rassembler ton peuple, afin qu'il te présente partout dans le monde une offrande pure."
"Regarde, Seigneur, le sacrifice de ton Eglise, et daigne y reconnaître celui de ton Fils qui nous a rétablis dans ton alliance; Quand nous serons nourris de son Corps et de son Sang et remplis de l'Esprit Saint, accorde-nous d'être un seul corps et un seul Esprit dans le Chist."

Avec Marie, Joseph et les bergers, avec les Mages et la troupe innombrable des humbles adorateurs de l'Enfants nouveau né qui, tout au long des siècles, ont accueilli le mystère de Noël, nous aussi laissons la lumière de ce jour se répandre partout: qu'elle entre dans nos coeurs, qu'elle éclaire et réchauffe nos maisons, qu'elle donne au monde la paix!
Que le Seigneur, qui a resplendir dans le Christ son visage de miséricorde nous comble de son bonheur et nous rende messagers de sa bonté.
Donne la paix à notre terre
Ô Mère de miséricorde,
nous confions à ton coeur et à ton amour
le peuple entier et l'Église de cette terre.
Garde-nous de toute injustice,
de toute division,
de toute violence et de toute guerre.
Garde-nous de la tentation
et de l'esclavage du péché et du mal.
Sois avec nous!
Aide-nous à vaincre le doute par la foi,
l'égoïsme par le service,
l'orgueil par la mansuétude,
la haine par l'amour.
Aide-nous à vivre l'Évangile
et la folie de la Croix
afin de pouvoir ressusciter avec ton Fils
à la vraie vie, avec le Père,
dans l'unité de l'Esprit Saint.
Ô Mère du Christ,
sois notre réconfort
et donne force à tous ceux qui souffrent :
aux pauvres, à ceux qui sont seuls,
aux malades, aux non-aimés, aux abandonnés.
Donne la paix à notre terre divisée;
et à tous, la lumière de l'espérance.
Prière pour la PAIX
Seigneur Jésus, dans ta profonde sagesse,
tu guides ton Église et les nations.
Écoute aujourd'hui notre prière.
Nos langues sont menacées de confusion
comme jadis à la tour de Babel.
Bien que nous soyons les enfants d'un même Père,
nous sommes incapables de nous comporter comme des frères et sœurs,
et voilà que la haine sème encore l'angoisse et engendre la mort.
Donne-nous la paix que promet ton Évangile,
cette paix que le monde ne peut donner.
Enseigne-nous à la construire
comme le fruit de la vérité et de la justice.
Écoute les implorations de ta Mère Marie,
et envoie-nous l'Esprit-Saint
pour qu'il puisse réconcilier les cœurs et les peuples
et les unir dans une seule et grande famille.
Que vienne à nous ton règne d'amour.
Fortifie-nous dans la certitude
que tu resteras avec nous jusqu'à la fin des temps.
Amen!
"Aujourd'hui une grande lumière est descendu sur la Terre"
Seule la "Grande " lumière apparue avec le Christ peut donner aux hommes la Paix véritable. C'est cela Noël . Evénement historique et mystère d'amour qui depuis plus de deux mille ans interpelle les hommes et les femmes de tout temps et de tous lieux. C'est le jour saint ou resplendit la "grande lumière " du Christ porteuse de Paix!
Il est vrai que pour la reconnaître, pour l'accueillir, il faut la loi, il faut l'humilité. L'humilité de Marie, elle qui a cru en la parle du Seigneur et qui, la première, inclinée au-dessus de la mangeoire, à adoré le fruit de son sein; l'humilité de Joseph, qui eut le courage de la foi et préféra obéir à Dieu plutôt que d'avoir soin de sa réputation; l'humilité des bergers, des pauvres bergers anonymes, qui ont accueilli l'annonce du messager céleste et sont allés en hâte vers la grotte où ils ont trouvé l'enfant qui venait de naître, et là, plein d'étonnement, ils l'ont adoré en louant Dieu. Les petits, les pauvres de coeur: voilà les protagonistes de toujours dans l'histoire de Dieu, les bâtisseurs infatigables de son Royaume de justice, d'amour et de Paix.
Ô doux enfants de Bethléem,
Accorde-nous de communier de toute notre âme
Au profond mystère de Noël.
Mets dans le coeur des hommes
Cette paix qu'ils recherchent parfois si âprement
et que toi seul peux leur donner.
Aide-les à se connaître mieux
Et à vivre fraternellement comme les fils d'un même Père.
Découvre-leur aussi ta beauté,
ta sainteté et ta pureté.
Eveille dans leur coeur
l'Amour et la reconnaissance
Pour ton infinie bonté.
Unis-les tous dans ta charité
Et donne-nous ta celeste paix.
Prière de St François d'Assise !
Seigneur,
Faites de moi un instrument de votre paix.
Là où est la haine, que je mette l'amour.
Là où est l'offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l'union.
Là où est l'erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l'espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
Faites que je ne cherche pas tant à être consolé que de consoler,
D'être compris que de comprendre.
D'être aimé que d'aimer.
Parce que
C'est en donnant que l'on reçoit,
C'est en s'oubliant soi-même qu'on se retrouve
C'est en pardonnant qu'on obtient le pardon.
C'est en mourant que l'on ressuscite à l'éternelle vie.

"Ce qu'il faut surtout pour la paix, c'est la compréhension des peuples. Les régimes, nous savons ce que c'est : des choses qui passent. Mais les peuples ne passent pas."
C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix.
C'est en parvenant à nos fins par l'effort, en étant prêt à faire le sacrifice de profits immédiats en faveur du bien-être d'autrui à long terme, que nous parviendrons au bonheur caractérisé par la paix et le contentement authentique.
Le désarmement extérieur passe par le désarmement intérieur. Le seul vrai garant de la paix est en soi.
Il est plus facile de faire la guerre que la paix
"Si l'amour et la paix prévalent, et que nous apprenons à nos enfants à respecter la nature, les joies et les beautés de ce monde ne périront pas."
"Ne nous reposons pas sur nos acquis, mais efforçons-nous de construire la paix, de vouloir que la paix soit dans le coeur et dans l'esprit de chacun."
L'éducation, résolument orientée vers la paix, doit être au coeur de notre action.
La non-violence est une arme puissante et juste, qui tranche sans blesser et ennoblit l'homme qui la manie. C'est une épée qui guérit
"Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé."

La prière est au coeur de l'effort pour l'édification d'une paix dans l'ordre, la justice et la liberté.
Prier pour la paix veut dire ouvrir le coeur humain à l'irruption de la puissance rénovatrice de Dieu.
Par la force vivifiante de sa grâce, Dieu peut créer des ouvertures vers la paix là où il semble qu'il n'y ait qu'obstacle et repli sur soi: il peut consolider et élargir la solidarité entre les membres de la famille humaine, malgré les longs épisodes de divisions et de luttes.
Prier pour la paix signifie prier pour la justice, pour un ordonnancement approprié à l'intérieur des nations et dans leurs relations mutuelles. Cela veut dire aussi prier pour la liberté, spécialement pour la liberté religieuse, qui est un droit humain et civil fondamental pour tout individu.
Prier pour la paix signifie prier pour obtenir le pardon de Dieu et en même temps pour croître dans le courage nécessaires pour être capable à son tour de pardonner les offenses subies.
Agnés Renault Feu et lumière n°204
Actes 9 : L'Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie, s'édifiant et marchant dans la crainte du Seigneur, et elle s'accroissait par l'assistance du Saint Esprit.
Actes 10 : Il a envoyé la parole aux fils d'Israël, en leur annonçant la paix par Jésus Christ, qui est le Seigneur de tous.
Actes 16 : Et le geôlier annonça la chose à Paul : Les préteurs ont envoyé dire qu'on vous relâchât ; maintenant donc sortez, et allez en paix.
Actes 24 : Très excellent Félix, tu nous fais jouir d'une paix profonde, et cette nation a obtenu de salutaires réformes par tes soins prévoyants ; c'est ce que nous reconnaissons en tout et partout avec une entière gratitude.
Colossiens 1 : Aux saints et fidèles frères en Christ qui sont à Colosses ; que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père !
Colossiens 2 : Il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix.
Colossiens 3: Et que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos cœurs. Et soyez reconnaissants.

1 Corinthiens 1 : Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ !
1 Corinthiens 7 : Si le non-croyant se sépare, qu'il se sépare ; le frère ou la sœur ne sont pas liés dans ces cas-là. Dieu nous a appelés à vivre en paix.
1 Corinthiens 14 : Car Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix.
1 Corinthiens 16 : Que personne donc ne le méprise. Accompagnez-le en paix, afin qu'il vienne vers moi, car je l'attends avec les frères.
2 Corinthiens 1 : Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ !
2 Corinthiens 13 : Au reste, frères, soyez dans la joie, perfectionnez-vous, consolez-vous, ayez un même sentiment, vivez en paix ; et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous.

Daniel 4 : Nebucadnetsar, roi, à tous les peuples, aux nations, aux hommes de toutes langues, qui habitent sur toute la terre. Que la paix vous soit donnée avec abondance !
Daniel 6 : Après cela, le roi Darius écrivit à tous les peuples, à toutes les nations, aux hommes de toutes langues, qui habitaient sur toute la terre : Que la paix vous soit donnée avec abondance !
Daniel 10 : Puis il me dit : Ne crains rien, homme bien-aimé, que la paix soit avec toi ! courage, courage ! Et comme il me parlait, je repris des forces, et je dis : Que mon seigneur parle, car tu m'as fortifié.

Deutéronome 20: 10 Quand tu t'approcheras d'une ville pour l'attaquer, tu lui offriras la paix.
Deutéronome 20: 11 Si elle accepte la paix et t'ouvre ses portes, tout le peuple qui s'y trouvera te sera tributaire et asservi.
Deutéronome 20 : 12 Si elle n'accepte pas la paix avec toi et qu'elle veuille te faire la guerre, alors tu l'assiégeras.
Deutéronome 29 : 19 Que personne, après avoir entendu les paroles de cette alliance contractée avec serment, ne se glorifie dans son cœur et ne dise : J'aurai la paix, quand même je suivrai les penchants de mon cœur, et que j'ajouterai l'ivresse à la soif.
Ephésiens 1 : Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ !
Car Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix.
Être des artisans de paix
Telle est la première "tache" du chrétien qui veut vivre conformément à l'Évangile...
Saint François d'Assise a composé une prière:
Galates 1 Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus Christ
Galates 5 : Mais le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance
Galates 6 : Paix et miséricorde sur tous ceux qui suivront cette règle, et sur l'Israël de Dieu !
Hébreux 7 : Et à qui Abraham donna la dîme de tout, -qui est d'abord roi de justice, d'après la signification de son nom, ensuite roi de Salem, c'est-à-dire roi de paix
Hébreux 12 : Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur.
Hébreux 13: Que le Dieu de paix, qui a ramené d'entre les morts le grand pasteur des brebis, par le sang d'une alliance éternelle, notre Seigneur Jésus
Jacques 2 : Et que l'un d'entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez ! Et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ?
Jacques 3 : Le fruit de la justice est semé dans la paix par ceux qui recherchent la paix.
Job 3: 18 Les captifs sont tous en paix, Ils n'entendent pas la voix de l'oppresseur ;
Job 5 : 23 Car tu feras alliance avec les pierres des champs, Et les bêtes de la terre seront en paix avec toi.
Job 21 : 19 Dans leurs maisons règne la paix, sans mélange de crainte ; La verge de Dieu ne vient pas les frapper.
Job 22 : 21Attache-toi donc à Dieu, et tu auras la paix ; Tu jouiras ainsi du bonheur.
« Attache-toi donc à Dieu, et tu auras la paix ; tu jouiras ainsi du bonheur. » Job 21 22
Josué 9: 15 Josué fit la paix avec eux, et conclut une alliance par laquelle il devait leur laisser la vie, et les chefs de l'assemblée le leur jurèrent.
Juges 6: 23 Et l'Éternel lui dit : Sois en paix, ne crains point, tu ne mourras pas.
Juges 6: 23 Gédéon bâtit là un autel à l'Éternel, et lui donna pour nom l'Éternel paix : il existe encore aujourd'hui à Ophra, qui appartenait à la famille d'Abiézer.
Juges 18 : 6 Et le prêtre leur répondit : Allez en paix ; le voyage que vous faites est sous le regard de l'Éternel.
Juges 19 Le vieillard dit : Que la paix soit avec toi ! Je me charge de tous tes besoins, tu ne passeras pas la nuit sur la place.
Juges 21: 13 Toute l'assemblée envoya des messagers pour parler aux fils de Benjamin qui étaient au rocher de Rimmon, et pour leur annoncer la paix.
1 Les Rois 5: 12 L'Éternel donna de la sagesse à Salomon, comme il le lui avait promis. Et il y eut paix entre Hiram et Salomon, et ils firent alliance ensemble.
1 les Rois 22 : 17 Michée répondit : Je vois tout Israël dispersé sur les montagnes, comme des brebis qui n'ont point de berger ; et l'Éternel dit : Ces gens n'ont point de maître, que chacun retourne en paix dans sa maison !
Lévitique 26 : 6 Je mettrai la paix dans le pays, et personne ne troublera votre sommeil ; je ferai disparaître du pays les bêtes féroces, et l'épée ne passera point par votre pays.
Michée 3 : Qui annoncent la paix si leurs dents ont quelque chose à mordre, Et qui publient la guerre si on ne leur met rien dans la bouche
Nahum 1 : Voici sur les montagnes Les pieds du messager qui annonce la paix ! Célèbre tes fêtes, Juda, accomplis tes vœux ! Car le méchant ne passera plus au milieu de toi, Il est entièrement exterminé...
Nombres 26: 6 Que l'Éternel tourne sa face vers toi, et qu'il te donne la paix !
Nombres 25: 12 C'est pourquoi tu diras que je traite avec lui une alliance de paix.
Philémon 1 : Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ !
Philippiens 1 : Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ !
Philippiens 4 : Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus Christ.
Philippiens 4 : Ce que vous avez appris, reçu et entendu de moi, et ce que vous avez vu en moi, pratiquez-le. Et le Dieu de paix sera avec vous.
1 Pierre 1 : Et qui sont élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l'Esprit, afin qu'ils deviennent obéissants, et qu'ils participent à l'aspersion du sang de Jésus Christ : que la grâce et la paix vous soient multipliées !
1 Pierre 3 : Qu'il s'éloigne du mal et fasse le bien, Qu'il recherche la paix et la poursuive
1 Pierre 2 : Saluez-vous les uns les autres par un baiser d'affection. Que la paix soit avec vous tous qui êtes en Christ !
2 Pierre 1 : Que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur !
2 Pierre 3 : C'est pourquoi, bien-aimés, en attendant ces choses, appliquez-vous à être trouvés par lui sans tache et irrépréhensibles dans la paix.
"Psaumes 131 :Je tiens mon âme en Paix et en silence, comme un enfant contre sa mère.
Proverbes 3 : Car ils prolongeront les jours et les années de ta vie, Et ils augmenteront ta paix.
Proverbes 12: La tromperie est dans le coeur de ceux qui méditent le mal, Mais la joie est pour ceux qui conseillent la paix.
Proverbes 17 : Mieux vaut un morceau de pain sec, avec la paix, Qu'une maison pleine de viandes, avec des querelles.
Proverbes 29: Si un homme sage conteste avec un insensé, Il aura beau se fâcher ou rire, la paix n'aura pas lieu.
Romains 1 : à tous ceux qui, à Rome, sont bien-aimés de Dieu, appelés à être saints : que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ !
Romains 2 : Gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien
Romains 5 : Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ
Romains 8 : Et l'affection de la chair, c'est la mort, tandis que l'affection de l'esprit, c'est la vie et la paix
Romains 10 : Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés ? selon qu'il est écrit : Qu'ils sont beaux Les pieds de ceux qui annoncent la paix, De ceux qui annoncent de bonnes nouvelles !
Romains 14 : Car le royaume de Dieu, ce n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint Esprit.
Romains 14 : Ainsi donc, recherchons ce qui contribue à la paix et à l'édification mutuelle
Romains 15 : Que le Dieu de l'espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, pour que vous abondiez en espérance, par la puissance du Saint Esprit !
Romains 15 : Que le Dieu de paix soit avec vous tous ! Amen !
Romains 16 Le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds. Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous
« Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ. »
« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre coeur ne se trouble point, et ne s'alarme point. »
Saint Luc 2 :
Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur S'en aller en paix, selon ta parole.

Saint Marc 9 : Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix les uns avec les autres.
Saint Marc 5 : Mais Jésus lui dit : Ma fille, ta foi t'a sauvée ; va en paix, et sois guérie de ton mal.
Saint Matthieu 5 / 9 :Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu !
Saint Matthieu 10 / 13 : Et, si la maison en est digne, que votre paix vienne sur elle ; mais si elle n'en est pas digne, que votre paix retourne à vous.
Saint Matthieu 5 : Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu !
Saint Matthieu 10 , Si la maison en est digne, que votre paix vienne sur elle ; mais si elle n'en est pas digne, que votre paix retourne à vous.
Samuel 1: 17 Éli reprit la parole, et dit : Va en paix, et que le Dieu d'Israël exauce la prière que tu lui as adressée !
Thessaloniciens 5: Ayez pour eux beaucoup d'affection, à cause de leur œuvre. Soyez en paix entre vous.
Thessaloniciens 5 : Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l'avènement de notre Seigneur Jésus Christ !
2 Thessaloniciens 1 : Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ
2 Thessaloniciens 3 : Que le Seigneur de la paix vous donne lui-même le paix en tout temps, de toute manière ! Que le Seigneur soit avec vous tous !
1 Timothée 1 : à Timothée, mon enfant légitime en la foi : que la grâce, la miséricorde et la paix, te soient données de la part de Dieu le Père et de Jésus Christ notre Seigneur !
2 Timothée 2 : Fuis les passions de la jeunesse, et recherche la justice, la foi, la charité, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d'un cœur pur

Tite 1 : à Tite, mon enfant légitime en notre commune foi : que la grâce et la paix te soient données de la part de Dieu le Père et de Jésus Christ notre Sauveur !
Zacharie 8 : Voici ce que vous devez faire : dites la vérité chacun à son prochain ; jugez dans vos portes selon la vérité et en vue de la paix
Zacharie 8: Ainsi parle l'Éternel des armées : Le jeûne du quatrième mois, le jeûne du cinquième, le jeûne du septième et le jeûne du dixième se changeront pour la maison de Juda en jours d'allégresse et de joie, en fêtes de réjouissance. Mais aimez la vérité et la paix.
Zacharie 9 ; Il annoncera la paix aux nations, Et il dominera d'une mer à l'autre, Depuis le fleuve jusqu'aux extrémités de la terre.

Que la joie qui nous appelle, nous accueille en sa clarté,
Que s'éveille sous son aile, l'allégresse et la beauté.
Plus de haine sur la terre, que renaisse le bonheur,
Tous les hommes sont des frères quand la joie unit les coeurs.
Peuples des cités lointaines qui rayonnent chaque soir,
Sentez-vous vos âmes pleines d'un ardent et noble espoir ?
Luttez-vous pour la justice, êtes-vous déjà vainqueur ?
Ah, qu'un hymne retentisse à vos coeurs mêlant nos coeurs.
Si l'esprit vous illumine, parlez-vous à votre tour,
Dites-nous que tout chemine vers la Paix et vers l'Amour.
Dites-nous que la nature ne sera que joie et fleurs,
Et que la cité future oubliera le temps des pleurs
Parole de Schiller
Musique: Beethoven
onc, l'enfant dessina le roi
Avec un splendide uniforme.
Puis, des bataillons de soldats,
Avec le fusil sur l'épaule.
mit, devant eux, des canons
Montés sur des chariots énormes.
Et, tout au dessus, des avions,
Effrayants comme des fantômes.
nsuite, il s'écria : " Je suis
La paix ! " Alors, dans son étui,
Il prit sa gomme préférée,
t, de quelques coups vigoureux,
Il effaça toute l'armée,
Et ajouta : " Béni soit Dieu ! "
onc, l'enfant dessina le roi
Avec un splendide uniforme.
Puis, des bataillons de soldats,
Avec le fusil sur l'épaule.
mit, devant eux, des canons
Montés sur des chariots énormes.
Et, tout au dessus, des avions,
Effrayants comme des fantômes.
nsuite, il s'écria : " Je suis
La paix ! " Alors, dans son étui,
Il prit sa gomme préférée,
t, de quelques coups vigoureux,
Il effaça toute l'armée,
Et ajouta : " Béni soit Dieu ! "


FAMILLE HUMAINE, COMMUNAUTÉ DE PAIX "La première forme de communion entre des personnes est celle que l'amour suscite entre un homme et une femme décidés à s'unir de façon stable pour construire ensemble une nouvelle famille. Mais les peuples de la terre sont aussi appelés à instaurer entre eux des relations de solidarité et de collaboration, comme il revient aux membres de l'unique famille humaine: « Tous les peuples — a déclaré le Concile Vatican II — forment ensemble une seule communauté, ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter tout le genre humain sur toute la surface de la terre (cf. Ac 17, 26), et ont une seule fin dernière, qui est Dieu » "
"Dans une saine vie familiale, on fait l'expérience de certaines composantes fondamentales de la paix: la justice et l'amour entre frères et sœurs, la fonction d'autorité manifestée par les parents, le service affectueux envers les membres les plus faibles parce que petits, malades ou âgés, l'aide mutuelle devant les nécessités de la vie, la disponibilité à accueillir l'autre et, si nécessaire, à lui pardonner. C'est pourquoi, la famille est la première et irremplaçable éducatrice à la paix. Il n'est donc pas étonnant que la violence, si elle est perpétrée en famille, soit perçue comme particulièrement intolérable. Par conséquent, quand on affirme que la famille est « la cellule première et vitale de la société », on dit quelque chose d'essentiel. La famille est aussi un fondement de la société pour la raison suivante: parce qu'elle permet de faire des expériences déterminantes de paix. Il en découle que la communauté humaine ne peut se passer du service que la famille remplit. Où donc l'être humain en formation pourrait-il apprendre à goûter la « saveur » authentique de la paix mieux que dans le « nid » originel que la nature lui prépare? Le lexique familial est un lexique de paix; c'est là qu'il est nécessaire de toujours puiser pour ne pas perdre l'usage du vocabulaire de la paix. Dans l'inflation des langages, la société ne peut pas perdre la référence à cette « grammaire » que tout enfant apprend des gestes et des regards de sa mère et de son père, avant même que de l'apprendre de leurs paroles."
Par conséquent, celui qui, même inconsciemment, entrave l'institution familiale rend fragile la paix dans la communauté tout entière, nationale et internationale, parce qu'il affaiblit ce qui, de fait, est la principale «agence» de paix. C'est là un point qui mérite une réflexion particulière: tout ce qui contribue à affaiblir la famille fondée sur le mariage d'un homme et d'une femme, ce qui directement ou indirectement freine sa disponibilité à accueillir de manière responsable une nouvelle vie, ce qui entrave son droit à être la première responsable de l'éducation des enfants, constitue un obstacle objectif sur le chemin de la paix. La famille a besoin de logement, de travail et d'une juste reconnaissance de l'activité domestique des parents, de l'école pour les enfants, de l'assistance médicale de base pour tous. Quand la société et la politique ne s'engagent pas à aider la famille dans ces domaines, elles se privent d'une ressource essentielle au service de la paix. En particulier, les moyens de communication sociale, par les potentialités éducatives dont ils disposent, ont une responsabilité spéciale pour promouvoir le respect de la famille, pour illustrer ses attentes et ses droits, pour mettre en évidence sa beauté.
Pour vivre en paix, la communauté sociale est aussi appelée à s'inspirer des valeurs sur lesquelles se fonde la communauté familiale. Cela vaut pour les communautés locales comme pour les communautés nationales; cela vaut plus encore pour la communauté des peuples elle-même, pour la famille humaine qui vit dans la maison commune qu'est la terre. Dans cette perspective cependant, on ne peut oublier que la famille naît du « oui » responsable et définitif d'un homme et d'une femme, et qu'elle vit du « oui » conscient des enfants qui viennent peu à peu en faire partie. Pour prospérer, la communauté familiale a besoin de l'accord généreux de tous ses membres. Il est nécessaire que cette conscience devienne aussi une conviction partagée par ceux qui sont appelés à former la commune famille humaine. Il faut savoir dire son propre « oui » à la vocation que Dieu a inscrite dans notre nature elle-même. Nous ne vivons pas les uns à côté des autres par hasard; nous parcourons tous un même chemin comme hommes et donc comme frères et sœurs. Aussi est-il essentiel que chacun s'engage à vivre sa propre existence dans une attitude de responsabilité devant Dieu, reconnaissant en Lui la source originaire de sa propre existence comme de celle d'autrui. C'est en remontant à ce Principe suprême que peut être perçue la valeur inconditionnelle de tout être humain, et que peuvent être ainsi posées les conditions pour l'édification d'une humanité pacifiée. Sans ce Fondement transcendant, la société est seulement un conglomérat de voisins, non une communauté de frères et de sœurs, appelés à former une grande famille.
La famille a besoin d'une maison, d'un milieu à sa mesure où puissent se tisser des relations entre ses membres. S'agissant de la famille humaine, cette maison c'est la terre, le milieu que Dieu Créateur nous a donné pour que nous y habitions de manière créative et responsable. Nous devons avoir soin de l'environnement: il a été confié à l'homme pour qu'il le garde et le protège dans une liberté responsable, en ayant toujours en vue, comme critère d'appréciation, le bien de tous. L'être humain a évidemment une primauté de valeur sur toute la création. Respecter l'environnement ne veut pas dire que l'on considère la nature matérielle ou animale comme plus importante que l'homme. Cela veut plutôt dire que l'individu ne peut la considérer de manière égoïste comme étant à l'entière disposition de ses propres intérêts, car les générations à venir ont aussi le droit de tirer bénéfices de la création, exerçant à son égard, la même liberté responsable que nous revendiquons pour nous-mêmes. Il ne faut pas non plus que les pauvres soient oubliés, eux qui, en bien des cas, sont exclus de la destination universelle des biens de la création. De nos jours, l'humanité s'inquiète pour l'avenir de l'équilibre écologique. À cet égard, il convient que les évaluations se fassent avec prudence, dans un dialogue entre experts et sages, sans précipitations idéologiques vers des conclusions hâtives et surtout en recherchant ensemble un modèle de développement durable qui garantisse le bien-être de tous dans le respect des équilibres écologiques. Si la protection de l'environnement a des coûts, il faut qu'ils soient répartis de manière juste, en tenant compte des différences de développement des divers pays et de la solidarité avec les générations futures. Agir avec prudence ne signifie pas ne pas prendre en main ses responsabilités et renvoyer à plus tard les décisions; cela veut plutôt dire s'engager à prendre ensemble ces décisions, non sans avoir au préalable examiné, de manière responsable, la voie à emprunter, dans le but de renforcer l'alliance entre l'être humain et l'environnement, qui doit être le miroir de l'amour créateur de Dieu, de qui nous venons et vers qui nous allons.
8. Il est fondamental à cet égard de « penser » la terre comme « notre maison commune » et, pour qu'elle soit au service de tous, d'opter, quand il s'agit de la gérer, pour la voie du dialogue plutôt que pour celle des choix unilatéraux. Si cela est nécessaire, on peut accroître les lieux institutionnels au niveau international, pour mener à bien, de manière concertée, le gouvernement de cette « maison » qui est nôtre; toutefois, il importe d'abord de faire mûrir dans les consciences la conviction qu'il nous faut collaborer ensemble de manière responsable. Les problèmes qui se profilent à l'horizon sont complexes et urgents. Pour affronter cette situation avec efficacité, il convient d'agir de manière concertée. Il est un domaine où il serait en particulier nécessaire d'intensifier le dialogue entre les nations, c'est celui de la gestion des ressources énergétiques de la planète. À cet égard, les pays technologiquement avancés sont confrontés à une double urgence: il faut, d'une part, qu'ils revoient leurs habitudes exagérées en matière de consommation, liées au modèle actuel de développement et que, d'autre part, ils pourvoient aux investissements adaptés en vue de la diversification des sources d'énergie et de l'amélioration de son utilisation. Les pays émergents ont de grands besoins énergétiques, mais il arrive que ces besoins soient satisfaits au détriment des pays pauvres qui, à cause de l'insuffisance de leurs infrastructures même sur le plan technologique, sont obligés de vendre à bas prix les ressources énergétiques dont ils disposent. Parfois, leur liberté politique elle-même est mise en cause par des formes de protectorat ou tout au moins de conditionnement qui apparaissent clairement humiliantes.
. Une condition essentielle de la paix dans les familles est que celles-ci s'appuient sur le fondement solide de valeurs spirituelles et éthiques communes. Mais il faut aussi ajouter que la famille fait une authentique expérience de paix quand chacun de ses membres est assuré d'avoir le nécessaire et quand le patrimoine familial — fruit du travail de certains, de l'épargne d'autres et de l'active collaboration de tous — est bien géré, dans la solidarité, sans excès ni gaspillage. Pour qu'il y ait la paix dans la famille, il faut donc que, d'une part, il y ait une ouverture à un patrimoine transcendant de valeurs et que, d'autre part — et cela n'est pas moins important —, il y ait en même temps une bonne gestion tant des biens matériels que des relations entre les personnes. Négliger ces aspects a pour conséquence que la confiance réciproque est compromise en raison des incertitudes qui menacent l'avenir du noyau familial.
10. On peut appliquer ces réflexions à l'autre grande famille qu'est l'humanité dans son ensemble. Alors qu'elle connaît aujourd'hui une unité plus grande du fait de la mondialisation, la famille humaine a, elle aussi, besoin, en plus du fondement de valeurs communes, d'une économie qui puisse répondre vraiment aux exigences d'un bien commun de dimension planétaire. À cet égard, la référence à la famille naturelle se révèle aussi particulièrement significative. Il faut promouvoir des relations justes et sincères entre les individus et entre les peuples, afin que, sur un plan d'égalité et de justice, tous puissent être en mesure de collaborer. En même temps, il faut que l'on mette tout en œuvre pour assurer une sage utilisation des ressources et une distribution équitable des richesses. En particulier, les aides données aux pays pauvres doivent répondre à des critères d'une saine logique économique, en évitant les gaspillages qui, finalement, conduisent surtout au maintien d'appareils bureaucratiques coûteux. Il convient encore de ne pas perdre de vue l'exigence morale, de faire en sorte que l'organisation économique ne résulte pas uniquement des lois rigoureuses du gain immédiat, qui peuvent s'avérer inhumaines.
Une famille vit en paix si tous ceux qui la composent se plient à une norme commune: cela permet de contrecarrer l'individualisme égoïste et de créer des liens entre chacun de ses membres, favorisant ainsi leur coexistence harmonieuse et leur collaboration dans un but commun. En soi évident, ce critère vaut aussi pour les communautés plus larges: allant du niveau local, national, jusqu'à la communauté internationale elle-même. Pour qu'il y ait la paix, il faut une loi commune, qui permette à la liberté d'être vraiment elle-même, et non pas un arbitraire aveugle, et qui protège le faible des abus du plus fort. Dans la famille des peuples, on observe de nombreux comportements arbitraires, que ce soit à l'intérieur des États ou dans les relations mutuelles entre les États. Il existe en outre bien des situations où le faible est obligé de s'incliner non pas devant les exigences de la justice mais devant la seule force de celui qui a plus de moyens que lui. Répétons-le: la force doit toujours être disciplinée par la loi et cela doit se vérifier aussi dans les relations entre États souverains.
12. À bien des reprises, l'Église s'est prononcée sur la nature et la fonction de la loi: la norme juridique, qui régule les rapports entre les personnes, en disciplinant les comportements extérieurs et en prévoyant aussi des sanctions pour ceux qui transgressent ces dispositions, a comme critère la norme morale fondée sur la nature des choses. La raison humaine est en outre capable de la discerner au moins au niveau des exigences fondamentales, en remontant à la Raison créatrice de Dieu, qui est à l'origine de tout. Cette norme morale doit réguler les choix des consciences et orienter tous les comportements des êtres humains. Existe-t-il des normes juridiques pour les rapports entre les nations qui forment la famille humaine? Et, si elles existent, sont-elles efficaces? La réponse est oui, ces normes existent, mais pour qu'elles soient vraiment efficaces il faut remonter à la norme morale naturelle, fondement de la norme juridique, sinon cette dernière reste soumise à des consensus fragiles et éphémères.
13. La connaissance de la norme morale naturelle n'est pas réservée à l'homme qui rentre en lui-même et qui, face à sa destinée, s'interroge sur la logique interne des aspirations les plus profondes qu'il discerne en lui. Non sans perplexité ni incertitudes, il peut arriver à découvrir, au moins dans ses lignes essentielles, cette loi morale commune qui, au-delà des différences culturelles, permet aux êtres humains de se comprendre entre eux en ce qui concerne les aspects les plus importants du bien et du mal, du juste et de l'injuste. Il est indispensable de revenir à cette loi fondamentale et de consacrer à cette recherche le meilleur de nos énergies intellectuelles, sans se laisser décourager par les équivoques ou les sous-entendus. De fait, des valeurs enracinées dans la loi naturelle sont présentes, même si c'est de manière fragmentaire et pas toujours cohérente, sont présentes dans les accords internationaux, dans les formes d'autorité universellement reconnues, dans les principes du droit humanitaire reçus dans les législations des États ou dans les statuts des Organismes internationaux. L'humanité n'est pas « sans loi ». Il est toutefois urgent de poursuivre le dialogue sur ces questions, faisant en sorte que les États parviennent dans leurs législations à une reconnaissance convergente des droits humains fondamentaux. Le progrès de la culture juridique dans le monde dépend entre autre de l'engagement visant à rendre plus effectives les normes internationales ayant un contenu profondément humain, afin d'éviter qu'elles ne se réduisent à des procédures faciles à contourner pour des motifs égoïstes ou idéologiques.
De nos jours, l'humanité vit malheureusement de grandes divisions et de durs conflits qui jettent de sombres perspectives sur son avenir. De vastes régions de la planète connaissent des tensions croissantes, et le danger que de plus en plus de pays deviennent détenteurs de l'arme nucléaire suscite de légitimes appréhensions chez toute personne responsable. On assiste encore aujourd'hui à de nombreuses guerres civiles dans le continent africain, même si l'on y observe, pour un certain nombre de pays, des progrès dans la liberté et dans la démocratie. Le Moyen-Orient reste le théâtre de conflits et d'attentats qui ont des conséquences sur les nations et les régions limitrophes, risquant de les entraîner dans la spirale de la violence. D'une manière plus générale, on doit constater avec regret que le nombre des États qui sont pris dans la course aux armements est en augmentation: même des nations en voie de développement consacrent une part importante de leur maigre produit intérieur à l'achat d'armes. Ce funeste commerce se développe grâce à de multiples responsabilités: il y a les pays du monde industrialisé, qui tirent de gros profits de cette vente d'armes et il y a les oligarchies dominantes en de nombreux pays pauvres, qui veulent renforcer leur position par l'achat d'armes toujours plus sophistiquées. En des temps si difficiles, il est vraiment nécessaire que se mobilisent toutes les personnes de bonne volonté pour que soient trouvés des accords concrets en vue d'une démilitarisation efficace, surtout en ce qui concerne les armes nucléaires. Alors que le processus de non-prolifération nucléaire se voit ralenti, je me sens obligé d'exhorter les Autorités à reprendre avec une détermination plus ferme les négociations visant au démantèlement progressif et concerté des armes nucléaires existantes. En renouvelant cet appel, je sais que je me fais l'écho du vœu que forment tous ceux qui ont à cœur l'avenir de l'humanité.
15. Il y a pratiquement soixante ans l'Organisation des Nations unies rendait solennellement publique la Déclaration universelle des Droits de l'homme (1948-2008). Par ce document, la famille humaine a voulu réagir aux horreurs de la Deuxième Guerre mondiale en reconnaissant son unité fondée sur l'égale dignité de tous les hommes et en mettant au centre de la convivialité humaine le respect des droits fondamentaux de tout individu et de tout peuple: ce fut là un pas décisif sur le difficile et exigeant chemin vers la concorde et la paix. Il est bon aussi de mentionner la célébration du 25e anniversaire de l'adoption par le Saint-Siège de la Charte des droits de la famille (1983-2008), ainsi que le 40e anniversaire de la célébration de la première Journée mondiale de la Paix (1968-2008). Fruit d'une intuition providentielle du Pape Paul VI, poursuivie avec une grande conviction par mon vénéré prédécesseur le Pape Jean-Paul II, la célébration de cette Journée a permis à l'Église, au fil des années, de développer, à travers les Messages publiés à cette occasion, une doctrine lumineuse en faveur de ce bien humain fondamental. À la lumière de ces célébrations significatives, j'invite tous les hommes et toutes les femmes à prendre une conscience plus claire de leur appartenance commune à l'unique famille humaine et à s'employer pour que la convivialité sur la terre soit toujours davantage le reflet de cette conviction, dont dépend l'instauration d'une paix véritable et durable. J'invite aussi les croyants à implorer Dieu inlassablement, pour qu'il accorde le grand don de la paix. Quant aux chrétiens, ils savent qu'ils peuvent se confier à l'intercession de Celle qui, étant la Mère du Fils de Dieu qui s'est fait chair pour le salut de l'humanité tout entière, est notre Mère à tous.
À tous, j'offre mes vœux d'heureuse année nouvelle!
Du Vatican, le 8 décembre 2007.
MESSAGE DE SA SAINTETÉ
BENOÎT XVI
POUR LA CÉLÉBRATION DE LA
JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX
1er JANVIER 2008
De nos jours, l'humanité vit malheureusement de grandes divisions et de durs conflits qui jettent de sombres perspectives sur son avenir.
De vastes régions de la planète connaissent des tensions croissantes, et le danger que de plus en plus de pays deviennent détenteurs de l'arme nucléaire suscite de légitimes appréhensions chez toute personne responsable.
On assiste encore aujourd'hui à de nombreuses guerres civiles dans le continent africain, même si l'on y observe, pour un certain nombre de pays, des progrès dans la liberté et dans la démocratie.
Le Moyen-Orient reste le théâtre de conflits et d'attentats qui ont des conséquences sur les nations et les régions limitrophes, risquant de les entraîner dans la spirale de la violence.
D'une manière plus générale, on doit constater avec regret que le nombre des États qui sont pris dans la course aux armements est en augmentation: même des nations en voie de développement consacrent une part importante de leur maigre produit intérieur à l'achat d'armes.
Ce funeste commerce se développe grâce à de multiples responsabilités: il y a les pays du monde industrialisé, qui tirent de gros profits de cette vente d'armes et il y a les oligarchies dominantes en de nombreux pays pauvres, qui veulent renforcer leur position par l'achat d'armes toujours plus sophistiquées.
En des temps si difficiles, il est vraiment nécessaire que se mobilisent toutes les personnes de bonne volonté pour que soient trouvés des accords concrets en vue d'une démilitarisation efficace, surtout en ce qui concerne les armes nucléaires.
Alors que le processus de non-prolifération nucléaire se voit ralenti, je me sens obligé d'exhorter les Autorités à reprendre avec une détermination plus ferme les négociations visant au démantèlement progressif et concerté des armes nucléaires existantes.
En renouvelant cet appel, je sais que je me fais l'écho du vœu que forment tous ceux qui ont à cœur l'avenir de l'humanité.
Il y a pratiquement soixante ans l'Organisation des Nations unies rendait solennellement publique la Déclaration universelle des Droits de l'homme (1948-2008).
Par ce document, la famille humaine a voulu réagir aux horreurs de la Deuxième Guerre mondiale en reconnaissant son unité fondée sur l'égale dignité de tous les hommes et en mettant au centre de la convivialité humaine le respect des droits fondamentaux de tout individu et de tout peuple: ce fut là un pas décisif sur le difficile et exigeant chemin vers la concorde et la paix.
Il est bon aussi de mentionner la célébration du 25e anniversaire de l'adoption par le Saint-Siège de la Charte des droits de la famille (1983-2008), ainsi que le 40e anniversaire de la célébration de la première Journée mondiale de la Paix (1968-2008). Fruit d'une intuition providentielle du Pape Paul VI, poursuivie avec une grande conviction par mon vénéré prédécesseur le Pape Jean-Paul II, la célébration de cette Journée a permis à l'Église, au fil des années, de développer, à travers les Messages publiés à cette occasion, une doctrine lumineuse en faveur de ce bien humain fondamental.
À la lumière de ces célébrations significatives, j'invite tous les hommes et toutes les femmes à prendre une conscience plus claire de leur appartenance commune à l'unique famille humaine et à s'employer pour que la convivialité sur la terre soit toujours davantage le reflet de cette conviction, dont dépend l'instauration d'une paix véritable et durable.
J'invite aussi les croyants à implorer Dieu inlassablement, pour qu'il accorde le grand don de la paix. Quant aux chrétiens, ils savent qu'ils peuvent se confier à l'intercession de Celle qui, étant la Mère du Fils de Dieu qui s'est fait chair pour le salut de l'humanité tout entière, est notre Mère à tous.
À tous, j'offre mes vœux d'heureuse année nouvelle!
MESSAGE DE SA SAINTETÉ
BENOÎT XVI
POUR LA CÉLÉBRATION DE LA
JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX
1er JANVIER 2008
Du Vatican, le 8 décembre 2007.
"La première forme de communion entre des personnes est celle que l'amour suscite entre un homme et une femme décidés à s'unir de façon stable pour construire ensemble une nouvelle famille.
Mais les peuples de la terre sont aussi appelés à instaurer entre eux des relations de solidarité et de collaboration, comme il revient aux membres de l'unique famille humaine: « Tous les peuples — a déclaré le Concile Vatican II — forment ensemble une seule communauté, ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter tout le genre humain sur toute la surface de la terre (cf. Ac 17, 26), et ont une seule fin dernière, qui est Dieu ».
Du MESSAGE DE SA SAINTETÉ BENOÎT XVI POUR LA CÉLÉBRATION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX 1er JANVIER 2008
Une condition essentielle de la paix dans les familles est que celles-ci s'appuient sur le fondement solide de valeurs spirituelles et éthiques communes.
Mais il faut aussi ajouter que la famille fait une authentique expérience de paix quand chacun de ses membres est assuré d'avoir le nécessaire et quand le patrimoine familial — fruit du travail de certains, de l'épargne d'autres et de l'active collaboration de tous — est bien géré, dans la solidarité, sans excès ni gaspillage.
Pour qu'il y ait la paix dans la famille, il faut donc que, d'une part, il y ait une ouverture à un patrimoine transcendant de valeurs et que, d'autre part — et cela n'est pas moins important —, il y ait en même temps une bonne gestion tant des biens matériels que des relations entre les personnes.
Négliger ces aspects a pour conséquence que la confiance réciproque est compromise en raison des incertitudes qui menacent l'avenir du noyau familial.
On peut appliquer ces réflexions à l'autre grande famille qu'est l'humanité dans son ensemble.
Alors qu'elle connaît aujourd'hui une unité plus grande du fait de la mondialisation, la famille humaine a, elle aussi, besoin, en plus du fondement de valeurs communes, d'une économie qui puisse répondre vraiment aux exigences d'un bien commun de dimension planétaire.
À cet égard, la référence à la famille naturelle se révèle aussi particulièrement significative. Il faut promouvoir des relations justes et sincères entre les individus et entre les peuples, afin que, sur un plan d'égalité et de justice, tous puissent être en mesure de collaborer.
En même temps, il faut que l'on mette tout en œuvre pour assurer une sage utilisation des ressources et une distribution équitable des richesses.
En particulier, les aides données aux pays pauvres doivent répondre à des critères d'une saine logique économique, en évitant les gaspillages qui, finalement, conduisent surtout au maintien d'appareils bureaucratiques coûteux.
Il convient encore de ne pas perdre de vue l'exigence morale, de faire en sorte que l'organisation économique ne résulte pas uniquement des lois rigoureuses du gain immédiat, qui peuvent s'avérer inhumaines.
La famille a besoin d'une maison, d'un milieu à sa mesure où puissent se tisser des relations entre ses membres.
S'agissant de la famille humaine, cette maison c'est la terre, le milieu que Dieu Créateur nous a donné pour que nous y habitions de manière créative et responsable.
Nous devons avoir soin de l'environnement: il a été confié à l'homme pour qu'il le garde et le protège dans une liberté responsable, en ayant toujours en vue, comme critère d'appréciation, le bien de tous.
L'être humain a évidemment une primauté de valeur sur toute la création.
Respecter l'environnement ne veut pas dire que l'on considère la nature matérielle ou animale comme plus importante que l'homme.
Cela veut plutôt dire que l'individu ne peut la considérer de manière égoïste comme étant à l'entière disposition de ses propres intérêts, car les générations à venir ont aussi le droit de tirer bénéfices de la création, exerçant à son égard, la même liberté responsable que nous revendiquons pour nous-mêmes.
Il ne faut pas non plus que les pauvres soient oubliés, eux qui, en bien des cas, sont exclus de la destination universelle des biens de la création.
De nos jours, l'humanité s'inquiète pour l'avenir de l'équilibre écologique.
À cet égard, il convient que les évaluations se fassent avec prudence, dans un dialogue entre experts et sages, sans précipitations idéologiques vers des conclusions hâtives et surtout en recherchant ensemble un modèle de développement durable qui garantisse le bien-être de tous dans le respect des équilibres écologiques.
Si la protection de l'environnement a des coûts, il faut qu'ils soient répartis de manière juste, en tenant compte des différences de développement des divers pays et de la solidarité avec les générations futures.
Agir avec prudence ne signifie pas ne pas prendre en main ses responsabilités et renvoyer à plus tard les décisions; cela veut plutôt dire s'engager à prendre ensemble ces décisions, non sans avoir au préalable examiné, de manière responsable, la voie à emprunter, dans le but de renforcer l'alliance entre l'être humain et l'environnement, qui doit être le miroir de l'amour créateur de Dieu, de qui nous venons et vers qui nous allons.
Il est fondamental à cet égard de « penser » la terre comme « notre maison commune » et, pour qu'elle soit au service de tous, d'opter, quand il s'agit de la gérer, pour la voie du dialogue plutôt que pour celle des choix unilatéraux.
Si cela est nécessaire, on peut accroître les lieux institutionnels au niveau international, pour mener à bien, de manière concertée, le gouvernement de cette « maison » qui est nôtre; toutefois, il importe d'abord de faire mûrir dans les consciences la conviction qu'il nous faut collaborer ensemble de manière responsable.
Les problèmes qui se profilent à l'horizon sont complexes et urgents. Pour affronter cette situation avec efficacité, il convient d'agir de manière concertée.
Il est un domaine où il serait en particulier nécessaire d'intensifier le dialogue entre les nations, c'est celui de la gestion des ressources énergétiques de la planète.
À cet égard, les pays technologiquement avancés sont confrontés à une double urgence: il faut, d'une part, qu'ils revoient leurs habitudes exagérées en matière de consommation, liées au modèle actuel de développement et que, d'autre part, ils pourvoient aux investissements adaptés en vue de la diversification des sources d'énergie et de l'amélioration de son utilisation.
Les pays émergents ont de grands besoins énergétiques, mais il arrive que ces besoins soient satisfaits au détriment des pays pauvres qui, à cause de l'insuffisance de leurs infrastructures même sur le plan technologique, sont obligés de vendre à bas prix les ressources énergétiques dont ils disposent.
Parfois, leur liberté politique elle-même est mise en cause par des formes de protectorat ou tout au moins de conditionnement qui apparaissent clairement humiliantes.
Une famille vit en paix si tous ceux qui la composent se plient à une norme commune: cela permet de contrecarrer l'individualisme égoïste et de créer des liens entre chacun de ses membres, favorisant ainsi leur coexistence harmonieuse et leur collaboration dans un but commun.
En soi évident, ce critère vaut aussi pour les communautés plus larges: allant du niveau local, national, jusqu'à la communauté internationale elle-même.
Pour qu'il y ait la paix, il faut une loi commune, qui permette à la liberté d'être vraiment elle-même, et non pas un arbitraire aveugle, et qui protège le faible des abus du plus fort.
Dans la famille des peuples, on observe de nombreux comportements arbitraires, que ce soit à l'intérieur des États ou dans les relations mutuelles entre les États.
Il existe en outre bien des situations où le faible est obligé de s'incliner non pas devant les exigences de la justice mais devant la seule force de celui qui a plus de moyens que lui.
Répétons-le: la force doit toujours être disciplinée par la loi et cela doit se vérifier aussi dans les relations entre États souverains.
À bien des reprises, l'Église s'est prononcée sur la nature et la fonction de la loi: la norme juridique, qui régule les rapports entre les personnes, en disciplinant les comportements extérieurs et en prévoyant aussi des sanctions pour ceux qui transgressent ces dispositions, a comme critère la norme morale fondée sur la nature des choses.
La raison humaine est en outre capable de la discerner au moins au niveau des exigences fondamentales, en remontant à la Raison créatrice de Dieu, qui est à l'origine de tout.
Cette norme morale doit réguler les choix des consciences et orienter tous les comportements des êtres humains. Existe-t-il des normes juridiques pour les rapports entre les nations qui forment la famille humaine? Et, si elles existent, sont-elles efficaces?
La réponse est oui, ces normes existent, mais pour qu'elles soient vraiment efficaces il faut remonter à la norme morale naturelle, fondement de la norme juridique, sinon cette dernière reste soumise à des consensus fragiles et éphémères.
La connaissance de la norme morale naturelle n'est pas réservée à l'homme qui rentre en lui-même et qui, face à sa destinée, s'interroge sur la logique interne des aspirations les plus profondes qu'il discerne en lui.
Non sans perplexité ni incertitudes, il peut arriver à découvrir, au moins dans ses lignes essentielles, cette loi morale commune qui, au-delà des différences culturelles, permet aux êtres humains de se comprendre entre eux en ce qui concerne les aspects les plus importants du bien et du mal, du juste et de l'injuste.
Il est indispensable de revenir à cette loi fondamentale et de consacrer à cette recherche le meilleur de nos énergies intellectuelles, sans se laisser décourager par les équivoques ou les sous-entendus.
De fait, des valeurs enracinées dans la loi naturelle sont présentes, même si c'est de manière fragmentaire et pas toujours cohérente, sont présentes dans les accords internationaux, dans les formes d'autorité universellement reconnues, dans les principes du droit humanitaire reçus dans les législations des États ou dans les statuts des Organismes internationaux. L'humanité n'est pas « sans loi ».
Il est toutefois urgent de poursuivre le dialogue sur ces questions, faisant en sorte que les États parviennent dans leurs législations à une reconnaissance convergente des droits humains fondamentaux.
Le progrès de la culture juridique dans le monde dépend entre autre de l'engagement visant à rendre plus effectives les normes internationales ayant un contenu profondément humain, afin d'éviter qu'elles ne se réduisent à des procédures faciles à contourner pour des motifs égoïstes ou idéologiques.
Famille, communauté humaine et loi morale
Une famille vit en paix si tous ceux qui la composent se plient à une norme commune: cela permet de contrecarrer l'individualisme égoïste et de créer des liens entre chacun de ses membres, favorisant ainsi leur coexistence harmonieuse et leur collaboration dans un but commun. En soi évident, ce critère vaut aussi pour les communautés plus larges: allant du niveau local, national, jusqu'à la communauté internationale elle-même. Pour qu'il y ait la paix, il faut une loi commune, qui permette à la liberté d'être vraiment elle-même, et non pas un arbitraire aveugle, et qui protège le faible des abus du plus fort. Dans la famille des peuples, on observe de nombreux comportements arbitraires, que ce soit à l'intérieur des États ou dans les relations mutuelles entre les États. Il existe en outre bien des situations où le faible est obligé de s'incliner non pas devant les exigences de la justice mais devant la seule force de celui qui a plus de moyens que lui. Répétons-le: la force doit toujours être disciplinée par la loi et cela doit se vérifier aussi dans les relations entre États souverains.
12. À bien des reprises, l'Église s'est prononcée sur la nature et la fonction de la loi: la norme juridique, qui régule les rapports entre les personnes, en disciplinant les comportements extérieurs et en prévoyant aussi des sanctions pour ceux qui transgressent ces dispositions, a comme critère la norme morale fondée sur la nature des choses. La raison humaine est en outre capable de la discerner au moins au niveau des exigences fondamentales, en remontant à la Raison créatrice de Dieu, qui est à l'origine de tout. Cette norme morale doit réguler les choix des consciences et orienter tous les comportements des êtres humains. Existe-t-il des normes juridiques pour les rapports entre les nations qui forment la famille humaine? Et, si elles existent, sont-elles efficaces? La réponse est oui, ces normes existent, mais pour qu'elles soient vraiment efficaces il faut remonter à la norme morale naturelle, fondement de la norme juridique, sinon cette dernière reste soumise à des consensus fragiles et éphémères.
13. La connaissance de la norme morale naturelle n'est pas réservée à l'homme qui rentre en lui-même et qui, face à sa destinée, s'interroge sur la logique interne des aspirations les plus profondes qu'il discerne en lui. Non sans perplexité ni incertitudes, il peut arriver à découvrir, au moins dans ses lignes essentielles, cette loi morale commune qui, au-delà des différences culturelles, permet aux êtres humains de se comprendre entre eux en ce qui concerne les aspects les plus importants du bien et du mal, du juste et de l'injuste. Il est indispensable de revenir à cette loi fondamentale et de consacrer à cette recherche le meilleur de nos énergies intellectuelles, sans se laisser décourager par les équivoques ou les sous-entendus. De fait, des valeurs enracinées dans la loi naturelle sont présentes, même si c'est de manière fragmentaire et pas toujours cohérente, sont présentes dans les accords internationaux, dans les formes d'autorité universellement reconnues, dans les principes du droit humanitaire reçus dans les législations des États ou dans les statuts des Organismes internationaux. L'humanité n'est pas « sans loi ». Il est toutefois urgent de poursuivre le dialogue sur ces questions, faisant en sorte que les États parviennent dans leurs législations à une reconnaissance convergente des droits humains fondamentaux. Le progrès de la culture juridique dans le monde dépend entre autre de l'engagement visant à rendre plus effectives les normes internationales ayant un contenu profondément humain, afin d'éviter qu'elles ne se réduisent à des procédures faciles à contourner pour des motifs égoïstes ou idéologiques.
Jean Paul II , 1 er Janvier 1998
Famille, société et paix"Dans une saine vie familiale, on fait l'expérience de certaines composantes fondamentales de la paix: la justice et l'amour entre frères et sœurs, la fonction d'autorité manifestée par les parents, le service affectueux envers les membres les plus faibles parce que petits, malades ou âgés, l'aide mutuelle devant les nécessités de la vie, la disponibilité à accueillir l'autre et, si nécessaire, à lui pardonner.
C'est pourquoi, la famille est la première et irremplaçable éducatrice à la paix.
Il n'est donc pas étonnant que la violence, si elle est perpétrée en famille, soit perçue comme particulièrement intolérable.
Par conséquent, quand on affirme que la famille est « la cellule première et vitale de la société », on dit quelque chose d'essentiel.
La famille est aussi un fondement de la société pour la raison suivante: parce qu'elle permet de faire des expériences déterminantes de paix.
Il en découle que la communauté humaine ne peut se passer du service que la famille remplit.
Où donc l'être humain en formation pourrait-il apprendre à goûter la « saveur » authentique de la paix mieux que dans le « nid » originel que la nature lui prépare?
Le lexique familial est un lexique de paix; c'est là qu'il est nécessaire de toujours puiser pour ne pas perdre l'usage du vocabulaire de la paix.
Dans l'inflation des langages, la société ne peut pas perdre la référence à cette « grammaire » que tout enfant apprend des gestes et des regards de sa mère et de son père, avant même que de l'apprendre de leurs paroles."
Par conséquent, celui qui, même inconsciemment, entrave l'institution familiale rend fragile la paix dans la communauté tout entière, nationale et internationale, parce qu'il affaiblit ce qui, de fait, est la principale «agence» de paix.
C'est là un point qui mérite une réflexion particulière: tout ce qui contribue à affaiblir la famille fondée sur le mariage d'un homme et d'une femme, ce qui directement ou indirectement freine sa disponibilité à accueillir de manière responsable une nouvelle vie, ce qui entrave son droit à être la première responsable de l'éducation des enfants, constitue un obstacle objectif sur le chemin de la paix.
La famille a besoin de logement, de travail et d'une juste reconnaissance de l'activité domestique des parents, de l'école pour les enfants, de l'assistance médicale de base pour tous. Quand la société et la politique ne s'engagent pas à aider la famille dans ces domaines, elles se privent d'une ressource essentielle au service de la paix.
En particulier, les moyens de communication sociale, par les potentialités éducatives dont ils disposent, ont une responsabilité spéciale pour promouvoir le respect de la famille, pour illustrer ses attentes et ses droits, pour mettre en évidence sa beauté.
L'humanité est une grande famillePour vivre en paix, la communauté sociale est aussi appelée à s'inspirer des valeurs sur lesquelles se fonde la communauté familiale.
Cela vaut pour les communautés locales comme pour les communautés nationales; cela vaut plus encore pour la communauté des peuples elle-même, pour la famille humaine qui vit dans la maison commune qu'est la terre.
Dans cette perspective cependant, on ne peut oublier que la famille naît du « oui » responsable et définitif d'un homme et d'une femme, et qu'elle vit du « oui » conscient des enfants qui viennent peu à peu en faire partie.
Pour prospérer, la communauté familiale a besoin de l'accord généreux de tous ses membres. Il est nécessaire que cette conscience devienne aussi une conviction partagée par ceux qui sont appelés à former la commune famille humaine.
Il faut savoir dire son propre « oui » à la vocation que Dieu a inscrite dans notre nature elle-même.
Nous ne vivons pas les uns à côté des autres par hasard; nous parcourons tous un même chemin comme hommes et donc comme frères et sœurs.
Aussi est-il essentiel que chacun s'engage à vivre sa propre existence dans une attitude de responsabilité devant Dieu, reconnaissant en Lui la source originaire de sa propre existence comme de celle d'autrui.
C'est en remontant à ce Principe suprême que peut être perçue la valeur inconditionnelle de tout être humain, et que peuvent être ainsi posées les conditions pour l'édification d'une humanité pacifiée.
Sans ce Fondement transcendant, la société est seulement un conglomérat de voisins, non une communauté de frères et de sœurs, appelés à former une grande famille.
Le sage change d'avis et le sot s'entête
"Autant le mot est léger pour celui qui le jette, autant il est lourd pour celui qui le reçoit"
Faute avouée est à moitié pardonnée
"Il ne faut pas juger de l'arbre par l'écorce"
"Mieux vaut en paix un oeuf Qu'en guerre un boeuf".
La paix nourrit, le trouble consume
La paix avec un gourdin dans la main, c'est la guerre.
Du pain en temps de paix est meilleur que du gâteau en temps de guerre
"L'amour ne pleure jamais comme pleure le sang"
"Avec tes ennemis, patiente, et avec tes amis pardonne"
"La langue qui fourche fait plus de mal que le pied qui trébuche"
"L'erreur n'annule pas la valeur de l'effort accompli"
"Pour qu'un enfant grandisse, il faut tout un village"
"Si tu as de nombreuses richesses donne ton bien ; si tu possède peu, donne ton coeur"
"Ne te lasse pas de crier ta joie d'être en vie et tu n'entendras plus d'autres cris"
Il n'y a pas de plus grand bonheur que la venue d'un hôte dans la paix et l'amitié.
"Si on a perdu de l'argent, on n'a rien perdu ; si on a perdu les amis, on a perdu la moitié de ce que l'on a et si on a perdu l'espoir, on a tout perdu"
"Un ami dans le besoin reste un ami"
"Aimer la patrie comme l'aigle son nid"
"Qui donne ne doit jamais s'en souvenir. Qui reçoit ne doit jamais oublier"
"Celui qui se tait le premier dans une dispute est le plus digne de louange"
"Le mensonge n'a qu'une jambe, la vérité en a deux"
"Pour tomber on se débrouille seul, mais pour se relever la main d'un ami est nécessaire"
"Ca ne sert à rien de convoiter une chose qui n'est pas à nous"
"La vérité n'est bonne à rien quand elle découvre les fautes d'autrui"
"Celui qui enseigne le bien aux autres, sans le faire, est semblable à l'aveugle qui porterait une lanterne"
"Parmi les hommes, le plus faible est celui qui ne sait pas garder un secret. Le plus fort, celui qui maîtrise sa colère, le plus patient, celui qui cache sa pauvreté, le plus riche, celui qui se contente de la part que Dieu lui a faite"
"Qui t'accuse ou te loue sans sujet, n'importe : il ne t'aime pas"
"Quand une besogne est faite, on ne demande pas combien elle a duré ; mais on demande qu'elle soit bien faite"
"Ne charge pas un seul jour des soucis de toute une année, tu n'es pas sûr du jour entier, et tu t'inquiètes de l'année entière"
"Le doute gâte la foi, comme le sel gâte le miel"
"Il n'y a qu'un vilain homme qui puisse prêter la main à l'oppresseur contre l'opprimé"
"Les affaires ne cheminent bien que par les hommes de coeur, comme la meule ne tourne bien que sur un pivot de fer"
"Si l'autorité n'a pas d'oreille pour écouter, elle n'a pas de tête pour gouverner"
"Quand il y a de la place dans le coeur, il y en a dans la maison"
"Il faut prêter à Dieu et à la terre ; ils paient de gros intérêts"
"Qui veut moucher autrui doit avoir les doigts propres !"
"Assis sur les genoux d'une mère pauvre, tout enfant est riche"
"Ce qui te déplait en moi amende-le en toi"
"Heureux celui qui oublie ce qu'on ne peut plus changer"
"De votre ami, dites du bien, de votre ennemi, ne dites rien"
"Les amis sont comme les cordes de violon : il ne faut pas trop les tendre"
"La richesse amassée est un fumier puant ; la richesse répandue est un engrais fertile"
"Une petite maison en ruine vaut mieux qu'un palais en commun"
L'arbre du silence porte les fruits de la paix.
"Le monde est du côté de celui qui est debout
"Dans la nuit noire, sur la pierre noire, une fourmi noire. Dieu la voit"
"Un grand parleur n'aime pas à en trouver un autre"
"L'encre du savant est aussi précieuse que le sang du martyr"
"Si tu veux que quelqu'un n'existe plus, cesse de le regarder"
"Une parole douce peut ouvrir même les portes de fer"
"La terre est la seule amie de l'homme"
"Ce qui est tordu dure jusqu'à demain, mais ce qui est droit dure toute l'éternité"
"Quand une parole est lâchée, même quatre chevaux seraient en peine pour la rattraper"
"L'eau renversée est difficile à rattraper"
"La porte la mieux fermée est celle qu'on peut laisser ouverte"
Paix et tranquillité, voilà le bonheur
"Pour bien faire, mille jours ne sont pas suffisants, pour faire mal, un jour suffit amplement"
"Les gens heureux n'ont pas besoin de se presser"
"Un ami c'est une route, un ennemi c'est un mur"
"Connaître son ignorance est la meilleure part de la connaissance"
"Quand on suit quelqu'un de bon, on apprend à devenir bon ; quand on suit un tigre, on apprend à mordre"
"Point n'est besoin d'élever la voix quand on a raison"
"Il n'y a pas de place pour deuxpieds dans une même chaussure"
"N'ajoutez pas à vos maux un remède pire que le mal"
Nous ne voulons pas de richesses. Nous voulons la paix et l'amour
"Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d'y rester"
"Ne blâme pas Dieu d'avoir créé le tigre, mais remercie-le de ne pas lui avoir donné d'ailes"
"De la discussion jaillit la lumière"
"Le dard du mépris perce l'écaille de la tortue"
"Ne coupe pas les ficelles quand tu pourrais défaire les noeuds"
"Le monde semble sombre quand on a les yeux fermés"
"La perle est sans valeur dans sa propre coquille"
"Le monde flatte l'éléphant et piétine la fourmi"
"On peut fendre un rocher ; on ne peut pas toujours attendrir un coeur"
"Nul n'est parfait ici-bas ; le soleil lui-même a ses taches"
"Le diable même a besoin d'un compagnon"
Nous ne voulons pas de richesses. Nous voulons la paix et l'amour
Il ne faut pas montrer les fautes d'autrui avec un doigt sale
"Une fois que le bateau a coulé, tout le monde sait comment on aurait pu le sauver"
"Ne suivez jamais les traces du malheur, il pourrait bien se retourner et faire volte-face"
"On apprend peu par la victoire, mais beaucoup par la défaite"
"D'un homme orgueilleux, Dieu dit : Lui et moi ne pouvons cohabiter dans le monde"
"Demande un conseil à ton ennemi et fais le contraire"
"La vérité sort de la bouche des enfants"
"Etre content de son sort, voilà la plus grande richesse"
"Le sage n'affirme rien qu'il ne puisse prouver"
"Des goûts et des couleurs il ne faut pas disputer"
"Qui trouve un ami, trouve un trésor"
"Autant d'hommes, autant d'avis différents"
"La preuve incombe à celui qui affirme"
"Tu vaudras aux yeux des autres ce que tu seras à tes yeux"
"Personne ne doit être juge de sa propre cause, parce qu'on ne peut être juge et partie"
"Mieux vaut perdre un peu d'argent qu'un peu d'amitié"
"Ne repoussez pas du pied la pirogue qui vous a aidé à traverser la rivière"
"Les paroles retentissent plus loin que le fusil"
"Nier l'existence de Dieu, c'est sauter les yeux fermés"
"Dans la mare des mensonges, il ne nage que des poissons morts"
" Qui jette des orties chez son voisin les verra pousser dans son jardin"
"En parlant peu, tu entends davantage"
"La parole n'est pas un moineau ; une fois envolée, tu ne la rattraperas plus"
"Même au paradis, il serait insupportable de vivre seul"
"Cinquante brebis sans un berger ne font pas un troupeau"
"N'accroche pas tout au même clou"
"Ce n'est pas la loi qu'il faut craindre, mais le juge"
"Si chacun balayait devant sa porte, comme la ville serait propre"
"Tel qui creuse un fossé pour autrui, y tombe... lui-même"
"Les défauts sont épais là où l'amour est mince"
"Humble comme un agneau, diligente comme une abeille, belle comme un oiseau de paradis, fidèle comme une tourterelle"
"Si l'animal est reconnaissant, comment l'homme ne le serait-il pas ?"
"Ne cherche pas à abaisser le malheureux ; un jour vient où Dieu le relève"
"Il y a des paroles qui ressemblent à des confitures salées"
"Sois maître de qui ne t'aime pas et esclave de qui t'aime"
"L'homme est plus dur que le fer, plus solide que le roc et plus fragile qu'une rose"
"L'arme est l'ennemie de son maître"
"Où est une âme, là est l'espérance""
"Celui qui cherche un ami sans défaut reste sans ami"
La Paix entre les Peuples
Le pape évoquait la joie de Noël et de la Sainte-Famille, en ajoutant : « la vraie joie ne peut être isolée sans s’affaiblir ni s’éteindre. À vous tous donc, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, aux Peuples et aux Gouvernements que vous représentez dignement, à vos chères familles, à vos Collaborateurs, j’adresse mes vœux de joie chrétienne. Qu’elle soit la joie de la fraternité universelle apportée par le Christ, une joie riche des vraies valeurs et ouverte au partage généreux. Qu’elle vous accompagne et qu’elle grandisse chaque jour de l’année qui vient de commencer ».
« Nous nous sentons ainsi comme unis dans une mission commune, qui nous place toujours face à de nouveaux et formidables défis, disait le pape. Toutefois, nous les affrontons avec confiance, dans la volonté de nous soutenir mutuellement - chacun selon sa propre tâche -, tournés vers de grands buts communs ».
Il soulignait : « J’ai dit « notre mission commune ». Et quelle est-elle sinon la paix ?
L’Église ne fait rien d’autre que de répandre le message du Christ, venu - comme l’écrit l’Apôtre Paul dans la Lettre aux Éphésiens - pour annoncer la paix à ceux qui étaient loin et à ceux qui étaient proches (cf. 2, 17). Et vous, éminents représentants diplomatiques de vos peuples, en raison de votre statut (cf. Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, 18 avril 1961, art. 3, 1, e), vous avez entre autres la noble tâche suivante : promouvoir des relations internationales amicales. C’est bien d’elles en réalité que la paix se nourrit ».
Benoît XVI citait son Message pour la journée mondiale de la Paix, le 1er janvier dernier en disant : « La paix - nous le constatons douloureusement - reste en de nombreuses parties du monde entravée, blessée ou menacée. Quel est le chemin vers la paix ? Dans le message que j’ai adressé pour la célébration de la Journée mondiale de la Paix de cette année, j’ai estimé pouvoir affirmer : « Là où l’homme se laisse éclairer par la splendeur de la vérité, il entreprend presque naturellement le chemin de la paix » (n. 3). Dans la vérité, la paix ».
Le pape se réjouissait de constater, dans le monde actuel ,« un effort courageux et tenace en faveur de la paix de la part de beaucoup d’hommes et de nombreuses institutions ».
- « l’engagement pour la vérité est l’âme de la justice », le pape faisait observer : « Celui qui est engagé pour la vérité ne peut pas ne pas refuser la loi du plus fort, qui vit de mensonge et qui, au niveau national et international, a tant de fois émaillé de tragédies l’histoire des hommes ».
Benoit XVI , 9 JANVIER 2006 , Zenit.org, 2006.
Il est si facile de laisser s'élever une querelle!
Et si difficile de faire régner la Paix !
La Paix est un combat !
Chacun de nous en fait l'expérience dans sa propre vie, au plan personnel, en famille, sur son lieu de travail ..
Et dans le monde aujourd'hui, qu'un des foyers de haine vienne à s'enflammer et le monde est en feu au risque de disparaître.
Quelles sont donc les armes de ce combat pour la Paix ?
Jean Paul II , dans son discours pour la journée mondiale de la paix le 1 er janvier 2002, nous dit: "Justice et Pardon"
Une autre arme de poids mise en oeuvre le 14 janvier à Assise: une résolution commune des responsables religieux: plus jamais la guerre au nom de Dieu!
Soyons des instruments de paix en pratiquant le sommet de l'amour: le pardon qui peut aller jusqu'à donner sa vie.
Agnés Renault
La Paix s'apprend :
Jeunes ! Soyez des bâtisseurs de paix !
Résistez aux facilités qui endorment dans la médiocrités!
Suivez les voies de la gratuité, de la joie de vivre et du partage!
MESSAGE DU PAPE JEAN PAUL II
POUR PARVENIR À LA PAIX, ÉDUQUER À LA PAIX
1er janvier 1979
A vous tous qui désirez la paix!
La grande cause de la paix entre les peuples a besoin de toutes les énergies de paix présentes au cœur de l'homme. C'est à les libérer et à les cultiver - à les éduquer - que mon prédécesseur Paul VI a voulu, peu avant sa mort, que soit consacrée la Journée mondiale 1979:
" POUR PARVENIR À LA PAIX, ÉDUQUER À LA PAIX "
Tout au long de son pontificat, Paul VI a marché avec vous sur les chemins difficiles de la paix. Il partageait vos angoisses quand elle était menacée. Il souffrait avec ceux que submergeaient les malheurs de la guerre. Il encourageait tous les efforts pour restaurer la paix. Il entretenait en toutes circonstances l'espérance, avec une indomptable énergie.
Convaincu que la paix est l'oeuvre de tous, il avait lancé en 1967 l'idée d'une Journée Mondiale de la Paix, en souhaitant que vous vous en empariez comme d'une initiative qui vous serait propre. Chaque année, depuis lors, son Message offrait aux responsables des nations et des organisations internationales l'occasion de renouveler et d'exprimer publiquement ce qui légitime leur autorité: faire progresser et cohabiter dans la paix des hommes libres, justes et fraternels. Les communautés les plus diverses se rencontraient pour fêter le bien inestimable de la paix et pour affirmer leur volonté de la défendre et de la servir.
Je recueille des mains de mon vénéré prédécesseur le bâton de pèlerin de la paix. Je suis sur la route, à vos côtés, avec l'Evangile de la paix. " Bienheureux les artisans de paix ". Je vous invite à célébrer au début de l'année 1979 la Journée Mondiale en la plaçant, selon les ultimes désirs de Paul VI, sous le signe de l'éducation à la paix.
Une aspiration incoercible
Parvenir à la paix: c'est le résumé et le couronnement de toutes nos aspirations.
La paix, nous le pressentons, est plénitude et elle est joie. Pour la réaliser entre les pays, on multiplie les tentatives dans les échanges bilatéraux ou multilatéraux, dans les conférences internationales, et certains prennent personnellement de courageuses initiatives pour établir la paix ou écarter la menace d'une nouvelle guerre.
Une confiance ébranlée
Mais en même temps, on observe que les personnes comme les groupes n'en finissent pas de régler leurs conflits secrets ou publics. La paix serait-elle donc un idéal hors de nos prises ? Le spectacle quotidien des guerres, des tensions, des divisions sème le doute et le découragement. Des foyers de discorde et de haine semblent même attisés artificiellement par certains qui n'en font pas les frais.
Et trop souvent les gestes de paix sont dérisoirement impuissants à changer le cours des choses, quand ils ne sont pas emportés et finalement récupérés par la logique dominante de l'exploitation et de la violence.
Ici, la timidité et la difficulté des réformes nécessaires empoisonnent les relations entre les groupes humains pourtant unis par une longue ou exemplaire histoire commune; de nouvelles volontés de puissance inclinent à recourir à la contrainte du nombre ou à la force brutale pour dénouer la situation, sous le regard impuissant, parfois intéressé et complice, d'autres pays, proches ou lointains; les plus forts comme les plus faibles ne font plus confiance aux patientes procédures de la paix.
Ailleurs, la crainte d'une paix mal assurée, des impératifs militaires et politiques, des intérêts économiques et commerciaux entraînent la constitution d'arsenaux ou la vente d'armes d'une capacité effrayante de destruction: la course aux armements prévaut alors sur les grandes tâches pacifiques qui devraient unir les peuples dans une solidarité nouvelle, nourrit des conflits sporadiques mais meurtriers et accumule les menaces les plus graves. C'est vrai: à première vue, la cause de la paix souffre d'un handicap désespérant.
Des paroles de paix ...
Et pourtant, dans presque tous les discours publics, au niveau des nations ou des instances internationales, on a rarement autant parlé de paix, de détente, d'entente, de solutions raisonnables des conflits, conformes à la justice. La paix est devenue le slogan qui rassure ou veut séduire. C'est, en un sens, un fait positif : l'opinion publique des nations ne souffrirait plus que l'on fasse l'apologie de la guerre ni même que l'on prenne le risque d'une guerre offensive.
... aux convictions de paix
Mais pour relever le défi qui s'impose à toute l'humanité, face à la rude tâche de la paix, il faut plus que des paroles, sincères ou démagogiques. Notamment au niveau des hommes politiques, des milieux ou des centres dont dépendent plus ou moins directement, plus ou moins secrètement, les pas décisifs pour la paix ou au contraire le prolongement des guerres ou des situations de violence, il faut que pénètre le véritable esprit de paix.
Il faut, au minimum, que l'on consente à s'appuyer sur quelques principes élémentaires mais fermes, tels que ceux-ci.
Les affaires des hommes doivent être traitées avec humanité, et non par la violence. Les tensions, les contentieux et les conflits doivent être réglés par des négociations raisonnables, et non par la force. Les oppositions idéologiques doivent se confronter dans un climat de dialogue et de libre discussion. Les intérêts légitimes de groupes déterminés doivent aussi tenir compte des intérêts légitimes des autres groupes concernés et des exigences du bien commun supérieur. Le recours aux armes ne saurait être considéré comme l'instrument propre à solutionner les conflits. Les droits humains imprescriptibles doivent être sauvegardés en toute circonstance.
Il n'est pas permis de tuer pour imposer une solution.
Ces principes d'humanité, chaque homme de bonne volonté peut les retrouver dans sa propre conscience. Ils correspondent à la volonté de Dieu sur les hommes. Pour qu'ils deviennent des convictions chez les puissants et chez les faibles, et qu'ils imprègnent toute l'action, il faut leur redonner toute leur force. Il y faut, à tous les niveaux, une patiente et longue éducation.
1. REMPLIR NOS REGARDS DE VISIONS DE PAIX
Pour vaincre ce sentiment spontané d'impuissance, la tâche et le bienfait premier d'une éducation digne de ce nom est de porter le regard au-delà des tristes évidences immédiates, ou plutôt, d'apprendre à reconnaître, au coeur même des déferlements de la violence qui tue, le cheminement discret de la paix qui jamais ne renonce, qui inlassablement guérit les blessures, qui maintient et fait progresser la vie. La marche vers la paix apparaîtra dès lors possible et désirable, forte et déjà victorieuse.
Une relecture de l'histoire
Apprenons d'abord à relire l'histoire des peuples et de l'humanité selon des schémas plus vrais que ceux de l'enchaînement des guerres et des révolutions.
Assurément le bruit des batailles domine l'histoire. Mais ce sont les répits de la violence qui ont permis de réaliser ces oeuvres culturelles durables dont s'honore l'humanité.
Bien plus, si l'on a pu trouver, dans les guerres et les révolutions elles-mêmes, des facteurs de vie et de progrès, ceux-ci venaient d'aspirations d'un autre ordre que la violence: des aspirations de nature spirituelle, telles que la volonté de voir reconnue une dignité commune à toute l'humanité, de sauver l'âme et la liberté d'un peuple.
Là où de telles aspirations étaient présentes, elles opéraient comme un régulateur au sein même des conflits, elles empêchaient des cassures irrémédiables, elles maintenaient une espérance, elles préparaient une chance nouvelle pour la paix.
Là où elles faisaient défaut ou s'altéraient dans l'exaltation de la violence, elles laissaient le champ à la logique de la destruction qui a conduit à des régressions économiques et culturelles durables et à la mort de civilisations entières. Responsables des peuples, sachez vous éduquer vous-mêmes à l'amour de la paix, en discernant et en faisant ressortir dans les grandes pages de l'histoire nationale l'exemple de vos prédécesseurs dont la gloire a été de faire germer des fruits de paix. " Bienheureux les artisans de paix... ".
L'estime des grandes tâches pacifiques d'aujourd'hui
Aujourd'hui vous contribuerez à l'éducation de la paix en donnant le plus de relief possible aux grandes tâches pacifiques qui s'imposent à la famille humaine.
Dans vos efforts pour parvenir à une gestion raisonnable et solidaire de l'environnement et du patrimoine communs de l'humanité, à l'éradication de la misère qui écrase des millions d'hommes, à l'affermissement d'institutions susceptibles d'exprimer et de faire grandir l'unité de la famille humaine au niveau régional et mondial, les hommes découvriront l'appel fascinant de la paix qui est réconciliation entre eux et réconciliation avec leur univers naturel.
En encourageant contre toutes les démagogies ambiantes la recherche de modes de vie plus simples, moins livrés aux poussées tyranniques des instincts de possession, de consommation, de domination, plus accueillants aux rythmes profonds de la créativité personnelle et de l'amitié, vous ouvrirez pour vous-mêmes et pour tous un espace immense aux possibilités insoupçonnées de la paix.
Le rayonnement de multiples exemples de paix
Autant est inhibant pour l'individu le sentiment que les efforts modestes en faveur de la paix, dans la zone restreinte des responsabilités de chacun, sont rendus vains par les grands débats politiques mondiaux prisonniers d'une logique de simples rapports de forces et de course aux armements, autant est libérateur le spectacle d'instances internationales convaincues des possibilités de la paix et attachées passionnément à construire la paix.
L'éducation à la paix peut alors bénéficier aussi d'un intérêt renouvelé pour les exemples quotidiens des simples artisans de paix à tous les niveaux: ces individus et ces foyers qui, par la maîtrise de leurs passions, par l'acceptation et le respect mutuels, conquièrent leur propre paix intérieure et la rayonnent; ces peuples, souvent pauvres et éprouvés, dont la sagesse millénaire s'est forgée autour du bien suprême de la paix, qui ont su résister souvent aux séductions trompeuses de progrès rapides acquis par la violence, convaincus que de tels gains porteraient les germes empoisonnés de nouveaux conflits.
Oui, sans ignorer le drame des violences, remplissons nos regards et ceux des jeunes générations de ces visions de paix: elles exerceront une attraction décisive.
Surtout, elles libéreront l'aspiration à la paix qui est constitutive de l'homme. Ces énergies neuves feront inventer un nouveau langage de paix et de nouveaux gestes de paix.
2. PARLER UN LANGAGE DE PAIX
Le langage est fait pour exprimer les pensées du coeur et pour unir.
Mais quand il est prisonnier de schémas préfabriqués, il entraîne à son tour le coeur sur ses propres pentes. II faut donc agir sur le Iangage pour agir sur le coeur et déjouer les pièges du langage.
Il est facile de relever à quel point l'ironie acerbe et la dureté dans les jugements, dans la critique des autres et surtout de l'"étranger", la contestation et la revendication systématiques envahissent les relations parlées et étouffent avec la charité sociale la justice elle même.
A force de tout exprimer en termes de rapports de forces, de luttes de groupes et de classes, d'amis et d'ennemis, on crée le terrain propice aux barrières sociales, au mépris, voire à la haine et au terrorisme et à leur apologie sournoise ou ouverte.
D'un coeur acquis à la valeur supérieure de la paix surgissent au contraire le souci d'écouter et de comprendre, le respect de l'autre, la douceur qui est force véritable, la confiance.
Un tel langage met sur la voie de l'objectivité, de la vérité, de la paix.
Grande est sur ce point la tâche éducative des moyens de communication sociale.
Et influente aussi la façon dont on s'exprime dans les échanges et les débats des confrontations politiques, nationales et internationales. Responsables des nations et responsables des organisations internationales, sachez trouver un langage neuf, un langage de paix: il ouvre par lui-même un nouvel espace à la paix.
3. POSER DES GESTES DE PAIX
Ce que libèrent des visions de paix, ce que sert un langage de paix doit s'exprimer dans des gestes de paix.
Faute de quoi les convictions naissantes s'évaporent et le langage de paix devient une rhétorique vite discréditée.
Très nombreux peuvent être les artisans de paix s'ils prennent conscience de leurs possibilités et de leurs responsabilités.
C'est la pratique de la paix qui entraîne à la paix. Elle apprend à ceux qui cherchent le trésor de la paix que le trésor se révèle et s'offre à ceux qui réalisent modestement, au jour le jour, toutes les paix dont ils sont capables.
Parents, éducateurs et jeunes
Parents et éducateurs, aidez les enfants et les jeunes à faire l'expérience de la paix dans les mille actions quotidiennes qui sont à leur portée, en famille, à l'école, dans le jeu, la camaraderie, le travail en équipe, la compétition sportive, les multiples conciliations et réconciliations nécessaires.
L'Année internationale de l'Enfant, que les Nations Unies ont proclamée pour 1979, devrait attirer l'attention de tous sur la contribution originale des enfants eux-mêmes à la paix.
Jeunes, soyez des bâtisseurs de paix. Vous êtes des artisans à part entière de cette grande oeuvre commune.
Résistez aux facilités qui endorment dans la médiocrité triste, et aux violences stériles où veulent vous utiliser parfois des adultes qui ne sont pas en paix avec eux-mêmes. Suivez les voies où vous pousse votre sens de la gratuité, de la joie de vivre, du partage. Vous aimez investir vos énergies neuves - qui échappent aux a priori discriminatoires - dans des rencontres fraternelles par-delà les frontières, dans l'apprentissage des langues étrangères qui facilitent la communication, dans le service désintéressé des pays les plus démunis.
Vous êtes les premières victimes de la guerre qui brise votre élan. Vous êtes la chance de la paix.
Partenaires sociaux
Partenaires de la vie professionnelle et sociale, la paix est souvent pour vous laborieuse à réaliser. Il n'y a pas de paix sans justice et sans liberté, sans un engagement courageux pour promouvoir l'une et l'autre.
La force alors exigée doit être patiente sans résignation ni démission, ferme sans provocation, prudente pour préparer activement les progrès souhaitables sans dissiper les énergies en flambées d'indignation violente vite retombées.
Contre les injustices et les oppressions, la paix est amenée à se frayer un chemin dans l'adoption d'une action résolue.
Mais cette action doit déjà porter la marque du but qu'elle vise, à savoir une meilleure acceptation mutuelle des personnes et des groupes.
Elle trouvera une régulation dans la volonté de paix qui vient du plus profond de l'homme, dans les aspirations et la législation des peuples.
C'est cette capacité de paix, cultivée, disciplinée, qui rend lucide pour trouver aux tensions et aux conflits eux-mêmes les répits nécessaires pour développer sa logique féconde et constructive. Ce qui se passe dans la vie sociale interne des pays a une répercussion considérable - pour le meilleur et pour le pire - sur la paix entre les nations.
Hommes politiques
Mais, il faut y insister à nouveau, ces multiples gestes de paix risquent d'être découragés et en partie annihilés par une politique internationale qui ne trouverait pas, à son niveau, la même dynamique de paix.
Hommes politiques, responsables des peuples et des organisations internationales, je vous exprime mon estime sincère et j'apporte mon entier soutien à vos efforts souvent harassants pour maintenir ou rétablir la paix.
Bien plus, conscient qu'il y va du bonheur et même de la survie de l'humanité, et persuadé de la grave responsabilité qui m'incombe de donner écho à l'appel capital du Christ: "Bienheureux les artisans de paix", j'ose vous encourager à aller plus loin.
Ouvrez de nouvelles portes à la paix.
Faites tout ce qui est en votre pouvoir pour faire prévaloir la voie du dialogue sur celle de la force.
Que cela trouve d'abord une application au plan intérieur: comment des peuples peuvent-ils promouvoir vraiment la paix internationale s'il sont eux-mêmes prisonniers d'idéologies selon lesquelles la justice et la paix ne s'obtiennent qu'en réduisant à l'impuissance ceux qui, déjà d'avance, sont considérés comme indignes d'être des artisans de leur propre sort ou des coopérateurs valables du bien commun?
Dans les pourparlers avec les parties adverses, soyez persuadés que l'honneur et l'efficience ne se mesurent pas au degré d'inflexibilité dans la défense des intérêts, mais à la capacité de respect, de vérité, de bienveillance et de fraternité des partenaires, disons, à leur humanité.
Posez des gestes de paix, même audacieux, qui rompent avec les enchaînements fatals et avec le poids des passions héritées de l'histoire; puis tissez patiemment la trame politique, économique et culturelle de la paix.
Créez - l'heure est propice et le temps presse - des zones toujours plus larges de désarmement.
Ayez le courage de réexaminer en profondeur la troublante question du commerce des armes.
Sachez détecter à temps et régler dans la sérénité les conflits latents avant qu'ils ne réveillent les passions.
Donnez des cadres institutionnels appropriés aux solidarités régionales et mondiales. Renoncez à utiliser, au service des conflits d'intérêts, des valeurs légitimes, voire spirituelles, qui s'y dégradent en les durcissant.
Veillez à ce que la légitime passion communicative des idées s'exerce par la voie de la persuasion et non sous la pression des menaces et des armes.
En posant des gestes résolus de paix, vous libérerez les aspirations vraies des peuples et vous trouverez en elles des alliés puissants pour travailler au développement pacifique de tous. Vous vous éduquerez vousmêmes à la paix, vous éveillerez en vous des convictions fermes et une nouvelle capacité d'initiative au service de la grande cause de la paix.
L'importance de la foi
Toute cette éducation à la paix - entre les peuples, dans son propre pays, dans son milieu, en soi même - est proposée à tous les hommes de bonne volonté, comme le rappelle l'encyclique Pacem in terris du Pape Jean XXIII.
Elle est, à des degrés divers, à leur portée. Et comme " la paix sur la terre ... ne peut se , fonder ni s'affermir que dans le respect absolu de l'ordre établi par Dieu " (Encyclique citée, AAS 55, 1963, p. 257), les croyants trouvent dans leur religion des lumières, des appels, des forces, pour oeuvrer à l'éducation de la paix.
Le véritable sentiment religieux ne peut que promouvoir la vraie paix.
Les pouvoirs publics, en reconnaissant comme il se doit la liberté religieuse, favorisent l'épanouissement de l'esprit de paix, au plus profond des coeurs et dans les institutions éducatives promues par les croyants.
Les chrétiens, pour leur part, sont spécialement éduqués par le Christ et entraînés par Lui à être des artisans de paix: " Bienheureux ceux qui font la paix, car ils seront appelés fils de Dieu " (Matthieu 5, 9; cf. Luc 10, 5, etc.).
Au terme de ce Message, on comprendra que je porte une attention particulière aux fils de l'Eglise, pour encourager leur contribution à la paix et la situer dans le grand Dessein de Paix, révélé par Dieu en Jésus-Christ. L'apport spécifique des chrétiens et de l'Eglise à l'oeuvre commune sera d'autant plus assuré qu'il se nourrira à ses sources propres, à son espérance propre.
La vision chrétienne de la paix
Chers Frères et Soeurs dans le Christ, l'aspiration à la paix que vous partagez avec tous les hommes correspond à un appel initial de Dieu à former une même famille de frères, créés à l'image du même Père.
La Révélation insiste sur notre liberté et notre solidarité. Les difficultés que nous rencontrons dans la marche vers la paix sont liées en partie à notre faiblesse de créatures, dont les pas sont nécessairement lents et progressifs; elles sont aggravées par nos égoïsmes, par nos péchés de toute sorte, depuis ce péché des origines qui a marqué une rupture avec Dieu, entraînant une rupture entre frères.
L'image de la Tour de Babel décrit bien la situation. Mais nous croyons que Jésus-Christ, par le don de sa vie sur la croix, est devenu notre Paix: il a renversé le mur de haine qui séparait les frères ennemis (Ephésiens 2, 14). Ressuscité et entré dans la gloire du Père, il nous associe mystérieusement à sa Vie: nous réconciliant avec Dieu, il répare les blessures du péché et de la division et nous rend capables d'inscrire dans nos sociétés une ébauche de l'unité qu'il rétablit en nous.
Les plus fidèles disciples du Christ ont été des artisans de paix, jusqu'à pardonner à leurs ennemis, jusqu'à offrir parfois leur propre vie pour eux.
Leur exemple trace la voie à une humanité nouvelle qui ne se contente plus de compromis provisoires, mais réalise la plus profonde des fraternités. Nous savons que notre marche vers la paix sur terre, sans perdre sa consistance naturelle ni ses propres difficultés, est englobée à l'intérieur d'une autre marche, celle du salut, qui s'achève dans une plénitude éternelle de paix, dans une communion totale avec Dieu.
Ainsi le Royaume de Dieu, Royaume de paix, avec sa propre source, ses moyens et sa fin, pénètre déjà toute l'activité terrestre sans s'y diluer. Cette vision de foi a un impact profond sur l'action quotidienne des chrétiens.
Le dynamisme de la paix
Certes, nous avançons sur les chemins de la paix avec les faiblesses et les recherches tâtonnantes de tous nos compagnons de route. Nous souffrons avec eux des tragiques carences de paix.
Nous nous sentons pressés d'y remédier plus résolument encore, pour l'honneur de Dieu et pour l'honneur de l'homme.
Nous ne prétendons pas trouver dans la lecture de l'Evangile des formules toutes faites pour réaliser aujourd'hui tel ou tel progrès dans la paix.
Mais nous trouvons, presque à chaque page de l'Evangile et de l'histoire de l'Eglise, un esprit, celui de l'amour fraternel, qui éduque puissamment à la paix. Nous trouvons, dans les dons de l'Esprit Saint et dans les sacrements, une force alimentée à la source divine.
Nous trouvons, dans le Christ, une espérance. Les échecs ne sauraient rendre vaine l'oeuvre de la paix, même si les résultats immédiats s'avèrent fragiles, même si nous sommes persécutés pour notre témoignage en faveur de la paix.
Le Christ Sauveur associe à son destin tous ceux qui travaillent avec amour pour la paix.
La prière pour la paix
La paix est notre oeuvre: elle demande notre action courageuse et solidaire.
Mais elle est inséparablement et d'abord un don de Dieu: elle requiert notre prière.
Les chrétiens doivent être au premier rang de ceux qui prient chaque jour pour la paix; ils doivent aussi éduquer à prier pour la paix. Ils aimeront prier avec Marie, Reine de la paix.
A tous, chrétiens, croyants et hommes de bonne volonté, je dis: n'ayez pas peur de miser sur la paix, d'éduquer à la paix. L'aspiration à la paix ne sera pas à jamais déçue. Le travail pour la paix, inspiré par la charité qui ne passe pas, produira ses fruits. La paix sera le dernier mot de l'Histoire.
Du Vatican, le 8 décembre 1978.
MESSAGE DU PAPE JEAN PAUL II
POUR LA CÉLÉBRATION
DE LA XIIème JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX
POUR PARVENIR À LA PAIX, ÉDUQUER À LA PAIX
1er janvier 1979
A vous tous qui désirez la paix!
La grande cause de la paix entre les peuples a besoin de toutes les énergies de paix présentes au cœur de l'homme. C'est à les libérer et à les cultiver - à les éduquer - que mon prédécesseur Paul VI a voulu, peu avant sa mort, que soit consacrée la Journée mondiale 1979:
" POUR PARVENIR À LA PAIX, ÉDUQUER À LA PAIX "
Tout au long de son pontificat, Paul VI a marché avec vous sur les chemins difficiles de la paix. Il partageait vos angoisses quand elle était menacée. Il souffrait avec ceux que submergeaient les malheurs de la guerre. Il encourageait tous les efforts pour restaurer la paix. Il entretenait en toutes circonstances l'espérance, avec une indomptable énergie.
Convaincu que la paix est l'oeuvre de tous, il avait lancé en 1967 l'idée d'une Journée Mondiale de la Paix, en souhaitant que vous vous en empariez comme d'une initiative qui vous serait propre. Chaque année, depuis lors, son Message offrait aux responsables des nations et des organisations internationales l'occasion de renouveler et d'exprimer publiquement ce qui légitime leur autorité: faire progresser et cohabiter dans la paix des hommes libres, justes et fraternels. Les communautés les plus diverses se rencontraient pour fêter le bien inestimable de la paix et pour affirmer leur volonté de la défendre et de la servir.
Je recueille des mains de mon vénéré prédécesseur le bâton de pèlerin de la paix. Je suis sur la route, à vos côtés, avec l'Evangile de la paix. " Bienheureux les artisans de paix ". Je vous invite à célébrer au début de l'année 1979 la Journée Mondiale en la plaçant, selon les ultimes désirs de Paul VI, sous le signe de l'éducation à la paix.
La Paix s'apprend :
Jeunes ! soyez des bâtisseurs de paix !
Resistez aux facilités qui endorment dans la médiocrités!
Suivez les voies de la gratuité, de la joie de vivre et du partage!
Pour vaincre ce sentiment spontané d'impuissance, la tâche et le bienfait premier d'une éducation digne de ce nom est de porter le regard au-delà des tristes évidences immédiates, ou plutôt, d'apprendre à reconnaître, au coeur même des déferlements de la violence qui tue, le cheminement discret de la paix qui jamais ne renonce, qui inlassablement guérit les blessures, qui maintient et fait progresser la vie. La marche vers la paix apparaîtra dès lors possible et désirable, forte et déjà victorieuse.
Apprenons d'abord à relire l'histoire des peuples et de l'humanité selon des schémas plus vrais que ceux de l'enchaînement des guerres et des révolutions.
Assurément le bruit des batailles domine l'histoire. Mais ce sont les répits de la violence qui ont permis de réaliser ces oeuvres culturelles durables dont s'honore l'humanité.
Bien plus, si l'on a pu trouver, dans les guerres et les révolutions elles-mêmes, des facteurs de vie et de progrès, ceux-ci venaient d'aspirations d'un autre ordre que la violence: des aspirations de nature spirituelle, telles que la volonté de voir reconnue une dignité commune à toute l'humanité, de sauver l'âme et la liberté d'un peuple.
Là où de telles aspirations étaient présentes, elles opéraient comme un régulateur au sein même des conflits, elles empêchaient des cassures irrémédiables, elles maintenaient une espérance, elles préparaient une chance nouvelle pour la paix.
Là où elles faisaient défaut ou s'altéraient dans l'exaltation de la violence, elles laissaient le champ à la logique de la destruction qui a conduit à des régressions économiques et culturelles durables et à la mort de civilisations entières. Responsables des peuples, sachez vous éduquer vous-mêmes à l'amour de la paix, en discernant et en faisant ressortir dans les grandes pages de l'histoire nationale l'exemple de vos prédécesseurs dont la gloire a été de faire germer des fruits de paix. " Bienheureux les artisans de paix... ".
Aujourd'hui vous contribuerez à l'éducation de la paix en donnant le plus de relief possible aux grandes tâches pacifiques qui s'imposent à la famille humaine.
Dans vos efforts pour parvenir à une gestion raisonnable et solidaire de l'environnement et du patrimoine communs de l'humanité, à l'éradication de la misère qui écrase des millions d'hommes, à l'affermissement d'institutions susceptibles d'exprimer et de faire grandir l'unité de la famille humaine au niveau régional et mondial, les hommes découvriront l'appel fascinant de la paix qui est réconciliation entre eux et réconciliation avec leur univers naturel.
En encourageant contre toutes les démagogies ambiantes la recherche de modes de vie plus simples, moins livrés aux poussées tyranniques des instincts de possession, de consommation, de domination, plus accueillants aux rythmes profonds de la créativité personnelle et de l'amitié, vous ouvrirez pour vous-mêmes et pour tous un espace immense aux possibilités insoupçonnées de la paix.
Autant est inhibant pour l'individu le sentiment que les efforts modestes en faveur de la paix, dans la zone restreinte des responsabilités de chacun, sont rendus vains par les grands débats politiques mondiaux prisonniers d'une logique de simples rapports de forces et de course aux armements, autant est libérateur le spectacle d'instances internationales convaincues des possibilités de la paix et attachées passionnément à construire la paix.
L'éducation à la paix peut alors bénéficier aussi d'un intérêt renouvelé pour les exemples quotidiens des simples artisans de paix à tous les niveaux: ces individus et ces foyers qui, par la maîtrise de leurs passions, par l'acceptation et le respect mutuels, conquièrent leur propre paix intérieure et la rayonnent; ces peuples, souvent pauvres et éprouvés, dont la sagesse millénaire s'est forgée autour du bien suprême de la paix, qui ont su résister souvent aux séductions trompeuses de progrès rapides acquis par la violence, convaincus que de tels gains porteraient les germes empoisonnés de nouveaux conflits.
Oui, sans ignorer le drame des violences, remplissons nos regards et ceux des jeunes générations de ces visions de paix: elles exerceront une attraction décisive.
Surtout, elles libéreront l'aspiration à la paix qui est constitutive de l'homme. Ces énergies neuves feront inventer un nouveau langage de paix et de nouveaux gestes de paix.
Le langage est fait pour exprimer les pensées du coeur et pour unir.
Mais quand il est prisonnier de schémas préfabriqués, il entraîne à son tour le coeur sur ses propres pentes. II faut donc agir sur le Iangage pour agir sur le coeur et déjouer les pièges du langage.
Il est facile de relever à quel point l'ironie acerbe et la dureté dans les jugements, dans la critique des autres et surtout de l'"étranger", la contestation et la revendication systématiques envahissent les relations parlées et étouffent avec la charité sociale la justice elle même.
A force de tout exprimer en termes de rapports de forces, de luttes de groupes et de classes, d'amis et d'ennemis, on crée le terrain propice aux barrières sociales, au mépris, voire à la haine et au terrorisme et à leur apologie sournoise ou ouverte.
D'un coeur acquis à la valeur supérieure de la paix surgissent au contraire le souci d'écouter et de comprendre, le respect de l'autre, la douceur qui est force véritable, la confiance.
Un tel langage met sur la voie de l'objectivité, de la vérité, de la paix.
Grande est sur ce point la tâche éducative des moyens de communication sociale.
Et influente aussi la façon dont on s'exprime dans les échanges et les débats des confrontations politiques, nationales et internationales. Responsables des nations et responsables des organisations internationales, sachez trouver un langage neuf, un langage de paix: il ouvre par lui-même un nouvel espace à la paix.
Ce que libèrent des visions de paix, ce que sert un langage de paix doit s'exprimer dans des gestes de paix.
Faute de quoi les convictions naissantes s'évaporent et le langage de paix devient une rhétorique vite discréditée.
Très nombreux peuvent être les artisans de paix s'ils prennent conscience de leurs possibilités et de leurs responsabilités.
C'est la pratique de la paix qui entraîne à la paix. Elle apprend à ceux qui cherchent le trésor de la paix que le trésor se révèle et s'offre à ceux qui réalisent modestement, au jour le jour, toutes les paix dont ils sont capables.
Parents et éducateurs, aidez les enfants et les jeunes à faire l'expérience de la paix dans les mille actions quotidiennes qui sont à leur portée, en famille, à l'école, dans le jeu, la camaraderie, le travail en équipe, la compétition sportive, les multiples conciliations et réconciliations nécessaires.
L'Année internationale de l'Enfant, que les Nations Unies ont proclamée pour 1979, devrait attirer l'attention de tous sur la contribution originale des enfants eux-mêmes à la paix.
Jeunes, soyez des bâtisseurs de paix. Vous êtes des artisans à part entière de cette grande oeuvre commune.
Résistez aux facilités qui endorment dans la médiocrité triste, et aux violences stériles où veulent vous utiliser parfois des adultes qui ne sont pas en paix avec eux-mêmes. Suivez les voies où vous pousse votre sens de la gratuité, de la joie de vivre, du partage. Vous aimez investir vos énergies neuves - qui échappent aux a priori discriminatoires - dans des rencontres fraternelles par-delà les frontières, dans l'apprentissage des langues étrangères qui facilitent la communication, dans le service désintéressé des pays les plus démunis.
Vous êtes les premières victimes de la guerre qui brise votre élan. Vous êtes la chance de la paix.
Partenaires de la vie professionnelle et sociale, la paix est souvent pour vous laborieuse à réaliser. Il n'y a pas de paix sans justice et sans liberté, sans un engagement courageux pour promouvoir l'une et l'autre.
La force alors exigée doit être patiente sans résignation ni démission, ferme sans provocation, prudente pour préparer activement les progrès souhaitables sans dissiper les énergies en flambées d'indignation violente vite retombées.
Contre les injustices et les oppressions, la paix est amenée à se frayer un chemin dans l'adoption d'une action résolue.
Mais cette action doit déjà porter la marque du but qu'elle vise, à savoir une meilleure acceptation mutuelle des personnes et des groupes.
Elle trouvera une régulation dans la volonté de paix qui vient du plus profond de l'homme, dans les aspirations et la législation des peuples.
C'est cette capacité de paix, cultivée, disciplinée, qui rend lucide pour trouver aux tensions et aux conflits eux-mêmes les répits nécessaires pour développer sa logique féconde et constructive. Ce qui se passe dans la vie sociale interne des pays a une répercussion considérable - pour le meilleur et pour le pire - sur la paix entre les nations.
Mais, il faut y insister à nouveau, ces multiples gestes de paix risquent d'être découragés et en partie annihilés par une politique internationale qui ne trouverait pas, à son niveau, la même dynamique de paix.
Hommes politiques, responsables des peuples et des organisations internationales, je vous exprime mon estime sincère et j'apporte mon entier soutien à vos efforts souvent harassants pour maintenir ou rétablir la paix.
Bien plus, conscient qu'il y va du bonheur et même de la survie de l'humanité, et persuadé de la grave responsabilité qui m'incombe de donner écho à l'appel capital du Christ: "Bienheureux les artisans de paix", j'ose vous encourager à aller plus loin.
Ouvrez de nouvelles portes à la paix.
Faites tout ce qui est en votre pouvoir pour faire prévaloir la voie du dialogue sur celle de la force.
Que cela trouve d'abord une application au plan intérieur: comment des peuples peuvent-ils promouvoir vraiment la paix internationale s'il sont eux-mêmes prisonniers d'idéologies selon lesquelles la justice et la paix ne s'obtiennent qu'en réduisant à l'impuissance ceux qui, déjà d'avance, sont considérés comme indignes d'être des artisans de leur propre sort ou des coopérateurs valables du bien commun?
Dans les pourparlers avec les parties adverses, soyez persuadés que l'honneur et l'efficience ne se mesurent pas au degré d'inflexibilité dans la défense des intérêts, mais à la capacité de respect, de vérité, de bienveillance et de fraternité des partenaires, disons, à leur humanité.
Posez des gestes de paix, même audacieux, qui rompent avec les enchaînements fatals et avec le poids des passions héritées de l'histoire; puis tissez patiemment la trame politique, économique et culturelle de la paix.
Créez - l'heure est propice et le temps presse - des zones toujours plus larges de désarmement.
Ayez le courage de réexaminer en profondeur la troublante question du commerce des armes.
Sachez détecter à temps et régler dans la sérénité les conflits latents avant qu'ils ne réveillent les passions.
Donnez des cadres institutionnels appropriés aux solidarités régionales et mondiales. Renoncez à utiliser, au service des conflits d'intérêts, des valeurs légitimes, voire spirituelles, qui s'y dégradent en les durcissant.
Veillez à ce que la légitime passion communicative des idées s'exerce par la voie de la persuasion et non sous la pression des menaces et des armes.
En posant des gestes résolus de paix, vous libérerez les aspirations vraies des peuples et vous trouverez en elles des alliés puissants pour travailler au développement pacifique de tous. Vous vous éduquerez vousmêmes à la paix, vous éveillerez en vous des convictions fermes et une nouvelle capacité d'initiative au service de la grande cause de la paix.
Jean Paul II le 1 er Janvier 1979
Mais, il faut y insister à nouveau, ces multiples gestes de paix risquent d'être découragés et en partie annihilés par une politique internationale qui ne trouverait pas, à son niveau, la même dynamique de paix.
Hommes politiques, responsables des peuples et des organisations internationales, je vous exprime mon estime sincère et j'apporte mon entier soutien à vos efforts souvent harassants pour maintenir ou rétablir la paix.
Bien plus, conscient qu'il y va du bonheur et même de la survie de l'humanité, et persuadé de la grave responsabilité qui m'incombe de donner écho à l'appel capital du Christ: "Bienheureux les artisans de paix", j'ose vous encourager à aller plus loin.
Ouvrez de nouvelles portes à la paix.
Faites tout ce qui est en votre pouvoir pour faire prévaloir la voie du dialogue sur celle de la force.
Que cela trouve d'abord une application au plan intérieur: comment des peuples peuvent-ils promouvoir vraiment la paix internationale s'il sont eux-mêmes prisonniers d'idéologies selon lesquelles la justice et la paix ne s'obtiennent qu'en réduisant à l'impuissance ceux qui, déjà d'avance, sont considérés comme indignes d'être des artisans de leur propre sort ou des coopérateurs valables du bien commun?
Dans les pourparlers avec les parties adverses, soyez persuadés que l'honneur et l'efficience ne se mesurent pas au degré d'inflexibilité dans la défense des intérêts, mais à la capacité de respect, de vérité, de bienveillance et de fraternité des partenaires, disons, à leur humanité.
Posez des gestes de paix, même audacieux, qui rompent avec les enchaînements fatals et avec le poids des passions héritées de l'histoire; puis tissez patiemment la trame politique, économique et culturelle de la paix.
Créez - l'heure est propice et le temps presse - des zones toujours plus larges de désarmement.
Ayez le courage de réexaminer en profondeur la troublante question du commerce des armes.
Sachez détecter à temps et régler dans la sérénité les conflits latents avant qu'ils ne réveillent les passions.
Donnez des cadres institutionnels appropriés aux solidarités régionales et mondiales. Renoncez à utiliser, au service des conflits d'intérêts, des valeurs légitimes, voire spirituelles, qui s'y dégradent en les durcissant.
Veillez à ce que la légitime passion communicative des idées s'exerce par la voie de la persuasion et non sous la pression des menaces et des armes.
En posant des gestes résolus de paix, vous libérerez les aspirations vraies des peuples et vous trouverez en elles des alliés puissants pour travailler au développement pacifique de tous. Vous vous éduquerez vousmêmes à la paix, vous éveillerez en vous des convictions fermes et une nouvelle capacité d'initiative au service de la grande cause de la paix.
Jean Paul II le 1 er Janvier 1979
Parents, éducateurs et jeunes
Parents et éducateurs, aidez les enfants et les jeunes à faire l'expérience de la paix dans les mille actions quotidiennes qui sont à leur portée, en famille, à l'école, dans le jeu, la camaraderie, le travail en équipe, la compétition sportive, les multiples conciliations et réconciliations nécessaires.
L'Année internationale de l'Enfant, que les Nations Unies ont proclamée pour 1979, devrait attirer l'attention de tous sur la contribution originale des enfants eux-mêmes à la paix.
Jeunes, soyez des bâtisseurs de paix. Vous êtes des artisans à part entière de cette grande oeuvre commune.
Résistez aux facilités qui endorment dans la médiocrité triste, et aux violences stériles où veulent vous utiliser parfois des adultes qui ne sont pas en paix avec eux-mêmes. Suivez les voies où vous pousse votre sens de la gratuité, de la joie de vivre, du partage. Vous aimez investir vos énergies neuves - qui échappent aux a priori discriminatoires - dans des rencontres fraternelles par-delà les frontières, dans l'apprentissage des langues étrangères qui facilitent la communication, dans le service désintéressé des pays les plus démunis.
Vous êtes les premières victimes de la guerre qui brise votre élan. Vous êtes la chance de la paix.
Jean Paul Il , le 1 er janvier 1979
PARLER UN LANGAGE DE PAIX
Le langage est fait pour exprimer les pensées du coeur et pour unir.
Mais quand il est prisonnier de schémas préfabriqués, il entraîne à son tour le coeur sur ses propres pentes. II faut donc agir sur le Iangage pour agir sur le coeur et déjouer les pièges du langage.
Il est facile de relever à quel point l'ironie acerbe et la dureté dans les jugements, dans la critique des autres et surtout de l'"étranger", la contestation et la revendication systématiques envahissent les relations parlées et étouffent avec la charité sociale la justice elle même.
A force de tout exprimer en termes de rapports de forces, de luttes de groupes et de classes, d'amis et d'ennemis, on crée le terrain propice aux barrières sociales, au mépris, voire à la haine et au terrorisme et à leur apologie sournoise ou ouverte.
D'un coeur acquis à la valeur supérieure de la paix surgissent au contraire le souci d'écouter et de comprendre, le respect de l'autre, la douceur qui est force véritable, la confiance.
Un tel langage met sur la voie de l'objectivité, de la vérité, de la paix.
Grande est sur ce point la tâche éducative des moyens de communication sociale.
Et influente aussi la façon dont on s'exprime dans les échanges et les débats des confrontations politiques, nationales et internationales. Responsables des nations et responsables des organisations internationales, sachez trouver un langage neuf, un langage de paix: il ouvre par lui-même un nouvel espace à la paix.
Jean Paul II , le 1 er Janvier 1979
Poser des gestes de Paix
Ce que libèrent des visions de paix, ce que sert un langage de paix doit s'exprimer dans des gestes de paix.
Faute de quoi les convictions naissantes s'évaporent et le langage de paix devient une rhétorique vite discréditée.
Très nombreux peuvent être les artisans de paix s'ils prennent conscience de leurs possibilités et de leurs responsabilités.
C'est la pratique de la paix qui entraîne à la paix. Elle apprend à ceux qui cherchent le trésor de la paix que le trésor se révèle et s'offre à ceux qui réalisent modestement, au jour le jour, toutes les paix dont ils sont capables.
Jean Paul II, le 1er Janvier 1979
REMPLIR NOS REGARDS DE VISIONS DE PAIX
Pour vaincre ce sentiment spontané d'impuissance, la tâche et le bienfait premier d'une éducation digne de ce nom est de porter le regard au-delà des tristes évidences immédiates, ou plutôt, d'apprendre à reconnaître, au coeur même des déferlements de la violence qui tue, le cheminement discret de la paix qui jamais ne renonce, qui inlassablement guérit les blessures, qui maintient et fait progresser la vie. La marche vers la paix apparaîtra dès lors possible et désirable, forte et déjà victorieuse.
Apprenons d'abord à relire l'histoire des peuples et de l'humanité selon des schémas plus vrais que ceux de l'enchaînement des guerres et des révolutions.
Assurément le bruit des batailles domine l'histoire. Mais ce sont les répits de la violence qui ont permis de réaliser ces oeuvres culturelles durables dont s'honore l'humanité.
Bien plus, si l'on a pu trouver, dans les guerres et les révolutions elles-mêmes, des facteurs de vie et de progrès, ceux-ci venaient d'aspirations d'un autre ordre que la violence: des aspirations de nature spirituelle, telles que la volonté de voir reconnue une dignité commune à toute l'humanité, de sauver l'âme et la liberté d'un peuple.
Là où de telles aspirations étaient présentes, elles opéraient comme un régulateur au sein même des conflits, elles empêchaient des cassures irrémédiables, elles maintenaient une espérance, elles préparaient une chance nouvelle pour la paix.
Là où elles faisaient défaut ou s'altéraient dans l'exaltation de la violence, elles laissaient le champ à la logique de la destruction qui a conduit à des régressions économiques et culturelles durables et à la mort de civilisations entières. Responsables des peuples, sachez vous éduquer vous-mêmes à l'amour de la paix, en discernant et en faisant ressortir dans les grandes pages de l'histoire nationale l'exemple de vos prédécesseurs dont la gloire a été de faire germer des fruits de paix. " Bienheureux les artisans de paix... ".
Aujourd'hui vous contribuerez à l'éducation de la paix en donnant le plus de relief possible aux grandes tâches pacifiques qui s'imposent à la famille humaine.
Dans vos efforts pour parvenir à une gestion raisonnable et solidaire de l'environnement et du patrimoine communs de l'humanité, à l'éradication de la misère qui écrase des millions d'hommes, à l'affermissement d'institutions susceptibles d'exprimer et de faire grandir l'unité de la famille humaine au niveau régional et mondial, les hommes découvriront l'appel fascinant de la paix qui est réconciliation entre eux et réconciliation avec leur univers naturel.
En encourageant contre toutes les démagogies ambiantes la recherche de modes de vie plus simples, moins livrés aux poussées tyranniques des instincts de possession, de consommation, de domination, plus accueillants aux rythmes profonds de la créativité personnelle et de l'amitié, vous ouvrirez pour vous-mêmes et pour tous un espace immense aux possibilités insoupçonnées de la paix.
Autant est inhibant pour l'individu le sentiment que les efforts modestes en faveur de la paix, dans la zone restreinte des responsabilités de chacun, sont rendus vains par les grands débats politiques mondiaux prisonniers d'une logique de simples rapports de forces et de course aux armements, autant est libérateur le spectacle d'instances internationales convaincues des possibilités de la paix et attachées passionnément à construire la paix.
L'éducation à la paix peut alors bénéficier aussi d'un intérêt renouvelé pour les exemples quotidiens des simples artisans de paix à tous les niveaux: ces individus et ces foyers qui, par la maîtrise de leurs passions, par l'acceptation et le respect mutuels, conquièrent leur propre paix intérieure et la rayonnent; ces peuples, souvent pauvres et éprouvés, dont la sagesse millénaire s'est forgée autour du bien suprême de la paix, qui ont su résister souvent aux séductions trompeuses de progrès rapides acquis par la violence, convaincus que de tels gains porteraient les germes empoisonnés de nouveaux conflits.
Oui, sans ignorer le drame des violences, remplissons nos regards et ceux des jeunes générations de ces visions de paix: elles exerceront une attraction décisive.
Surtout, elles libéreront l'aspiration à la paix qui est constitutive de l'homme. Ces énergies neuves feront inventer un nouveau langage de paix et de nouveaux gestes de paix.
Jean Paul II le 1er Janvier 1979
Une aspiration incoercible
Parvenir à la paix: c'est le résumé et le couronnement de toutes nos aspirations.
La paix, nous le pressentons, est plénitude et elle est joie. Pour la réaliser entre les pays, on multiplie les tentatives dans les échanges bilatéraux ou multilatéraux, dans les conférences internationales, et certains prennent personnellement de courageuses initiatives pour établir la paix ou écarter la menace d'une nouvelle guerre.
Une confiance ébranlée
Mais en même temps, on observe que les personnes comme les groupes n'en finissent pas de régler leurs conflits secrets ou publics. La paix serait-elle donc un idéal hors de nos prises ? Le spectacle quotidien des guerres, des tensions, des divisions sème le doute et le découragement. Des foyers de discorde et de haine semblent même attisés artificiellement par certains qui n'en font pas les frais.
Et trop souvent les gestes de paix sont dérisoirement impuissants à changer le cours des choses, quand ils ne sont pas emportés et finalement récupérés par la logique dominante de l'exploitation et de la violence.
Ici, la timidité et la difficulté des réformes nécessaires empoisonnent les relations entre les groupes humains pourtant unis par une longue ou exemplaire histoire commune; de nouvelles volontés de puissance inclinent à recourir à la contrainte du nombre ou à la force brutale pour dénouer la situation, sous le regard impuissant, parfois intéressé et complice, d'autres pays, proches ou lointains; les plus forts comme les plus faibles ne font plus confiance aux patientes procédures de la paix.
Ailleurs, la crainte d'une paix mal assurée, des impératifs militaires et politiques, des intérêts économiques et commerciaux entraînent la constitution d'arsenaux ou la vente d'armes d'une capacité effrayante de destruction: la course aux armements prévaut alors sur les grandes tâches pacifiques qui devraient unir les peuples dans une solidarité nouvelle, nourrit des conflits sporadiques mais meurtriers et accumule les menaces les plus graves. C'est vrai: à première vue, la cause de la paix souffre d'un handicap désespérant.
Des paroles de paix ...
Et pourtant, dans presque tous les discours publics, au niveau des nations ou des instances internationales, on a rarement autant parlé de paix, de détente, d'entente, de solutions raisonnables des conflits, conformes à la justice. La paix est devenue le slogan qui rassure ou veut séduire. C'est, en un sens, un fait positif : l'opinion publique des nations ne souffrirait plus que l'on fasse l'apologie de la guerre ni même que l'on prenne le risque d'une guerre offensive.
... aux convictions de paix
Mais pour relever le défi qui s'impose à toute l'humanité, face à la rude tâche de la paix, il faut plus que des paroles, sincères ou démagogiques. Notamment au niveau des hommes politiques, des milieux ou des centres dont dépendent plus ou moins directement, plus ou moins secrètement, les pas décisifs pour la paix ou au contraire le prolongement des guerres ou des situations de violence, il faut que pénètre le véritable esprit de paix.
Il faut, au minimum, que l'on consente à s'appuyer sur quelques principes élémentaires mais fermes, tels que ceux-ci.
Les affaires des hommes doivent être traitées avec humanité, et non par la violence. Les tensions, les contentieux et les conflits doivent être réglés par des négociations raisonnables, et non par la force. Les oppositions idéologiques doivent se confronter dans un climat de dialogue et de libre discussion. Les intérêts légitimes de groupes déterminés doivent aussi tenir compte des intérêts légitimes des autres groupes concernés et des exigences du bien commun supérieur. Le recours aux armes ne saurait être considéré comme l'instrument propre à solutionner les conflits. Les droits humains imprescriptibles doivent être sauvegardés en toute circonstance.
Il n'est pas permis de tuer pour imposer une solution.
Ces principes d'humanité, chaque homme de bonne volonté peut les retrouver dans sa propre conscience. Ils correspondent à la volonté de Dieu sur les hommes. Pour qu'ils deviennent des convictions chez les puissants et chez les faibles, et qu'ils imprègnent toute l'action, il faut leur redonner toute leur force. Il y faut, à tous les niveaux, une patiente et longue éducation.
Jean Pau II , Le 1 er janvier 1979
Tandis que le pape Benoît XV insistait pour que l’on récite le rosaire pour la Paix (5 mai 1917), Notre Dame apparut pour la première fois à Fatima (Portugal), le 13 mai 1917 :
Les enfants s’amusaient à construire un mur, quand tout à coup ils virent un éclair. Pensant qu’un orage se préparait, ils rassemblèrent leur troupeau pour le ramener à la maison. Un second éclair se produisit et, levant les yeux, ils virent, au-dessus d’un chêne vert, une Dame tout habillée de blanc, éblouissante de lumière, plus brillante que le soleil.
La belle Dame leur dit : « Ne vous effrayez pas, je ne vous ferai aucun mal. » Lucie demanda : « D’où venez-vous, et que voulez-vous de nous ? » La Sainte Vierge répondit : « JE VIENS DU CIEL, Je viens vous demander de revenir ici le 13 de chaque mois à la même heure et pendant six mois. Alors, je dirai qui Je suis et ce que je veux. Je reviendrai encore une septième fois. » Alors Lucie demanda : « Est-ce que j’irai aussi au ciel ? »… « Oui »…Et Jacinthe ? « Oui »… Et François ? » … « Lui aussi, mais il devra réciter beaucoup de chapelets ». Alors Lucie demanda si deux filles âgées de 16 et 20 ans, qui étaient décédées il y à peu étaient au ciel. La Sainte Vierge répondit : « La première, oui ; la seconde, non. »
« Voulez-vous, dit la Sainte Vierge, offrir à Dieu vos souffrances en réparation des péchés et pour la conversion des pécheurs ? » Avec grande simplicité, les enfants répondirent : « Nous le voulons. ». Alors, dit la Vierge « vous souffrirez beaucoup, mais la grâce de Dieu sera votre force ! »
Comme Elle disait ces mots, Elle ouvrit les mains. Il en sortit des flots d’une puissante lumière qui pénétra au plus profond l’âme des enfants. La Sainte Vierge permit aux enfantsde se voir en Dieu qui est Toute Lumière.
Poussés par une énorme force intérieure, les enfants tombèrent à genoux en disant : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les précieux Corps, Sang et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférence par lesquels Il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de son Sacré Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous prie pour la conversion des pauvres pécheurs. »
Ensuite Notre Dame dit :
Alors, lentement la Vierge s’éleva dans le ciel et s’éloigna en direction de l’Est.
Voici des extraits des très nombreux appels à la Paix de nos Saints Père : Jean Paul II et Benoit XVI

· " J'en viens maintenant à un point important de ma lettre: au terme de l'Année de la Famille, c'est à votre prière, chers petits amis, que je désire confier les problèmes de votre famille et de toutes celles du monde."
· "Et ce n'est pas tout: j'ai encore d'autres intentions à vous recommander. Le Pape compte beaucoup sur votre prière. Nous devons prier ensemble, prier beaucoup, afin que l'humanité, formée de plusieurs milliards d'êtres humains, devienne toujours davantage la famille de Dieu et puisse vivre dans la paix."
· "C'est pourquoi le Pape est certain que vous ne repousserez pas sa demande, mais que vous vous unirez à sa prière pour la paix dans le monde avec l'enthousiasme que vous mettez à prier pour la paix et pour la concorde dans vos familles."

Charte pour construire la Paix
Charte rédigée par l'Association : "Tous entrepreneurs pour la Paix", Jacques Humeau

APPEL de Jean Paul II le 1 er Janvier 1979:" J'invite aussi les croyants à implorer Dieu inlassablement, pour qu'il accorde le grand don de la paix. En des temps si difficiles, il est vraiment nécessaire que se mobilisent toutes les personnes de bonne volonté"
Dépassement des conflits et désarmementDe nos jours, l'humanité vit malheureusement de grandes divisions et de durs conflits qui jettent de sombres perspectives sur son avenir.
De vastes régions de la planète connaissent des tensions croissantes, et le danger que de plus en plus de pays deviennent détenteurs de l'arme nucléaire suscite de légitimes appréhensions chez toute personne responsable.
On assiste encore aujourd'hui à de nombreuses guerres civiles dans le continent africain, même si l'on y observe, pour un certain nombre de pays, des progrès dans la liberté et dans la démocratie.
Le Moyen-Orient reste le théâtre de conflits et d'attentats qui ont des conséquences sur les nations et les régions limitrophes, risquant de les entraîner dans la spirale de la violence.
D'une manière plus générale, on doit constater avec regret que le nombre des États qui sont pris dans la course aux armements est en augmentation: même des nations en voie de développement consacrent une part importante de leur maigre produit intérieur à l'achat d'armes.
Ce funeste commerce se développe grâce à de multiples responsabilités: il y a les pays du monde industrialisé, qui tirent de gros profits de cette vente d'armes et il y a les oligarchies dominantes en de nombreux pays pauvres, qui veulent renforcer leur position par l'achat d'armes toujours plus sophistiquées.
En des temps si difficiles, il est vraiment nécessaire que se mobilisent toutes les personnes de bonne volonté pour que soient trouvés des accords concrets en vue d'une démilitarisation efficace, surtout en ce qui concerne les armes nucléaires.
Alors que le processus de non-prolifération nucléaire se voit ralenti, je me sens obligé d'exhorter les Autorités à reprendre avec une détermination plus ferme les négociations visant au démantèlement progressif et concerté des armes nucléaires existantes.
En renouvelant cet appel, je sais que je me fais l'écho du vœu que forment tous ceux qui ont à cœur l'avenir de l'humanité.
Il y a pratiquement soixante ans l'Organisation des Nations unies rendait solennellement publique la Déclaration universelle des Droits de l'homme (1948-2008).
Par ce document, la famille humaine a voulu réagir aux horreurs de la Deuxième Guerre mondiale en reconnaissant son unité fondée sur l'égale dignité de tous les hommes et en mettant au centre de la convivialité humaine le respect des droits fondamentaux de tout individu et de tout peuple: ce fut là un pas décisif sur le difficile et exigeant chemin vers la concorde et la paix.
Il est bon aussi de mentionner la célébration du 25e anniversaire de l'adoption par le Saint-Siège de la Charte des droits de la famille (1983-2008), ainsi que le 40e anniversaire de la célébration de la première Journée mondiale de la Paix (1968-2008). Fruit d'une intuition providentielle du Pape Paul VI, poursuivie avec une grande conviction par mon vénéré prédécesseur le Pape Jean-Paul II, la célébration de cette Journée a permis à l'Église, au fil des années, de développer, à travers les Messages publiés à cette occasion, une doctrine lumineuse en faveur de ce bien humain fondamental.
À la lumière de ces célébrations significatives, j'invite tous les hommes et toutes les femmes à prendre une conscience plus claire de leur appartenance commune à l'unique famille humaine et à s'employer pour que la convivialité sur la terre soit toujours davantage le reflet de cette conviction, dont dépend l'instauration d'une paix véritable et durable.
J'invite aussi les croyants à implorer Dieu inlassablement, pour qu'il accorde le grand don de la paix. Quant aux chrétiens, ils savent qu'ils peuvent se confier à l'intercession de Celle qui, étant la Mère du Fils de Dieu qui s'est fait chair pour le salut de l'humanité tout entière, est notre Mère à tous.
À tous, j'offre mes vœux d'heureuse année nouvelle!
MESSAGE DE SA SAINTETÉ
BENOÎT XVI
POUR LA CÉLÉBRATION DE LA
JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX
Faire comme Marie: Il nous faut prier, prier pour la Paix
Prier pour la Paix, c'est prier Dieu que son amour touche le coeur des hommes et que Dieu les empêche de faire des erreurs.
Prier c'est donner prise à l'amour de Dieu et repousser la folie meurtrière de la haine.
Prier d'avance, comme Marie avec son Fils, pour tous ceux qui auront supporté les conséquences de nos folies.
Pardonner: Quelqu'un vous a fait du mal? ? Vous gardez de l'amertume? Pardonnez comme le Christ a pardonné. Et si vous n'y arrivez pas, priez l'Enfant Jésus
Aimer : C'est facile à dire penserez vous, pour ceux qui sont aimés. Mais si personne ne vous aime? Eh bien, nous devons aimer comme Jésus. Comment aime-t-il ? Il nous le dit: "Aimez vos ennemis" C'est trop dur? C'est impossible ? Mais si nous sommes unis au Christ, nous saurons aimer non seulement celui qui nous aime, mais aussi notre ennemi. Car le Christ l'aime autant qu'il nous aime.
Pardonner, aimer son ennemis: c'est faire triompher l'amour.
Donnons: Donner de votre temps, donner votre amour donnez de l'argent, donnez votre vie. Dieu vous aime, il aime aussi vos frères. Pourquoi ne les aimerions nous pas? Donnez donner tout ce que nous avons puisque nous devons tout de Dieu. Et du coup, nous découvrons que Dieu aime ceux qui acceptent de tout donner. Dieu les appelle les "pauvres"; Et Jésus les bénit "Heureux les pauvres de coeur: le royaume des cieux est à eux"
Prier
Pardonner
Aimer, aimer aussi nos ennemis
Donner
Rendre grâce: Rendre grâce à Dieu qui nous aime. Rendre grâce pour la vie qu'il nous donne. Rendre grâce pour l'amour qu'Il éveille dans nos coeurs.
Extrait de "Petites paroles de nuit de Noël" du Cardinal Lustiger
Les responsables religieux ont une responsabilité spécifique.
Les confessions chrétiennes et les grandes religions de l'humanité doivent collaborer entre elles pour éliminer les causes sociales et culturelles du terrorisme, en enseignant la grandeur et la dignité de la personne, et en favorisant une conscience plus grande de l'unité du genre humain.
Il s'agit là d'un domaine précis de dialogue et de collaboration œcuménique et interreligieux, pour que les religions se mettent d'urgence au service de la paix entre les peuples.
Un tel engagement de la part des religions ne peut pas ne pas conduire à la voie du pardon, qui débouche sur la compréhension réciproque, sur le respect et la confiance.
Le service que les religions peuvent rendre à la cause de la paix et contre le terrorisme consiste justement dans la pédagogie du pardon, car l'homme qui pardonne ou demande pardon comprend qu'il y a une Vérité plus grande que lui, et qu'en l'accueillant il peut se dépasser lui même.
Agnés Regnault Feu et Lumière N°204
Etty Hillesum est une jeune juive hollandaise morte dans les chambres à gaz d’Auschwitz, dont des extraits de Une vie bouleversée :
« Notre unique obligation morale, c’est de défricher en nous-mêmes de vastes clairières de paix et de les étendre de proche en proche, jusqu’à ce que cette paix irradie vers les autres.
Et plus il y a de paix vers les êtres, plus il y en aura aussi dans ce monde en ébullition » (cela fut écrit le 29 septembre 1942, en plein camp de concentration de Westerbork…). et de les étendre de proche en proche, jusqu’à ce que cette paix irradie vers les autres.
Et plus il y a de paix vers les êtres, plus il y en aura aussi dans ce monde en ébullition "
"Il n'y a pas de paix sans justice, il n'y a pas de justice sans pardon!
Voilà ce que je veux annoncer dans ce message aux croyants et au non-croyants, aux hommes et aux femmes de bonne volonté, qui ont à coeur le bien de la famille et son avenir.
Il n'y a pas de paix sans justice, il n'y a pas de justice sans pardon!
Voilà ce que je veux rappeler à ceux qui ont entre leurs mains le sort des communautés humaines, afin qu'ils se laissent toujours guider, dans les choix graves et difficiles qu'ils doivent faire, par la lumière du bien véritable de l'homme, dans la perspective du bien commun.
Je ne me lasserai pas de répéter cet avertissement à ceux qui, pour un motif ou un autre, nourrissent en eux la haine, des désirs de vengeance, des instincts destructeurs.
Il n'y a pas de paix sans justice, il n'y a pas de justice sans pardon!
En cette journée de la paix, que s'élève du coeur de tout croyant une prière plus intense pour toutes les victimes du terrorisme, pour leurs familles tragiquement frappées, et pour tous les peuples qui continuent à être meurtris et bouleversés par le terrorisme et la guerre!
Que ne soient pas exclus du rayon de lumière de notre prière ceux là mêmes qui offensent gravement Dieu et l'homme par ces actes impitoyables : qu'il leur soit accordé de rentrer en eux mêmes et de se rendre compte du mal qu'ils accomplissent; qu'ils soient ainsi poussés à renoncer à toute volonté de violence et à demander pardon!
En ces temps tumultueux, que la famille humaine puisse trouver la paix véritable et durable, cette paix qui peut naître seulement de la rencontre entre la justice et la miséricorde!"
Le Pardon s'oppose à la rancune et à la vengeance et non à la justice.
La véritable paix est en réalité "Oeuvre de la Justice "(Isaïe 32)
Le concile Vatican II a réaffirmé que "la Paix est le fruit d'un ordre qui a été implanté dans la société humaine par son Divin Fondateur, et qui doit être mené à la réalisation par des hommes aspirant sans cesse à une justice plus parfaite"
La vraie paix est donc le fruit de la justice, vertu morale qui veille sur le plein respect des droits et devoirs et sur la répartition équitable des profits et des charges
Agnés Renault

Dans le Pardon s'instaure la guérison

Parce que la Justice humaine est toujours fragile et imparfaite, elle est exposée aux limites et égoïsmes des personnes, elle doit s'exercer et, être complètée par le pardon qui guérit les blessures et rétablit les rapports humains perturbés.
Le pardon ne s'oppose d'aucune manière à la justice, car il ne consiste pas à surseoir aux exigences légitimes de réparation de l'ordre lésé. Le pardon vise plutôt cette plénitude de justice qui mène à la tranquillité de l'ordre. C'est la guérison en profondeur des blessures qui abîment les esprits
Pour cette guérison, la justice et le pardon sont tous les deux essentiels.
Agnès Renault
Feu et Lumière n° 204
Page en cours ..................Merci
Pour avoir la paix dans le monde, il faut être en paix avec Dieu
La grâce de Dieu permet à celui qui croit en Jésus-Christ d’être considéré par Dieu comme juste, d’être réconcilié avec Lui et ainsi de recevoir la paix du cœur. Libéré de la culpabilité, le croyant fortifie dans les épreuves sa fidélité et son espérance de la gloire de Dieu. Il garde la paix en toutes circonstances, car le Saint-Esprit l’a rempli de l’amour de Dieu.
La paix de Dieu n’est donc pas celle du monde qui reste précaire et toujours dépendante de l’extérieur. Comme Jésus l’a affirmé (Jn 14.27), elle est d’abord réconciliation avec Dieu, grâce venant de Lui, et elle remplit le cœur d’assurance, de confiance devant Dieu, permettant d’envisager le présent et l’avenir avec calme, sérénité et espérance, puisque plus rien ne sépare l’homme de son Dieu. L’homme peut tirer gloire, joie et bonheur de posséder cette grâce d’être accepté par Dieu, grâce à Jésus-Christ !
« Dans la vie nous avons à chercher la paix : la paix avec Dieu, la paix avec le prochain et la paix avec soi-même. » St Bernard
La paix véritable par sa douceur et le repos de l'esprit sont les conséquences de la paix ; C' est comme un commencement de la douceur et du repos éternels.
La paix, prépare l'éternelle et continuelle habitation de Dieu dans notre âme : Dieu, à cause de sa grande douceur, prend place seulement dans les cœurs tranquilles et il s'y repose.
N'a-t-il pas dit lui-même : « Dans la paix je dormirai et me reposerai » (Ps. 4)« Sa demeure est dans la paix" (Ps. 75).
Et Saint Paul dit : « Ayez la paix, et le Dieu de paix et d'amour sera avec vous » (II Cor., ch. 13).
Nous conserverons la paix véritable si les uns et les autres nous aimons
c'est de garder ses vœux et les commandements de Dieu,
Aussi, ceux qui désirent la paix véritable ne doivent pas prêter attention aux actions ou aux paroles des autres, ni à leurs éloges ou à leurs dénigrements ; mais que toujours ils pensent à ce qui favorise la paix. De cette manière, la vertu de paix demeurera en eux réellement et à jamais.
La Paix s'apprend

Jeunes ! Soyez des bâtisseurs de paix !
Résistez aux facilités qui endorment dans la médiocrités!
Suivez les voies de la gratuité, de la joie de vivre et du partage!
Plus jamais de violence!
Plus jamais la guerre!
Plus jamais le terrorisme!
Au nom de Dieu, que chaque religion apporte sur terre Justice et Paix, Pardon et Vie! Amour ! Jean Paul II
Celui qui tue par des actes terroristes nourrit des sentiments de mépris envers l'humanité, faisant preuve de désespérance face à la vie et à l'avenir: dans cette perspective, tout peut être haï et détruit.
La vérité ne s'impose pas : Le terroriste pense que la vérité à laquelle il croit ou la souffrance endurée sont tellement absolues qu'il lui est légitime de réagir en détruisant même des vies humaines innocentes.
Le terrorisme est parfois engendré par un fondamentalisme fanatique, qui naît de la conviction de pouvoir imposer à tous d'accepter sa propre conception de la vérité.
Au contraire, même à supposer que l'on ait atteint la vérité, et c'est toujours d'une manière limitée et perfectible, on ne peut jamais l'imposer.
Le respect de la conscience d'autrui, dans laquelle se reflète l'image même de Dieu (Gn 1), permet seulement de proposer la vérité aux autres, auxquels appartient ensuite la responsabilité de l'accueillir.
Prétendre imposer à d'autres par la violence ce que l'on considère comme la vérité signifie violer la dignité de l'être humain et , en définitive, outrager Dieu dont il est l'image.
C'est pourquoi le fanatisme fondamentaliste est une attitude radicalement contraire à la foi en Dieu.
A y regarder de près, le terrorisme exploite non seulement l'homme, mais Dieu lui-même, dont il finit par faire une idole qu'il utilise à ses propres fins.
La guerre ne peut pas être religieuse: Aucun responsable religieux ne peut donc user d'indulgence à l'égard du terrorisme et moins encore le préconiser. C'est une profanation de la religion que de se proclamer terroriste au nom de Dieu, d'user de violence sur les hommes au nom de Dieu. La violence terroriste est contaire à la foi en Dieu Créateur de l'homme, en Dieu qui prend soin de l'homme et l'aime.
En particulier, elle est totalement contaire à la foi dans le Christ Seigneur, qui a montré à ses disciples comme prier: "Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient" (Mt 6)
Agnés Renault , Feu et Lumière ,n204
Qu'est ce que la Paix ?
Nous ne vivons pas seul, nous vivons avec une famille, une communauté, un village , dans un pays....
Les personnes qui nous entourent sont tous très différents: Par leur sexe, leur âge, leur physique...toutes les nombreuses différences font qu'il n'est pas toujours facile de vivre ensemble.
On ne se comprend pas toujours, les attitudes des autres nous étonnent....
Tout cela peut conduire à des conflits qui peuvent devenir violent.
Des mots, des bagarres, des paroles blessantes, des moqueries, des insultes, des coups, des mises à l'écart.....
Et pourtant si tout d'un coup, tout le monde serait pareil, penserait pareil, s'habillerait pareil....Quelle tristesse !
Apprendre à vivre ensemble, nous permet de faire un effort vers les autres. De s'écouter, s'intéresser à la pensée des autres.
Apprendre à vivre ensemble, c'est apprendre et vouloir s'intéresser à l'autre.
Apprendre à vivre ensemble, c'est comprendre que nous avons tous une responsabilité et que l'on peut changer ses habitudes vis à vis des autres
Questionnaire pour tous les enfant :
Merci à tous les enfants qui voudrons bien répondre à ses questions soit par écrit, soit par dessins à cette adresse:
avecmarielesenfantsprient@gmail.com
Un grand merci à tous ceux qui voudront bien répondre à une, deux ...toutes....de ces questions et nous les retourner à l'adresse: avecmarielesenfantsprient@gmail.com
Réponse de Moeata :
La Paix peut-être un sentiment, un état, ou bien encore ne pas avoir de guerre, de conflits entre personne, pays, ou bien soi-même.
Oui, lorsque tout va mal, lors de conflits entre parents, époux ou épouses, entre ami(e)s, ou avec moi-même
Un pays en Paix est un pays ou la guerre n'y est pas, les gens ne se tuent pas, que les maisons ne sont pas en ruines, que les familles ne souffrent pas de l'absence d'un être cher lors de fusillades ou autres. Un pays en Paix est un pays ou l'Amour, la fraternité, l'entre-aide, la charité, le pardon, la joie, etc règnent.
Mon pays est un pays en paix, même ci il y a des conflits politique.
Des conflits et des disputes oui entre ami(e)s, membre de la famille, époux et épouses, enfants mais le pardon doit toujours être donné. Quelque fois il est difficile de pardonner, mais si nous mettons notre ego, orgueil, etc de coté la Paix revient.
Oui, lors d'une retraite spirituelle ou le Seigneur est venu mettre sa paix on mon cœur.
Références bibliques sur le pardon
Guérison et pardon intimement liés
Lc 7, 47: " Si je te déclare que tes péchés si nombreux ont été pardonnés, c'est parce qu'elle a montré beaucoup d'amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour. Puis il s'adressa à la femme: " Tes péchés sont pardonnés."
Mt, 9 , 2: " Voici qu'on lui amenait un paralysé étendu sur une civière. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé: "Confiance, mon fils, tes péchés sont pardonnés. "
1 Jn 1, 8 à 9: " Si nous disons: "Nous n'avons pas de péchés", nous nous abusons, la vérité n'est pas en nous. Si nous confessons nos péchés, lui, fidéle et juste, pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout iniquité."
Le Pardon du Père , source du salut et don des sacrements
He 9 , 22 "Lorsque Moïse eut proclamé à tout le peuple chaque commandements conformément à la loi, il prit le sang des veaux et des boucs, puis de l'eau, de la laine écarlate et de l'hysope, et il en aspergea le livre lui même et tout le peuple, en disant : "Ceci est le sang de l'alliance que Dieu a ordonné pour vous"; puis, il aspergea aussi avec le sang la tente et tout les ustensiles du culte, et c'est avec du sang que, d'après la loi, on purifie presque tout, et sans effusion de sang , il n'y a pas de pardon."
Mt: 26 _ 28 : ""Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés."
Mc : 1, 4 : "Jean le Baptiste fut dans le désert, proclamant un baptême de repentir pour la rémission des péchés. "
Jn 20, 21 à 23: "Alors à nouveau, Jésus leur dit: "La Paix soit avec vous. Comme le Père m'a envoyé, à mon tour je vous envoie. " "Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit: "Recevez l'Esprit Saint; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus."
Ac 2, 38: Pierre leur répondit: "Convertissez-vous; que chacun de vous reçoivent le baptême au nom de Jésus-Christ pour le pardon de ses péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit"
Les Fruits du Pardon
Lc 15, 7 : " Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion."
Lc 15, 32 : "Il fallait bien festoyer car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé! "
Méditation sur le Pardon
Christine Ponsard, journaliste à "Famille Chrétienne"
Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés :
Lorsque Dieu nous pardonne, est ce seulement parce que nous pardonnons aux autres?
Heureusement que non !
La miséricorde de Dieu nous précède toujours: nous serions incapables de pardonner à nos frères si Dieu ne nous pardonnait pas le premier.
Mais Dieu ne nous impose pas son pardon: si nous Lui fermons notre coeur, son pardon reste à l'extérieur de nous-mêmes, comme un cadeau inutilisé. Le seul moyen d'ouvrir notre coeur pour accueillir le pardon de Dieu, c'est de pardonner.
Jean Vanier , Méditation sur le pardon
Dans: "La communauté, lieu du pardon et de la fête"
"Une relation entre personnes n'est authentique et stable que quand elle est fondée sur l'acceptation des faiblesses, le pardon et l'espérance d'une croissance."
"Le pardon, c'est d'être toujours ouvert et détendu, compréhensif et patient par rapport à ceux qui vous agressent."
Méditation sur le pardon de Saint Augustin
"Le péché n'est point remis si ce que l'on a pris n'est point remis.
Méditation sur le Pardon du Saint Curé d'Ars
"Ce n'est pas le pécheur qui revient à Dieu ; mais c'est Dieu lui même qui court après le pécheur et le fait revenir à lui."
"Il faut passer plus de temps à demander à Dieu une vraie contrition qu'à scruter sa conscience pour savoir ce qu'il faut dire au prêtre. "
Tim Guénard dans " Plus fort que la haine"
"Je lui ai balancé mon pardon dans la gueule comme un jugement et une condamnation. Le coeur peut donner un pardon que la bouche doit parfois retentir."
" Le pardon n'est pas une baguette magique. Il y a le pardon du vouloir et le pardon du pouvoir: on veut pardonner mais on ne peut pas. Quand on peut, lorsque enfin la tête et le coeur finissent par être d'accord, il reste le souvenir, ces choses douloureuses qui remontent à la surface, qui troublent et raniment la haine. C'est le pardon de la mémoire. Ce n'est pas le plus facile. Il exige beaucoup de temps...
Pardonner ce n'est pas oublier. C'est accepter de vivre en paix avec l'offense.
Pardon et Miséricorde révelent le coeur du Père
Jérémie, 5, 1: "Parcourez les rues de Jérusalem, regardez donc, renseignez-vous, chercher sur ses places si vous découvrez un homme, un qui pratique le droit, qui recherche la vérité : alors je pardonnerai à cette ville, dit Yahvé. "
Gn 18, 26: "Yahvé répondit: "Si je trouve à Sodome cinquante justes dans la ville, je pardonnerai à toute la cité à cause d'eux."
Ex 34, 6-7 : "L e Seigneur, le Seigneur, Dieu miséricordieux et bienveillant, lent à la colère, plein de fidélité et de loyauté, qui reste fidèle à des milliers de générations, qui supporte la faute, la révolte et le péché, mais sans rien laisser passer, qui poursuit la faute des pères chez les fils et ses petits fils à trois et quatre générations."
Ps 25, 11 :"Tous les sentiers de Yahvé sont Amour et Vérité, pour ceux qui garde son alliance et ses préceptes. A cause de ton nom, Yahvé, pardonne mes tords car ils sont grands. "
Isaïe 55, 6-7: " Rechercher le Seigneur puisqu'Il se laisse trouver, appelez-le, puisqu'Il est proche. Que le méchant abandonne son chemin et l'homme malfaisant, ses pensées. Qu'il retourne vers le Seigneur qui lui manifestera sa tendresse, vers notre Dieu qui se surpasse pour pardonner. "
Lc 23, 34 : "Et Jésus disait: " Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu'ils font. "
Mt 12 , 30à 31: " Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi dissipe. Aussi, je vous le dis, tout péché et blasphème sera remis aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera pas remis."
MC 3 , 28 à 29 : "En vérité , je vous le déclare que tout sera pardonné au fils des hommes, les péchés et les blasphèmes aussi nombreux qu'ils en auront proféré. Mais si quelqu'un blasphème contre l'Esprit Saint, il reste sans pardon à jamais: il est coupable de péché pour toujours."
Rm , 5 7à 8 : " Acceptez de mourir pour un homme juste, c'est déjà difficile; peut être donnerait-on sa vie pour un homme de bien. Or la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ est mort pour nous? Alors que nous étions encore pécheurs. "
Réciprocité: Une exigence du pardon
Gn 50, 17 : " Ils mandèrent à Joseph: Ton père a donné cet ordre avant sa mort: vous parlerez ainsi à Joseph: " De grâce, pardonne le forfait et la faute de tes frères. Certes, ils t'ont causé bien du mal mais, de grâce, pardonne maintenant le forfait des serviteurs du Dieu de ton père. " Quand ils lui parlèrent ainsi, Joseph pleura."
Ben Sirac 28, 2: Pardonne à ton prochain le tord qu'il t'a fait; alors, à ta prière, tes péchés seront remis.
Mt, 6 , 14 : En effet si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera à vous aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous pardonnera pas vos fautes."
Mc 11, 25: Et quand vous êtes debout en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, remettez-lui, afin que votre Père qui est aux cieux vous remette vos offenses."
Mt 18, 15: "Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre lui sa faute."
Mt 18, 21: "Pierre demanda à ses Jésus: "Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner? Jusqu'à sept fois?" Jésus lui répondit: " Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois."
Message de Benoit XVI pour la journée mondiale de la paix 2010
1.Au début de cette nouvelle année, je désire adresser mes vœux de paix les plus fervents à toutes les communautés chrétiennes, aux responsables des Nations, aux hommes et aux femmes de bonne volonté du monde entier. J’ai choisi comme thème pour cette XLIIIe Journée mondiale de la paix : Si tu veux construire la paix, protège la création.
Le respect de la création revêt une grande importance, car « la création est le début et le fondement de toutes les œuvres de Dieu » et, aujourd’hui, sa sauvegarde devient essentielle pour la coexistence pacifique de l’humanité.
Si, en effet, à cause de la cruauté de l’homme envers l’homme, nombreuses sont les menaces qui mettent en péril la paix et le développement intégral authentique de l’homme - guerres, conflits internationaux et régionaux, actes terroristes et violations des droits de l’homme - les menaces engendrées par le manque d’attention - voire même par les abus - vis-à-vis de la terre et des biens naturels, qui sont un don de Dieu, ne sont pas moins préoccupantes.
C’est pour cette raison qu’il est indispensable que l’humanité renouvelle et renforce « l’alliance entre l’être humain et l’environnement, qui doit être le miroir de l’amour créateur de Dieu, de qui nous venons et vers qui nous allons ».
2. Dans l’encyclique Caritas in veritate, j’ai souligné que le développement humain intégral est étroitement lié aux devoirs qui découlent du rapport de l’homme avec l’environnement naturel, considéré comme un don de Dieu fait à tous, dont l’exploitation comporte une commune responsabilité à l’égard de l’humanité tout entière, en particulier envers les pauvres et les générations à venir.
J’ai noté, en outre, que lorsque la nature et, en premier lieu, l’être humain sont considérés simplement comme le fruit du hasard ou du déterminisme de l’évolution, la conscience de cette responsabilité risque de s’atténuer dans les esprits.
Au contraire, considérer la création comme un don de Dieu à l’humanité nous aide à comprendre la vocation et la valeur de l’homme.
Avec le psalmiste, pleins d’émerveillement, nous pouvons proclamer en effet : « À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ? » (Ps 8, 4-5). Contempler la beauté de la création nous aide à reconnaître l’amour du Créateur, Amour qui, comme l’écrit Dante Alighieri, « meut le soleil et les autres étoiles ».
Moraliser la conscience écologique
3. Il y a vingt ans, en consacrant le Message de la Journée mondiale de la paix au thème La paix avec Dieu créateur, la paix avec toute la création, le pape Jean-Paul II attirait l’attention sur la relation que nous avons, en tant que créatures de Dieu, avec l’univers qui nous entoure. « À l’heure actuelle, on constate - écrivait-il - une plus vive conscience des menaces qui pèsent sur la paix mondiale [...] à cause des atteintes au respect dû à la nature ». Et il ajoutait que la conscience écologique ne doit pas être freinée, mais plutôt favorisée, « en sorte qu’elle se développe et mûrisse en trouvant dans des programmes et des initiatives concrets l’expression qui convient ».
Auparavant, d’autres parmi mes prédécesseurs avaient déjà fait allusion à la relation existant entre l’homme et l’environnement. Par exemple, en 1971, à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de l’encyclique Rerum Novarum de Léon XIII, Paul VI avait souligné que « par une exploitation inconsidérée de la nature, (l’homme) risque de la détruire et d’être, à son tour, la victime de cette dégradation ».
Et il ajoutait qu’ainsi « non seulement l’environnement matériel devient une menace permanente : pollutions et déchets, nouvelles maladies, pouvoir destructeur absolu, mais c’est le cadre humain que l’homme ne maîtrise plus, créant ainsi pour demain un environnement qui pourra lui être intolérable : problème social d’envergure qui regarde la famille humaine tout entière ».
4. Bien qu’évitant d’entrer dans des solutions techniques spécifiques, l’Église, « experte en humanité », s’empresse de rappeler avec force l’attention sur la relation entre le Créateur, l’être humain et la création.
En 1990, Jean-Paul II parlait de « crise écologique » et, en soulignant que celle-ci avait un caractère principalement éthique, il indiquait « la nécessité morale urgente d’une solidarité nouvelle ».
Cet appel est encore plus pressant aujourd’hui, face aux manifestations croissantes d’une crise qu’il serait irresponsable de ne pas prendre sérieusement en considération.
Comment demeurer indifférents face aux problématiques qui découlent de phénomènes tels que les changements climatiques, la désertification, la dégradation et la perte de productivité de vastes surfaces agricoles, la pollution des fleuves et des nappes phréatiques, l’appauvrissement de la biodiversité, l’augmentation des phénomènes naturels extrêmes, le déboisement des zones équatoriales et tropicales ?
Comment négliger le phénomène grandissant de ce qu’on appelle les « réfugiés de l’environnement » : ces personnes qui, à cause de la dégradation de l’environnement où elles vivent, doivent l’abandonner - souvent en même temps que leurs biens - pour affronter les dangers et les inconnues d’un déplacement forcé ?
Comment ne pas réagir face aux conflits réels et potentiels liés à l’accès aux ressources naturelles ?
Toutes ces questions ont un profond impact sur l’exercice des droits humains, comme par exemple le droit à la vie, à l’alimentation, à la santé, au développement.
5. Toutefois, il faut considérer que la crise écologique ne peut être appréhendée séparément des questions qui s’y rattachent, étant profondément liée au concept même de développement et à la vision de l’homme et de ses relations avec ses semblables et avec la création. I
l est donc sage d’opérer une révision profonde et perspicace du modèle de développement, et de réfléchir également sur le sens de l’économie et de ses objectifs, pour en corriger les dysfonctionnements et les déséquilibres.
L’état de santé écologique de la planète l’exige ; la crise culturelle et morale de l’homme le requiert aussi et plus encore, crise dont les symptômes sont évidents depuis un certain temps partout dans le monde.
L’humanité a besoin d’un profond renouvellement culturel ; elle a besoin de redécouvrir les valeurs qui constituent le fondement solide sur lequel bâtir un avenir meilleur pour tous.
Les situations de crise qu’elle traverse actuellement - de nature économique, alimentaire, environnementale ou sociale - sont, au fond, aussi des crises morales liées les unes aux autres. Elles obligent à repenser le cheminement commun des hommes.
Elles contraignent, en particulier, à adopter une manière de vivre basée sur la sobriété et la solidarité, avec de nouvelles règles et des formes d’engagement s’appuyant avec confiance et avec courage sur les expériences positives faites et rejetant avec décision celles qui sont négatives.
Ainsi seulement, la crise actuelle devient-elle une occasion de discernement et de nouvelle planification.
Le dessein d’amour du Créateur
6. N’est-il pas vrai qu’à l’origine de celle que nous appelons la « nature » dans son sens cosmique, il y a « un dessein d’amour et de vérité » ? Le monde « n’est pas le fruit d’une nécessité quelconque, d’un destin aveugle ou du hasard [...].
"Le monde tire son origine de la libre volonté de Dieu, qui a voulu faire participer les créatures à son être, à sa sagesse et à sa bonté ».
Dans ses premières pages, le Livre de la Genèse nous reconduit au sage projet du cosmos, fruit de la pensée de Dieu, au sommet duquel sont placés l’homme et la femme, créés à l’image et à la ressemblance du Créateur pour « remplir la terre » et pour « la soumettre » comme des « intendants » de Dieu lui-même (cf. Gn 1, 28).
L’harmonie entre le Créateur, l’humanité et la création, que l’Écriture Sainte décrit, a été rompue par le péché d’Adam et d’Ève, de l’homme et de la femme, qui ont désiré prendre la place de Dieu, refusant de se reconnaître comme ses créatures. En conséquence, la tâche de « soumettre » la terre, de la « cultiver et de la garder » a été altérée, et entre eux et le reste de la création est né un conflit (cf. Gn 3, 17-19).
L’être humain s’est laissé dominer par l’égoïsme, en perdant le sens du mandat divin, et dans sa relation avec la création, il s’est comporté comme un exploiteur, voulant exercer sur elle une domination absolue.
Toutefois, la véritable signification du commandement premier de Dieu, bien mis en évidence dans le Livre de la Genèse, ne consistait pas en une simple attribution d’autorité, mais plutôt en un appel à la responsabilité.
Du reste, la sagesse des anciens reconnaissait que la nature est à notre disposition, non pas comme « un tas de choses répandues au hasard », alors que la Révélation biblique nous a fait comprendre que la nature est un don du Créateur, qui en a indiqué les lois intrinsèques, afin que l’homme puisse en tirer les orientations nécessaires pour « la garder et la cultiver » (cf. Gn 2, 15).
Tout ce qui existe appartient à Dieu, qui l’a confié aux hommes, mais non pour qu’ils en disposent arbitrairement.
Quand, au lieu d’accomplir son rôle de collaborateur de Dieu, l’homme se substitue à Lui, il finit par provoquer la rébellion de la nature « plus tyrannisée que gouvernée par lui ».
L’homme a donc le devoir d’exercer un gouvernement responsable de la création, en la protégeant et en la cultivant.
Convertir le modèle de développement
7. Malheureusement, on doit constater qu’une multitude de personnes, dans divers pays et régions de la planète, connaissent des difficultés toujours plus grandes à cause de la négligence ou du refus de beaucoup de veiller de façon responsable sur l’environnement.
Le Concile œcuménique Vatican II a rappelé que « Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples ».
L’héritage de la création appartient donc à l’humanité tout entière.
Par contre, le rythme actuel d’exploitation met sérieusement en danger la disponibilité de certaines ressources naturelles non seulement pour la génération présente, mais surtout pour les générations futures.]
Il n’est pas difficile dès lors de constater que la dégradation de l’environnement est souvent le résultat du manque de projets politiques à long terme ou de la poursuite d’intérêts économiques aveugles, qui se transforment, malheureusement, en une sérieuse menace envers la création.
Pour contrer ce phénomène, en s’appuyant sur le fait que « toute décision économique a une conséquence de caractère moral »,il est aussi nécessaire que l’activité économique respecte davantage l’environnement.
Quand on utilise des ressources naturelles, il faut se préoccuper de leur sauvegarde, en en prévoyant aussi les coûts - en termes environnementaux et sociaux -, qui sont à évaluer comme un aspect essentiel des coûts mêmes de l’activité économique.
Il revient à la communauté internationale et aux gouvernements de chaque pays de donner de justes indications pour s’opposer de manière efficace aux modes d’exploitation de l’environnement qui lui sont nuisibles.
Pour protéger l’environnement, pour sauvegarder les ressources et le climat, il convient, d’une part, d’agir dans le respect de normes bien définies, également du point de vue juridique et économique, et, d’autre part, de tenir compte de la solidarité due à ceux qui habitent les régions plus pauvres de la terre et aux générations futures.
8. La mise en place d’une solidarité intergénérationnelle loyale semble en effet urgente.
Les coûts découlant de l’usage des ressources environnementales communes ne peuvent être à la charge des générations futures : « Héritiers des générations passées et bénéficiaires du travail de nos contemporains, nous avons des obligations envers tous, et nous ne pouvons nous désintéresser de ceux qui viendront agrandir après nous le cercle de la famille humaine.
La solidarité universelle qui est un fait, et un bénéfice pour nous, est aussi un devoir.
Il s’agit d’une responsabilité que les générations présentes ont envers les générations à venir, une responsabilité qui appartient aussi aux Etats individuellement et à la communauté internationale ».
L’usage des ressources naturelles devrait être tel que les avantages immédiats ne comportent pas de conséquences négatives pour les êtres vivants, humains et autres, présents et futurs ; que la sauvegarde de la propriété privée ne fasse pas obstacle à la destination universelle des biens ;que l’intervention de l’homme ne compromette pas la fécondité de la terre, pour le bien d’aujourd’hui et celui de demain.
Au-delà d’une loyale solidarité intergénérationnelle, l’urgente nécessité morale d’une solidarité intra-générationnelle renouvelée doit être réaffirmée, spécialement dans les relations entre les pays en voie de développement et les pays hautement industrialisés : « la communauté internationale a le devoir impératif de trouver les voies institutionnelles pour réglementer l’exploitation des ressources non renouvelables, en accord avec les pays pauvres, afin de planifier ensemble l’avenir ».
La crise écologique montre l’urgence d’une solidarité qui se déploie dans l’espace et le temps.
Il est en effet important de reconnaître, parmi les causes de la crise écologique actuelle, la responsabilité historique des pays industrialisés.
Les pays moins développés, et en particulier les pays émergents, ne sont pas toutefois exonérés de leur propre responsabilité par rapport à la création, parce que tous ont le devoir d’adopter graduellement des mesures et des politiques environnementales efficaces.
Ceci pourrait se réaliser plus facilement s’il y avait des calculs moins intéressés dans l’assistance, dans la transmission des connaissances et l’utilisation de technologies plus respectueuses de l’environnement.
9. Il est hors de doute que l’un des points principaux que la communauté internationale doit affronter, est celui des ressources énergétiques en trouvant des stratégies communes et durables pour satisfaire les besoins en énergie de cette génération et des générations futures.
A cette fin, il est nécessaire que les sociétés technologiquement avancées soient disposées à favoriser des comportements plus sobres, réduisant leurs propres besoins d’énergie et améliorant les conditions de son utilisation.
Simultanément, il convient de promouvoir la recherche et l’application d’énergies dont l’impact environnemental est moindre et la « redistribution planétaire des ressources énergétiques... afin que les pays qui n’en ont pas puissent y accéder ».
La crise écologique offre donc une opportunité historique pour élaborer une réponse collective destinée à convertir le modèle de développement global selon une orientation plus respectueuse de la création et en faveur du développement humain intégral, s’inspirant des valeurs propres de la charité dans la vérité.
Je souhaite donc l’adoption d’un modèle de développement basé sur le caractère central de l’être humain, sur la promotion et le partage du bien commun, sur la responsabilité, sur la conscience d’un changement nécessaire des styles de vie et sur la prudence, vertu qui indique les actes à accomplir aujourd’hui en prévision de ce qui peut arriver demain.
10. Afin de conduire l’humanité vers une gestion d’ensemble plus durable de l’environnement et des ressources de la planète, l’homme est appelé à engager son intelligence dans le domaine de la recherche scientifique et technologique et dans l’application des découvertes qui en découlent.
La « nouvelle solidarité » que Jean-Paul II propose dans le Message pour la Journée mondiale de la paix de 1990,[22] et la « solidarité mondiale » à laquelle j’ai moi-même fait appel dans le Message pour la Journée mondiale de la paix de 2009, sont des attitudes essentielles pour orienter les efforts en vue de la sauvegarde de la création, par un système de gestion des ressources de la terre mieux coordonné au niveau international, surtout au moment où apparaît, de façon toujours plus évidente, la forte relation qui existe entre la lutte contre la dégradation environnementale et la promotion du développement humain intégral. I
l s’agit d’une dynamique incontournable, car « le développement intégral de l’homme ne peut aller sans le développement solidaire de l’humanité ».
Nombreux sont aujourd’hui les possibilités scientifiques et les chemins d’innovation potentiels, grâce auxquels il serait possible de fournir des solutions satisfaisantes et harmonieuses à la relation de l’homme avec l’environnement.
Par exemple, il faut encourager les recherches orientées vers la découverte de procédés plus efficaces pour utiliser les grandes potentialités de l’énergie solaire.
Une attention soutenue doit également être portée au problème désormais planétaire de l’eau et à l’ensemble du système hydrogéologique, dont le cycle revêt une importance primordiale pour la vie sur la terre et dont la stabilité risque d’être fortement menacée par les changements climatiques.
De même, des stratégies ajustées de développement rural, centrées sur les petits cultivateurs et sur leurs familles, doivent être explorées, de même il faut aussi préparer des politiques appropriées pour la gestion des forêts, pour l’élimination des déchets, pour la valorisation des synergies existantes entre l’opposition aux changements climatiques et la lutte contre la pauvreté.
Il faut des politiques nationales ambitieuses, accompagnées par un engagement international qui apportera d’importants avantages surtout à moyen et long terme.
Il est nécessaire, enfin, de sortir de la logique de la seule consommation pour promouvoir des formes de production agricole et industrielle respectueuses de l’ordre de la création et satisfaisantes pour les besoins essentiels de tous.
La question écologique ne doit pas être affrontée seulement en raison des perspectives effrayantes que la dégradation environnementale dessine à l’horizon ; c’est la recherche d’une authentique solidarité à l’échelle mondiale, inspirée par les valeurs de la charité, de la justice et du bien commun, qui doit surtout la motiver.
D’ailleurs, comme j’ai déjà eu l’occasion de le rappeler, « la technique n’est jamais purement technique.
Elle montre l’homme et ses aspirations au développement, elle exprime la tendance de l’esprit humain au dépassement progressif de certains conditionnements matériels.
La technique s’inscrit donc dans la mission de « cultiver et de garder la terre » (cf. Gn 2, 15), que Dieu a confiée à l’homme, et elle doit tendre à renforcer l’alliance entre l’être humain et l’environnement appelé à être le reflet de l’amour créateur de Dieu ».
Changer de vie
11. Il apparaît toujours plus clairement que le thème de la dégradation environnementale met en cause les comportements de chacun de nous, les styles de vie et les modèles de consommation et de production actuellement dominants, souvent indéfendables du point de vue social, environnemental et même économique.
Un changement effectif de mentalité qui pousse chacun à adopter de nouveaux styles de vie, selon lesquels « les éléments qui déterminent les choix de consommation, d’épargne et d’investissement soient la recherche du vrai, du beau et du bon, ainsi que la communion avec les autres hommes pour une croissance commune », devient désormais indispensable.
On doit toujours plus éduquer à construire la paix à partir de choix de grande envergure au niveau personnel, familial, communautaire et politique.
Nous sommes tous responsables de la protection et du soin de la création.
Cette responsabilité ne connaît pas de frontières. Selon le principe de subsidiarité, il est important que chacun s’engage à son propre niveau, travaillant afin que soit dépassée la suprématie des intérêts particuliers.
Un rôle de sensibilisation et de formation incombe en particulier aux divers sujets de la société civile et aux organisations non-gouvernementales, qui se dépensent avec détermination et générosité à l’expansion d’une responsabilité écologique, qui devrait être toujours plus attachée au respect de « l’écologie humaine ».
Il faut, en outre, rappeler la responsabilité des médias dans ce domaine en proposant des modèles positifs dont on puisse s’inspirer.
S’occuper de l’environnement demande donc une vision large et globale du monde ; un effort commun et responsable pour passer d’une logique centrée sur l’intérêt nationaliste égoïste à une vision qui embrasse toujours les besoins de tous les peuples.
On ne peut rester indifférents à ce qui arrive autour de nous, parce que la détérioration de n’importe quelle partie de la planète retomberait sur tous.
Les relations entre les personnes, les groupes sociaux et les États, comme entre l’homme et l’environnement, sont appelées à prendre le style du respect et de la « charité dans la vérité ».
Dans ce vaste contexte, il est plus que jamais souhaitable que les efforts de la communauté internationale visant à obtenir un désarmement progressif et un monde privé d’armes nucléaires - dont la seule présence menace la vie de la planète et le processus de développement intégral de l’humanité actuelle et future - se concrétisent et trouvent un consensus.
Attention au nouveau panthéisme
12. L’Église a une responsabilité vis-à-vis de la création et elle pense qu’elle doit l’exercer également dans le domaine public, pour défendre la terre, l’eau et l’air, dons du Dieu Créateur à tous, et, avant tout, pour protéger l’homme du danger de sa propre destruction.
La dégradation de la nature est, en effet, étroitement liée à la culture qui façonne la communauté humaine, c’est pourquoi « quand l’"écologie humaine" est respectée dans la société, l’écologie proprement dite en tire aussi avantage ».
On ne peut exiger des jeunes qu’ils respectent l’environnement, si on ne les aide pas, en famille et dans la société, à se respecter eux-mêmes : le livre de la nature est unique, aussi bien à propos de l’environnement que de l’éthique personnelle, familiale et sociale.
Les devoirs vis-à-vis de l’environnement découlent des devoirs vis-à-vis de la personne considérée en elle-même, et en relation avec les autres.
J’encourage donc volontiers l’éducation à une responsabilité écologique, qui, comme je l’ai indiqué dans l’encyclique Caritas in veritate, préserve une authentique « écologie humaine », et affirme ensuite avec une conviction renouvelée l’inviolabilité de la vie humaine à toutes ses étapes et quelle que soit sa condition, la dignité de la personne et la mission irremplaçable de la famille, au sein de laquelle on est éduqué à l’amour envers le prochain et au respect de la nature. Il faut sauvegarder le patrimoine humain de la société.
Ce patrimoine de valeurs a son origine et est inscrit dans la loi morale naturelle, qui est à la base du respect de la personne humaine et de la création.
13. Enfin, un fait hautement significatif à ne pas oublier est que beaucoup trouvent la tranquillité et la paix, se sentent renouvelés et fortifiés, lorsqu’ils sont en contact étroit avec la beauté et l’harmonie de la nature. Il existe donc une sorte de réciprocité : si nous prenons soin de la création, nous constatons que Dieu, par l’intermédiaire de la création, prend soin de nous.
Par ailleurs, une conception correcte de la relation de l’homme avec l’environnement ne conduit pas à absolutiser la nature ni à la considérer comme plus importante que la personne elle-même.
Si le Magistère de l’Église exprime sa perplexité face à une conception de l’environnement qui s’inspire de l’éco-centrisme et du bio-centrisme, il le fait parce que cette conception élimine la différence ontologique et axiologique qui existe entre la personne humaine et les autres êtres vivants.
De cette manière, on en arrive à éliminer l’identité et la vocation supérieure de l’homme, en favorisant une vision égalitariste de la « dignité » de tous les êtres vivants.
On se prête ainsi à un nouveau panthéisme aux accents néo-païens qui font découler le salut de l’homme de la seule nature, en son sens purement naturaliste.
L’Église invite au contraire à aborder la question de façon équilibrée, dans le respect de la « grammaire » que le Créateur a inscrite dans son œuvre, en confiant à l’homme le rôle de gardien et d’administrateur responsable de la création, rôle dont il ne doit certes pas abuser, mais auquel il ne peut se dérober.
En effet, la position contraire qui absolutise la technique et le pouvoir humain, finit par être aussi une grave atteinte non seulement à la nature, mais encore à la dignité humaine elle-même.
14. Si tu veux construire la paix, protège la création.
La recherche de la paix de la part de tous les hommes de bonne volonté sera sans nul doute facilitée par la reconnaissance commune du rapport indissoluble qui existe entre Dieu, les êtres humains et la création tout entière. Les chrétiens, illuminés par la Révélation divine et suivant la Tradition de l’Église, offrent leur contribution propre. Ils considèrent le cosmos et ses merveilles à la lumière de l’œuvre créatrice du Père et rédemptrice du Christ qui, par sa mort et sa résurrection, a « tout réconcilié [...] sur la terre et dans les cieux » (Col 1, 20) avec Dieu.
Le Christ, crucifié et ressuscité, a fait don à l’humanité de son Esprit sanctificateur, qui conduit le cours de l’histoire, dans l’attente du jour où le retour glorieux du Seigneur inaugurera « un ciel nouveau et une terre nouvelle » (2 P 3, 13) où résideront pour toujours la justice et la paix.
Toute personne a donc le devoir de protéger l’environnement naturel pour construire un monde pacifique. C’est là un défi urgent à relever par un engagement commun renouvelé.
C’est aussi une opportunité providentielle pour offrir aux nouvelles générations la perspective d’un avenir meilleur pour tous. Que les responsables des nations et tous ceux qui, à tous les niveaux, prennent à cœur les destinées de l’humanité en soient conscients : la sauvegarde de la création et la réalisation de la paix sont des réalités étroitement liées entre elles !
C’est pourquoi, j’invite tous les croyants à élever leur fervente prière vers Dieu, Créateur tout-puissant et Père miséricordieux, afin qu’au cœur de tout homme et de toute femme résonne, soit accueilli et vécu cet appel pressant : Si tu veux construire la paix, protège la création.
Du Vatican, le 8 décembre 2009.
12. L’Église a une responsabilité vis-à-vis de la création et elle pense qu’elle doit l’exercer également dans le domaine public, pour défendre la terre, l’eau et l’air, dons du Dieu Créateur à tous, et, avant tout, pour protéger l’homme du danger de sa propre destruction.
La dégradation de la nature est, en effet, étroitement liée à la culture qui façonne la communauté humaine, c’est pourquoi « quand l’"écologie humaine" est respectée dans la société, l’écologie proprement dite en tire aussi avantage ».
On ne peut exiger des jeunes qu’ils respectent l’environnement, si on ne les aide pas, en famille et dans la société, à se respecter eux-mêmes : le livre de la nature est unique, aussi bien à propos de l’environnement que de l’éthique personnelle, familiale et sociale.
Les devoirs vis-à-vis de l’environnement découlent des devoirs vis-à-vis de la personne considérée en elle-même, et en relation avec les autres.
J’encourage donc volontiers l’éducation à une responsabilité écologique, qui, comme je l’ai indiqué dans l’encyclique Caritas in veritate, préserve une authentique « écologie humaine », et affirme ensuite avec une conviction renouvelée l’inviolabilité de la vie humaine à toutes ses étapes et quelle que soit sa condition, la dignité de la personne et la mission irremplaçable de la famille, au sein de laquelle on est éduqué à l’amour envers le prochain et au respect de la nature. Il faut sauvegarder le patrimoine humain de la société.
Ce patrimoine de valeurs a son origine et est inscrit dans la loi morale naturelle, qui est à la base du respect de la personne humaine et de la création.
13. Enfin, un fait hautement significatif à ne pas oublier est que beaucoup trouvent la tranquillité et la paix, se sentent renouvelés et fortifiés, lorsqu’ils sont en contact étroit avec la beauté et l’harmonie de la nature. Il existe donc une sorte de réciprocité : si nous prenons soin de la création, nous constatons que Dieu, par l’intermédiaire de la création, prend soin de nous.
Par ailleurs, une conception correcte de la relation de l’homme avec l’environnement ne conduit pas à absolutiser la nature ni à la considérer comme plus importante que la personne elle-même.
Si le Magistère de l’Église exprime sa perplexité face à une conception de l’environnement qui s’inspire de l’éco-centrisme et du bio-centrisme, il le fait parce que cette conception élimine la différence ontologique et axiologique qui existe entre la personne humaine et les autres êtres vivants.
De cette manière, on en arrive à éliminer l’identité et la vocation supérieure de l’homme, en favorisant une vision égalitariste de la « dignité » de tous les êtres vivants.
On se prête ainsi à un nouveau panthéisme aux accents néo-païens qui font découler le salut de l’homme de la seule nature, en son sens purement naturaliste.
L’Église invite au contraire à aborder la question de façon équilibrée, dans le respect de la « grammaire » que le Créateur a inscrite dans son œuvre, en confiant à l’homme le rôle de gardien et d’administrateur responsable de la création, rôle dont il ne doit certes pas abuser, mais auquel il ne peut se dérober.
En effet, la position contraire qui absolutise la technique et le pouvoir humain, finit par être aussi une grave atteinte non seulement à la nature, mais encore à la dignité humaine elle-même.
14. Si tu veux construire la paix, protège la création. La recherche de la paix de la part de tous les hommes de bonne volonté sera sans nul doute facilitée par la reconnaissance commune du rapport indissoluble qui existe entre Dieu, les êtres humains et la création tout entière. Les chrétiens, illuminés par la Révélation divine et suivant la Tradition de l’Église, offrent leur contribution propre.
Ils considèrent le cosmos et ses merveilles à la lumière de l’œuvre créatrice du Père et rédemptrice du Christ qui, par sa mort et sa résurrection, a « tout réconcilié [...] sur la terre et dans les cieux » (Col 1, 20) avec Dieu.
Le Christ, crucifié et ressuscité, a fait don à l’humanité de son Esprit sanctificateur, qui conduit le cours de l’histoire, dans l’attente du jour où le retour glorieux du Seigneur inaugurera « un ciel nouveau et une terre nouvelle » (2 P 3, 13) où résideront pour toujours la justice et la paix.
Toute personne a donc le devoir de protéger l’environnement naturel pour construire un monde pacifique. C’est là un défi urgent à relever par un engagement commun renouvelé.
C’est aussi une opportunité providentielle pour offrir aux nouvelles générations la perspective d’un avenir meilleur pour tous. Que les responsables des nations et tous ceux qui, à tous les niveaux, prennent à cœur les destinées de l’humanité en soient conscients : la sauvegarde de la création et la réalisation de la paix sont des réalités étroitement liées entre elles !
C’est pourquoi, j’invite tous les croyants à élever leur fervente prière vers Dieu, Créateur tout-puissant et Père miséricordieux, afin qu’au cœur de tout homme et de toute femme résonne, soit accueilli et vécu cet appel pressant : Si tu veux construire la paix, protège la création.
Du Vatican, le 8 décembre 2009.
Benoit XVI
11. Il apparaît toujours plus clairement que le thème de la dégradation environnementale met en cause les comportements de chacun de nous, les styles de vie et les modèles de consommation et de production actuellement dominants, souvent indéfendables du point de vue social, environnemental et même économique.
Un changement effectif de mentalité qui pousse chacun à adopter de nouveaux styles de vie, selon lesquels « les éléments qui déterminent les choix de consommation, d’épargne et d’investissement soient la recherche du vrai, du beau et du bon, ainsi que la communion avec les autres hommes pour une croissance commune »,devient désormais indispensable.
On doit toujours plus éduquer à construire la paix à partir de choix de grande envergure au niveau personnel, familial, communautaire et politique. Nous sommes tous responsables de la protection et du soin de la création.
Cette responsabilité ne connaît pas de frontières. Selon le principe de subsidiarité, il est important que chacun s’engage à son propre niveau, travaillant afin que soit dépassée la suprématie des intérêts particuliers.
Un rôle de sensibilisation et de formation incombe en particulier aux divers sujets de la société civile et aux organisations non-gouvernementales, qui se dépensent avec détermination et générosité à l’expansion d’une responsabilité écologique, qui devrait être toujours plus attachée au respect de « l’écologie humaine ». I
l faut, en outre, rappeler la responsabilité des médias dans ce domaine en proposant des modèles positifs dont on puisse s’inspirer.
S’occuper de l’environnement demande donc une vision large et globale du monde ; un effort commun et responsable pour passer d’une logique centrée sur l’intérêt nationaliste égoïste à une vision qui embrasse toujours les besoins de tous les peuples.
On ne peut rester indifférents à ce qui arrive autour de nous, parce que la détérioration de n’importe quelle partie de la planète retomberait sur tous.
Les relations entre les personnes, les groupes sociaux et les États, comme entre l’homme et l’environnement, sont appelées à prendre le style du respect et de la « charité dans la vérité ».
Dans ce vaste contexte, il est plus que jamais souhaitable que les efforts de la communauté internationale visant à obtenir un désarmement progressif et un monde privé d’armes nucléaires - dont la seule présence menace la vie de la planète et le processus de développement intégral de l’humanité actuelle et future - se concrétisent et trouvent un consensus.
Benoit XVI , Janvier 2010
7. Malheureusement, on doit constater qu’une multitude de personnes, dans divers pays et régions de la planète, connaissent des difficultés toujours plus grandes à cause de la négligence ou du refus de beaucoup de veiller de façon responsable sur l’environnement.
Le Concile œcuménique Vatican II a rappelé que « Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples ». L’héritage de la création appartient donc à l’humanité tout entière.
Par contre, le rythme actuel d’exploitation met sérieusement en danger la disponibilité de certaines ressources naturelles non seulement pour la génération présente, mais surtout pour les générations futures.
Il n’est pas difficile dès lors de constater que la dégradation de l’environnement est souvent le résultat du manque de projets politiques à long terme ou de la poursuite d’intérêts économiques aveugles, qui se transforment, malheureusement, en une sérieuse menace envers la création.
Pour contrer ce phénomène, en s’appuyant sur le fait que « toute décision économique a une conséquence de caractère moral », il est aussi nécessaire que l’activité économique respecte davantage l’environnement.
Quand on utilise des ressources naturelles, il faut se préoccuper de leur sauvegarde, en en prévoyant aussi les coûts - en termes environnementaux et sociaux -, qui sont à évaluer comme un aspect essentiel des coûts mêmes de l’activité économique. Il revient à la communauté internationale et aux gouvernements de chaque pays de donner de justes indications pour s’opposer de manière efficace aux modes d’exploitation de l’environnement qui lui sont nuisibles.
Pour protéger l’environnement, pour sauvegarder les ressources et le climat, il convient, d’une part, d’agir dans le respect de normes bien définies, également du point de vue juridique et économique, et, d’autre part, de tenir compte de la solidarité due à ceux qui habitent les régions plus pauvres de la terre et aux générations futures.
8. La mise en place d’une solidarité intergénérationnelle loyale semble en effet urgente.
Les coûts découlant de l’usage des ressources environnementales communes ne peuvent être à la charge des générations futures : « Héritiers des générations passées et bénéficiaires du travail de nos contemporains, nous avons des obligations envers tous, et nous ne pouvons nous désintéresser de ceux qui viendront agrandir après nous le cercle de la famille humaine.
La solidarité universelle qui est un fait, et un bénéfice pour nous, est aussi un devoir.
Il s’agit d’une responsabilité que les générations présentes ont envers les générations à venir, une responsabilité qui appartient aussi aux Etats individuellement et à la communauté internationale ».
L’usage des ressources naturelles devrait être tel que les avantages immédiats ne comportent pas de conséquences négatives pour les êtres vivants, humains et autres, présents et futurs ; que la sauvegarde de la propriété privée ne fasse pas obstacle à la destination universelle des biens ;que l’intervention de l’homme ne compromette pas la fécondité de la terre, pour le bien d’aujourd’hui et celui de demain.
Au-delà d’une loyale solidarité intergénérationnelle, l’urgente nécessité morale d’une solidarité intra-générationnelle renouvelée doit être réaffirmée, spécialement dans les relations entre les pays en voie de développement et les pays hautement industrialisés : « la communauté internationale a le devoir impératif de trouver les voies institutionnelles pour réglementer l’exploitation des ressources non renouvelables, en accord avec les pays pauvres, afin de planifier ensemble l’avenir ».
La crise écologique montre l’urgence d’une solidarité qui se déploie dans l’espace et le temps. Il est en effet important de reconnaître, parmi les causes de la crise écologique actuelle, la responsabilité historique des pays industrialisés.
Les pays moins développés, et en particulier les pays émergents, ne sont pas toutefois exonérés de leur propre responsabilité par rapport à la création, parce que tous ont le devoir d’adopter graduellement des mesures et des politiques environnementales efficaces.
Ceci pourrait se réaliser plus facilement s’il y avait des calculs moins intéressés dans l’assistance, dans la transmission des connaissances et l’utilisation de technologies plus respectueuses de l’environnement.
9. Il est hors de doute que l’un des points principaux que la communauté internationale doit affronter, est celui des ressources énergétiques en trouvant des stratégies communes et durables pour satisfaire les besoins en énergie de cette génération et des générations futures.
A cette fin, il est nécessaire que les sociétés technologiquement avancées soient disposées à favoriser des comportements plus sobres, réduisant leurs propres besoins d’énergie et améliorant les conditions de son utilisation.
Simultanément, il convient de promouvoir la recherche et l’application d’énergies dont l’impact environnemental est moindre et la « redistribution planétaire des ressources énergétiques... afin que les pays qui n’en ont pas puissent y accéder ».
La crise écologique offre donc une opportunité historique pour élaborer une réponse collective destinée à convertir le modèle de développement global selon une orientation plus respectueuse de la création et en faveur du développement humain intégral, s’inspirant des valeurs propres de la charité dans la vérité.
Je souhaite donc l’adoption d’un modèle de développement basé sur le caractère central de l’être humain, sur la promotion et le partage du bien commun, sur la responsabilité, sur la conscience d’un changement nécessaire des styles de vie et sur la prudence, vertu qui indique les actes à accomplir aujourd’hui en prévision de ce qui peut arriver demain.
10. Afin de conduire l’humanité vers une gestion d’ensemble plus durable de l’environnement et des ressources de la planète, l’homme est appelé à engager son intelligence dans le domaine de la recherche scientifique et technologique et dans l’application des découvertes qui en découlent.
La « nouvelle solidarité » que Jean-Paul II propose dans le Message pour la Journée mondiale de la paix de 1990, et la « solidarité mondiale » à laquelle j’ai moi-même fait appel dans le Message pour la Journée mondiale de la paix de 2009, sont des attitudes essentielles pour orienter les efforts en vue de la sauvegarde de la création, par un système de gestion des ressources de la terre mieux coordonné au niveau international, surtout au moment où apparaît, de façon toujours plus évidente, la forte relation qui existe entre la lutte contre la dégradation environnementale et la promotion du développement humain intégral.
Il s’agit d’une dynamique incontournable, car « le développement intégral de l’homme ne peut aller sans le développement solidaire de l’humanité ».
Nombreux sont aujourd’hui les possibilités scientifiques et les chemins d’innovation potentiels, grâce auxquels il serait possible de fournir des solutions satisfaisantes et harmonieuses à la relation de l’homme avec l’environnement. Par exemple, il faut encourager les recherches orientées vers la découverte de procédés plus efficaces pour utiliser les grandes potentialités de l’énergie solaire.
Une attention soutenue doit également être portée au problème désormais planétaire de l’eau et à l’ensemble du système hydrogéologique, dont le cycle revêt une importance primordiale pour la vie sur la terre et dont la stabilité risque d’être fortement menacée par les changements climatiques. De même, des stratégies ajustées de développement rural, centrées sur les petits cultivateurs et sur leurs familles, doivent être explorées, de même il faut aussi préparer des politiques appropriées pour la gestion des forêts, pour l’élimination des déchets, pour la valorisation des synergies existantes entre l’opposition aux changements climatiques et la lutte contre la pauvreté.
Il faut des politiques nationales ambitieuses, accompagnées par un engagement international qui apportera d’importants avantages surtout à moyen et long terme.
Il est nécessaire, enfin, de sortir de la logique de la seule consommation pour promouvoir des formes de production agricole et industrielle respectueuses de l’ordre de la création et satisfaisantes pour les besoins essentiels de tous. La question écologique ne doit pas être affrontée seulement en raison des perspectives effrayantes que la dégradation environnementale dessine à l’horizon ; c’est la recherche d’une authentique solidarité à l’échelle mondiale, inspirée par les valeurs de la charité, de la justice et du bien commun, qui doit surtout la motiver.
D’ailleurs, comme j’ai déjà eu l’occasion de le rappeler, « la technique n’est jamais purement technique. Elle montre l’homme et ses aspirations au développement, elle exprime la tendance de l’esprit humain au dépassement progressif de certains conditionnements matériels.
La technique s’inscrit donc dans la mission de « cultiver et de garder la terre » (cf. Gn 2, 15), que Dieu a confiée à l’homme, et elle doit tendre à renforcer l’alliance entre l’être humain et l’environnement appelé à être le reflet de l’amour créateur de Dieu ».
Benoit XVI , JANVIER 2010
6. N’est-il pas vrai qu’à l’origine de celle que nous appelons la « nature » dans son sens cosmique, il y a « un dessein d’amour et de vérité » ? Le monde « n’est pas le fruit d’une nécessité quelconque, d’un destin aveugle ou du hasard [...].
Le monde tire son origine de la libre volonté de Dieu, qui a voulu faire participer les créatures à son être, à sa sagesse et à sa bonté ».
Dans ses premières pages, le Livre de la Genèse nous reconduit au sage projet du cosmos, fruit de la pensée de Dieu, au sommet duquel sont placés l’homme et la femme, créés à l’image et à la ressemblance du Créateur pour « remplir la terre » et pour « la soumettre » comme des « intendants » de Dieu lui-même (cf. Gn 1, 28).
L’harmonie entre le Créateur, l’humanité et la création, que l’Écriture Sainte décrit, a été rompue par le péché d’Adam et d’Ève, de l’homme et de la femme, qui ont désiré prendre la place de Dieu, refusant de se reconnaître comme ses créatures.
En conséquence, la tâche de « soumettre » la terre, de la « cultiver et de la garder » a été altérée, et entre eux et le reste de la création est né un conflit (cf. Gn 3, 17-19).
L’être humain s’est laissé dominer par l’égoïsme, en perdant le sens du mandat divin, et dans sa relation avec la création, il s’est comporté comme un exploiteur, voulant exercer sur elle une domination absolue. Toutefois, la véritable signification du commandement premier de Dieu, bien mis en évidence dans le Livre de la Genèse, ne consistait pas en une simple attribution d’autorité, mais plutôt en un appel à la responsabilité.
Du reste, la sagesse des anciens reconnaissait que la nature est à notre disposition, non pas comme « un tas de choses répandues au hasard »,alors que la Révélation biblique nous a fait comprendre que la nature est un don du Créateur, qui en a indiqué les lois intrinsèques, afin que l’homme puisse en tirer les orientations nécessaires pour « la garder et la cultiver » (cf. Gn 2, 15).Tout ce qui existe appartient à Dieu, qui l’a confié aux hommes, mais non pour qu’ils en disposent arbitrairement. Quand, au lieu d’accomplir son rôle de collaborateur de Dieu, l’homme se substitue à Lui, il finit par provoquer la rébellion de la nature « plus tyrannisée que gouvernée par lui ».L’homme a donc le devoir d’exercer un gouvernement responsable de la création, en la protégeant et en la cultivant.
Benoit XVI Janvier 2010
3. Il y a vingt ans, en consacrant le Message de la Journée mondiale de la paix au thème La paix avec Dieu créateur, la paix avec toute la création, le pape Jean-Paul II attirait l’attention sur la relation que nous avons, en tant que créatures de Dieu, avec l’univers qui nous entoure. « À l’heure actuelle, on constate - écrivait-il - une plus vive conscience des menaces qui pèsent sur la paix mondiale [...] à cause des atteintes au respect dû à la nature ».
Et il ajoutait que la conscience écologique ne doit pas être freinée, mais plutôt favorisée, « en sorte qu’elle se développe et mûrisse en trouvant dans des programmes et des initiatives concrets l’expression qui convient ».[ Auparavant, d’autres parmi mes prédécesseurs avaient déjà fait allusion à la relation existant entre l’homme et l’environnement. Par exemple, en 1971, à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de l’encyclique Rerum Novarum de Léon XIII, Paul VI avait souligné que « par une exploitation inconsidérée de la nature, (l’homme) risque de la détruire et d’être, à son tour, la victime de cette dégradation ».
Et il ajoutait qu’ainsi « non seulement l’environnement matériel devient une menace permanente : pollutions et déchets, nouvelles maladies, pouvoir destructeur absolu, mais c’est le cadre humain que l’homme ne maîtrise plus, créant ainsi pour demain un environnement qui pourra lui être intolérable : problème social d’envergure qui regarde la famille humaine tout entière ».
4. Bien qu’évitant d’entrer dans des solutions techniques spécifiques, l’Église, « experte en humanité », s’empresse de rappeler avec force l’attention sur la relation entre le Créateur, l’être humain et la création. En 1990, Jean-Paul II parlait de « crise écologique » et, en soulignant que celle-ci avait un caractère principalement éthique, il indiquait « la nécessité morale urgente d’une solidarité nouvelle ».Cet appel est encore plus pressant aujourd’hui, face aux manifestations croissantes d’une crise qu’il serait irresponsable de ne pas prendre sérieusement en considération.
Comment demeurer indifférents face aux problématiques qui découlent de phénomènes tels que les changements climatiques, la désertification, la dégradation et la perte de productivité de vastes surfaces agricoles, la pollution des fleuves et des nappes phréatiques, l’appauvrissement de la biodiversité, l’augmentation des phénomènes naturels extrêmes, le déboisement des zones équatoriales et tropicales ?
Comment négliger le phénomène grandissant de ce qu’on appelle les « réfugiés de l’environnement » : ces personnes qui, à cause de la dégradation de l’environnement où elles vivent, doivent l’abandonner - souvent en même temps que leurs biens - pour affronter les dangers et les inconnues d’un déplacement forcé ?
Comment ne pas réagir face aux conflits réels et potentiels liés à l’accès aux ressources naturelles ?
Toutes ces questions ont un profond impact sur l’exercice des droits humains, comme par exemple le droit à la vie, à l’alimentation, à la santé, au développement.
5. Toutefois, il faut considérer que la crise écologique ne peut être appréhendée séparément des questions qui s’y rattachent, étant profondément liée au concept même de développement et à la vision de l’homme et de ses relations avec ses semblables et avec la création.
Il est donc sage d’opérer une révision profonde et perspicace du modèle de développement, et de réfléchir également sur le sens de l’économie et de ses objectifs, pour en corriger les dysfonctionnements et les déséquilibres.
L’état de santé écologique de la planète l’exige ; la crise culturelle et morale de l’homme le requiert aussi et plus encore, crise dont les symptômes sont évidents depuis un certain temps partout dans le monde. L’humanité a besoin d’un profond renouvellement culturel ; elle a besoin de redécouvrir les valeurs qui constituent le fondement solide sur lequel bâtir un avenir meilleur pour tous.
Les situations de crise qu’elle traverse actuellement - de nature économique, alimentaire, environnementale ou sociale - sont, au fond, aussi des crises morales liées les unes aux autres. Elles obligent à repenser le cheminement commun des hommes.
Elles contraignent, en particulier, à adopter une manière de vivre basée sur la sobriété et la solidarité, avec de nouvelles règles et des formes d’engagement s’appuyant avec confiance et avec courage sur les expériences positives faites et rejetant avec décision celles qui sont négatives. Ainsi seulement, la crise actuelle devient-elle une occasion de discernement et de nouvelle planification.
Benoit XVI , Dec 2010